La démocratisation du secteur des assurances à Maurice n’a pas encore eu lieu, soutient Abdel Ruhomutally, directeur général de la GFA Insurance Ltd et vice-président de General Insurers’ Association. Il déplore que la disposition de la loi régissant les assurances concernant le « free choice » ne soit pas mise en oeuvre par les institutions financières, et ce sans que la FSC n’intervienne. Cette situation crée, dit-il, un « unfair playing field » dans le secteur des assurances.
Comment positionnez-vous la GFA dans le secteur des assurances à Maurice ?
Cela dépend du contexte dans lequel on situe la compagnie. En termes de chiffre d’affaires, qui tourne autour de Rs 165 M, nous n’avons pas une grosse part du marché, elle se situe autour de 2,3 %. Cela veut dire que nous avons de grandes perspectives de développement. En termes de véhicules assurés nous assurons plus de 50 000 véhicules sur un parc de quelque 450 000 ce qui représente entre 13 et 14 %. En termes de biens, la GFA, qui est en opération seulement depuis 1997, soit depuis à peu près 18 ans, a accumulé quelque Rs 550 M sous forme de dépôts bancaires fixes et en biens immobiliers.
Sur une quinzaine de compagnies opérationnelles à Maurice, nous nous situons à peu près à la septième place. En 18 ans nous avons devancé plusieurs petites et moyennes compagnies. S’agissant de notre marge de profits, nous sommes parmi les compagnies les plus profitables. Nous avons réalisé une moyenne de Rs 50 M de profit sur un « turn over » de Rs 165 M soit 30 % de notre chiffre d’affaires. En termes de pourcentage de « profit after tax » nous sommes à la troisième place.
Toutefois, notre stratégie ne consiste pas à accaparer les profits à tout prix. Nous récusons une approche consistant à « kraz pri ramas klian ». C’est un cercle vicieux dangereux. L’histoire a démontré que toutes les compagnies qui sont entrées dans ce cercle infernal entrent dans un piège dont elles n’arrivent pas à se dégager du fait qu’on arrive difficilement à satisfaire les réclamations. Ce qui fait qu’il nous faut toujours davantage de clients pour répondre à nos besoins courants. C’est ainsi que naissent les systèmes de Ponzi. C’est pourquoi on a vu plusieurs cas de « solvency margin » ces derniers temps.