Le sergent Roopsing Gunowah, un motard de la police fauché mortellement par une voiture sur la Nationale à hauteur de Montebello mardi matin, allait souffler ses 43 bougies hier. Ses proches sont revenus sur le lieu de la tragédie afin d’y déposer des fleurs, juste avant que débute la reconstitution des faits de l’accident. Son jeune frère, Vikash, a déclaré au Mauricien que « comme cadeau, nous souhaitons uniquement que justice lui soit rendue ». Le Français Nicolas Falcou, 27 ans, principal suspect dans cette affaire, est revenu sur le lieu de l’accident et a maintenu, auprès des enquêteurs, ne pas être responsable du drame ayant ôté la vie au policier.
C’est sous haute tension que s’est déroulée la reconstitution des faits de l’accident mortel ayant coûté la vie au policier Roopsing Gunowah, hier, en présence de ses proches, très remontés quant à la tournure que prend cette enquête. Ces derniers, venus lui rendre hommage en déposant des fleurs sur les lieux de l’accident, et ce, à l’occasion de son 43e anniversaire, étaient présents lorsque l’opération a été entamée. Ils étaient munis d’une pancarte sur laquelle pouvait se lire « No cover-up. We want justice ». À 13 heures, Nicolas Falcou est arrivé sur place sous forte escorte policière. Cependant, il a été impossible pour les enquêteurs de commencer la reconstitution des faits immédiatement, car les frères de la victime ont essayé de s’en prendre à lui. Rongés par la colère, ils n’ont pas hésité à exprimer leur mécontentement à l’égard des policiers, leur reprochant de protéger le jeune homme.
S’adressant au Mauricien, Vikash Gunowah, le jeune frère de la victime, avait du mal à contenir sa douleur. « Il est difficile pour moi d’exprimer ce que je ressens. J’ai perdu un proche et cette situation est irréversible. Il laisse derrière lui une veuve et un enfant de 10 ans, très affectés par cette perte. Mon frère et moi sommes, désormais, des orphelins, car on le considérait aussi comme un père. »
Le sergent Gunowah comptait 22 années de service au sein de la force policière et a également été décoré de la Long Service and Good Conduct Medal. Ses proches espèrent que les autorités lui soient reconnaissantes et lui apportent leur support en lui rendant justice. Démontrant clairement leur mépris à l’égard du suspect, qui a été libéré hier en échange d’une caution de Rs 50 000 et en signant une reconnaissance de dettes de Rs 700 000, les proches de la victime disent espérer que des faveurs ne soient pas accordées à ce dernier dû au fait qu’il soit proche d’un politicien. « Nous avons vécu en Angleterre durant plusieurs années. Si la police ne fait pas le nécessaire, nous en informerons les autorités anglaises pour qu’elles reprennent l’affaire. Nous souhaitons voir la lumière au bout du tunnel », devait ajouter Vikash Gunowah.
L’accès à cette autoroute ayant été interdit aux automobilistes pour le bon déroulement de l’opération, un embouteillage monstre a été provoqué à cette heure de pointe. C’est sous les injures et les menaces des proches de la victime que Nicolas Falcou a participé à cet exercice de reconstitution des faits, en présence des officiers du Scene Of Crime Office (SOCO). Il a maintenu, auprès des enquêteurs, ne pas être responsable de cette collision mortelle, bien qu’il certifie avoir emprunté cette route au moment du drame. La veuve du sergent Gunowah était également présente, vêtue de blanc, et devait être prise d’un malaise. Après avoir fourni ses explications à la police, Nicolas Falcou a quitté les lieux à 13 h 50, laissant sa place au sexagénaire Omduth Chummun, dont la voiture avait été heurtée de derrière par le motard au moment de l’accident. À 14 h 10, l’opération a finalement pris fin.
Pour l’heure, la version de Nicolas Falcou ne corrobore pas avec celle des témoins de cette scène tragique. L’enquête suit son cours.