L’accord-cadre entre Maurice et la France sur la coopération régionale avec La Réunion sera renouvelé automatiquement à partir de demain. « Cet accord sur la coopération régionale a permis de renforcer la coopération entre Maurice et la Réunion », observe le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération régionale Étienne Sinatambou. De son côté, l’ambassadeur de France Laurent Garnier considère que « cet accord-cadre est un instrument qui manifeste la volonté politique des deux États et de la collectivité territoriale française de promouvoir une coopération ambitieuse entre les deux îles ».
L’accord entre Maurice et la France sur la « coopération régionale » a été signé le 24 janvier 2011. Il prévoit sa reconduction tacite à son échéance  au cas où il n’y a pas de demande particulière de la part d’une des deux parties concernées. L’accord de cinq ans vise à approfondir les activités de coopération entre les administrations mauriciennes et françaises de La Réunion, les collectivités territoriales réunionnaises et les collectivités mauriciennes, et les institutions et organismes publics ou privés mauriciens et réunionnais.
Selon le ministre des Affaires étrangères, dix secteurs ont été identifiés sous cet accord, à savoir le tourisme; la culture; la jeunesse et le sport; le développement durable; la recherche et l’innovation; l’agro-industrie et la sécurité alimentaire; la coopération économique et commerciale; l’éducation et la formation professionnelle; les échanges universitaires; et l’insertion professionnelle de jeunes adultes.
« Même si l’accord-cadre prévoit une revue annuelle ainsi qu’une évaluation à mi-parcours des projets en cours, il n’y a aucune indication que cette revue a eu lieu », constate le ministre. Il souligne que l’accord prévoit l’ouverture d’un consulat général de Maurice à La Réunion et, comme arrangement réciproque, l’ouverture d’une représentation non-diplomatique de la France à travers le conseil général de La Réunion.  La Réunion a mis en oeuvre cette provision avec  l’ouverture d’une antenne de La Réunion à Ébène en avril de l’année dernière. « L’ouverture d’un consulat général de Maurice à l’île soeur, avec un siège social, est sérieusement envisagée », a annoncé Étienne Sinatambou.
Le ministère des Affaires étrangères a fait une requête le 14 octobre dernier à tous les ministères afin d’avoir un bilan des retombées positives de l’accord-cadre dans les secteurs tombant sous leurs responsabilités. « Cet exercice a été l’occasion de faire un état des lieux et aidera à une évaluation des résultats sous l’accord.  Il permettra également l’élaboration d’un plan d’action pour les cinq années à venir afin d’optimiser les provisions de l’accord en ligne avec la politique économique du gouvernement sur le deuxième miracle économique et la Vision 2030, et l’importance sur la coopération régionale », poursuit Étienne Sinatambou. Le ministère des Affaires étrangères invitera prochainement tous les ministères et les départements concernés à soumettre leurs propositions visant à élaborer un plan d’action de cinq ans (2016-2021).
L’ambassadeur France, Laurent Garnier, souligne pour sa part que l’accord-cadre « a bien marché » et « a permis d’entreprendre des actions de coopération qui devront s’intensifier grâce à un plan d’action ».
Plusieurs actions fortes ont été prises l’année dernière par les autorités mauriciennes et françaises dans le but de faciliter la coopération entre les îles soeurs. Ainsi, à la suite de la visite effectuée par le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, à La Réunion, les taxes douanières sur les importations en provenance de l’île soeur ont été supprimées. La circulation des hommes d’affaires mauriciens et réunionnais entre nos deux îles se fait aussi plus facilement. Une série de projets ont été arrêtés lors de la réunion de la commission mixte Maurice-Réunion en septembre dernier. Cette réunion a été suivie de la visite du ministre des Utilités publiques et des Énergies renouvelables, Ivan Collendavelloo, à La Réunion, durant laquelle plusieurs projets au niveau du secteur de l’énergie renouvelable ont été arrêtés.