Vue aérienne des salines de Rivière Noire

Le bras de fer continue entre le groupe New Mauritius Hotels Ltd (NMH) et Rezistans ek Alternativ (ReA). Les Salines Beachcomber Resort & Spa, 4-étoiles de 366 clés, qui ouvrira ses portes fin 2020 divise.

Pour cause, une zone marécageuse, soit l’ESA Wetland #76 de Catégorie 1 des Salines de Rivière-Noire, devra être à cet effet sacrifiée. Si, d’un côté, les promoteurs du projet hôtelier affirment que ce man-made wetland sera remplacé par un nouveau grand managed wetland et que le cachet historique (voir page 44) des lieux sera préservé, les activistes de ReA, eux, crient à « l’écocide ! »

Le pot de terre contre le pot de fer. Cela fait plusieurs semaines, voire plusieursmois, que le parti écosocialiste ReA a tiré la sonnette d’alarme sur la construction d’un établissement hôtelier aux Salines de Rivière-Noire. Un projet que le parti estime ne pas être en adéquation avec les principes écologiques du développement durable. Ainsi, au travers des communiqués et des conférences de presse, ReA a tenu à rappeler l’importance des wetlands, autrement dit des zones marécageuses sur lequelles sera construit l’hôtel. « Une zone marécageuse artificielle », se défend pourtant le groupe hôtelier Beachcomber.

Sauf qu’entre promoteurs résolus à faire avancer le projet et activistes déterminés à préserver l’environnement, se retrouvent les habitants de Rivière-Noire. Des habitants coincés entre l’envie de voir développer leur région et celle de la préserver et de la conserver. Une situation qui a fini par déraper. En effet, le dimanche 3 février, alors que devait se tenir un rassemblement aux Salines de Rivière-Noire, organisé par ReA, visant à sensibiliser la population sur l’importance des wetlands et des zones environnementales sensibles, plusieurs membres du parti ont été violemment pris à partie par certains habitants, des « taper » qui auraient été engagés pour faire peur aux activistes et qui « sèment aussi la terreur dans la région », soutient ReA.

Dans une conférence de presse la semaine dernière, les membres du parti écosocialiste n’ont pas mâché leurs mots. Ces derniers réagissaient aux vives altercations entre un groupuscule et quelques activistes du parti. Un incident largement partagé et commenté sur les réseaux sociaux, mais qui pourtant n’a suscité que très peu de réactions auprès des acteurs politiques du pays, déplorent les membres du parti.

En effet, selon le parti, ce type de développement n’est qu’un « énième écocide ». Dans un communiqué émis par le parti il y a quelques semaines, il dénonçait la complicité entre l’Etat et les promoteurs hôteliers et déplorait l’inaptitude des institutions à défendre le patrimoine naturel du pays. « C’est dans ce contexte que le combat pour la protection de l’ESA Wetland #76 des Salines de Rivière-Noire symbolise le combat pour l’ensemble des trésors vivants du pays, car il s’agit d’une ESA Catégorie 1. Cette catégorie de wetlands doit être conservée et proscrite de tout développement, exigence en vigueur dans le district de Rivière-Noire. Si les ESAs de Catégorie 1 sont détruites, il n’est pas difficile d’imaginer le sort que réserve le gouvernement aux ESAs de catégories inférieures. » indique le parti dans le communiqué.