À UN ACCENT PRÈS…

On a pour habitude de dire à un cheveu près. Et si ce cheveu devient une barre de travers (droite ou gauche ou au milieu), une lettre ?... Ce dont je parle ici, est arrivé à quelques-uns (ou bon nombre) d’entre nous, moi y compris.
« Aret manz bann aksan ! » En tant qu’enseignante de langue, je me retrouve souvent à énoncer cette phrase dans mes classes. Sachant que les accents ratés peuvent coûter cher aux étudiants lors de leurs examens, nous leur martelons sans relâche de garder un œil sur ce qu’ils rédigent : nous ne voudrions pas que des détails aussi infimes puissent leur être préjudiciables.
Et pourtant, certains s’en fichent et s’en contrefichent, quitte à ce que cela vous soit préjudiciable. Un accent manqué sur votre acte de naissance n’est pas un moindre souci ou une moindre erreur. Bien au contraire, vous devez vraiment vous prendre la tête lorsque vous constatez que l’officier qui refait ce simple bout de papier a raté une lettre ou, ajouté une lettre ou, remplacé un alphabet ou encore manqué un accent. Pour le détenteur d’un tel document commence une belle aventure ! Vérification des documents ayant un lien avec son nom (diplômes, certificats, acte de propriété et j’en passe) ; si erreur il y a, direction le notaire en compagnie de témoin pour certifier que c’est de vous qu’il s’agit sur les différents documents et ceux moyennant une certaine somme.
L’erreur est peut-être dérisoire aux yeux de celui ou celle qui rédige ce papier de l’état civil ; il ne l’est définitivement pas pour nous les civils. Dépense inutile et qui plus est parce que quelqu’un a mal fait son boulot. Si aujourd’hui, je me retrouve à m’appeler Veronique au lieu de Véronique comme c’était écrit sur mon acte de naissance original, je le dois à celui qui a refait le document. Bon, disons qu’il n’a rien fait de mal puisque mon nom en majuscule ne prend pas d’accent (chose tout à fait normale si vous avez un minimum de connaissance pour savoir que les majuscules ne prennent pas d’accent). Malheureusement, peu d’entre nous sont au courant au vu de la nouvelle graphie de mon nom.
Eh oui, lorsqu’un mééééé devient meeeeeeuuuuu, il y a un souci. Le mouton qui devient bœuf ou vache (Ah ! la vache !) peut poser problème sans pour autant devenir un cas de conscience (professionnelle s’il y en a) pour celui ou celle qui joue à Dieu. Toutefois, la faute à qui ? A vous ou à Dieu, ou à celui qui déclare un bouc au lieu d’un mouton (oui, vous pouvez ne plus avoir le même frère si votre père n’est plus le sien – un nom mal écrit pardi!) ?