Le déboisement sauvage d'un terrain situé à l'entrée de la gare routière et menant au Centre de recherche de la localité a suscité un vif émoi chez les habitants d'Albion la semaine dernière. Plusieurs membres des forces vives de la région, avec à leur tête Alain Aliphon, membre du Conseil de district de Rivière-Noire, sont montés au créneau pour dénoncer "ce massacre". "Massacre" effectué, selon nos informations, dans le cadre des travaux futurs que compte entamer le propriétaire, un proche du pouvoir, sur ce terrain loué à bail, pour la construction d'un bâtiment industriel.
Si les Bois et Forêts, contactés par Week-End, soutiennent avoir délivré un permis au propriétaire pour l'abattage de ces arbres, les habitants de la localité déplorent qu'aucun panneau indicatif n'ait été placé pour les prévenir. Dénonçant cet état des choses et les zones d'ombres entourant ce projet futur, avec plus d'une quarantaine de filaos abattus, les habitants d'Albion souhaitent que cet endroit soit à tout prix préservé. Ils se disent prêts à tout pour faire en sorte que ce projet n'aboutisse pas, et envisagent ainsi une action légale en vue de stopper le "développement sauvage".
C'est avec horreur que le mercredi 27 février, les habitants d'Albion ont découvert qu'une quarantaine de filaos avaient été sauvagement abattus sur un terrain situé à proximité de la plage publique, à l'entrée de la gare routière, et menant au Centre de recherche de la localité, provoquant de même, la chute d'un réverbère. Heureusement, aucune victime n'est à déplorer. Pour les membres des forces vives, il s'agit d'un "massacre inadmissible", surtout dans un contexte où il est plus que nécessaire de préserver l'environnement. D'autant que sur le même terrain se trouvent d'immenses "pié lafourche", visiblement plus anciens que les filaos, les racines s'étant enchevêtrées dans de vieilles citernes d'eau qui servaient à une époque où les trains circulaient encore à Maurice. Les membres des forces vives se demandent si ces arbres seront également abattus.
Après avoir manifesté leur mécontentement sur les lieux la semaine dernière, les habitants d'Albion disent s'être renseignés sur la situation auprès de celui qui se prétend propriétaire du terrain. Ce dernier, un proche du pouvoir, aurait ainsi clamé être sur "son terrain et pouvoir disposer du droit de couper les arbres" s'il le souhaite. Cette rencontre entre les habitants d'Albion et le propriétaire de ce terrain a par ailleurs été filmée et est visible sur Youtube. Grâce à cette nouvelle ligne de communication établie avec le propriétaire, les membres des Forces vives d'Albion ont appris que ce dernier n'aurait pas encore décidé quel type de projet il compte lancer à cet emplacement. Augmentant par la même les interrogations des habitants de la localité à l'effet que des arbres de plus de 30 ans soient ainsi abattus sans réel but de la part du propriétaire. Des rumeurs disent qu'un bâtiment commercial verra le jour qui abriterait une discothèque. Ce qui accentue les craintes des habitants de la localité, car plusieurs incidents ont déjà été déplorés dans cette région, qui comprend une salle de fêtes.
Au District Council, à ce stade, toutefois, selon Alain Aliphon, il n'existerait toujours aucune demande de permis pour la construction d'un quelconque bâtiment commercial émanant de ce propriétaire sur le site en question. Mais les habitants d'Albion disent ne pas être dupes. "Pourquoi quelqu'un défricherait son terrain s'il n'a pas encore son projet de construction en tête?", demandent-ils.
Contactés par Week-End, les Bois et Forêts laissent, pour leur part, entendre que le propriétaire de ce terrain, loué à bail à des fins industrielles par le ministère des Terres et Logements en 2012, a fait une demande pour pouvoir abattre ces filaos en marge de la construction prochaine de son complexe. Demande qui a été faite début février et qui a été acceptée le 22 février. "Les filaos ne sont pas des plantes endémiques. C'est la raison pour laquelle nous avons accédé à cette demande, comme nous le faisons dans le cadre des demandes pour les hôtels, etc.", explique un cadre des Bois et Forêts. Cette permission est toutefois sujette à des conditions, notamment celle de replanter, sur le même site, le même nombre d'arbres, mais cette fois endémiques.
Pour les habitants d'Albion, "si les autorités ont donné un permis, le mal est déjà fait. Il s'agit d'arbres qui ont été plantés par les scouts, il y a près de 35 ans, dans le cadre d'une initiative pour protéger l'environnement. C'est un désastre qu'on fait à la nature". Alain Aliphon rappelle qu'Albion traverse actuellement "une mauvaise passe", avec en plus le projet de centrale à charbon de CT Power contre lequel les habitants se battent également. "Nous ne laisserons pas notre environnement se dégrader davantage", dit-il. D'où l'intention des habitants d'Albion d'enclencher des actions légales en vue de mettre un terme à l'abattage de ces arbres et au "développement sauvage".
Commentaires
COUMADIRE ALBION PE GOUVERNE PAYS, HI, HI, HI. MONTE LOR FILAO FAIRE LA GREVE, HI, HI, HI
It seems that rhe proprietor has other intentions rather than building an indutrial complex.Something along the ERS theme with small hotel.But who actually signed the go-ahead permit at the Bois et Forêts?Have we got a name? What about the District Council?How useless can it be?