Le constat est alarmant: un adulte sur quatre dans le monde ne se bouge pas assez pour rester en bonne santé. Soit, plus de 1,4 milliard d’adultes dans le monde ont une activité physique insuffisante. Ce qui expose 1,4 milliard d’individus à un risque accru de maladies non transmissibles. C’est l’alerte donnée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) avec la publication, la semaine dernière, dans The Lancet Global Health, d’une étude portant sur l’année 2016. Et les femmes seraient les moins actives…

Cela fait des décennies maintenant que les médecins, autorités ou autres organismes de Santé, prônent une activité physique régulière pour tous, essentielle à une bonne santé. L’OMS conseille en eff et aux adultes de pratiquer régulièrement au moins 150 minutes une activité d’intensité modérée ou d’intensité plus élevée pendant 75 minutes hebdomadairement. En dessous de ces niveaux, l’activité physique est qualifiée d’insuffisante. Un cri dans le dessert, c’est ce qui ressort de l’étude publiée par l’OMS qui révèle une situation désastreuse dans le monde. Pour leurs travaux, les chercheurs ont pris en compte les niveaux d’activités autodéclarés (au travail, à la maison, lors des déplacements et pendant les loisirs) d’adultes (18 ans et plus) à partir de 358 enquêtes auprès de la population de 168 pays. Selon ces données recueillies, 1 femme sur 3 et 1 homme sur 4 ne respectait pas les recommandations en matière d’activité physique santé.

Les auteurs de l’étude relèvent ainsi le “peu de progrès” observés entre 2001 et 2016. Dans le détail, le manque d’activité a même augmenté de 5% dans les pays riches pendant ces 15 ans. Les pays les plus concernés sont le Koweït, Samoa, l’Arabie Saoudite et l’Irak. Plus de la moitié des adultes ne bouge pas assez. Aux États-Unis, ils sont 40%, au Royaume-Uni, 36%, et en Chine 14%. Autre constat: dans toutes les régions du monde, en dehors de l’Est et du Sud-Est, les femmes sont moins actives que les hommes : une femme sur trois et un homme sur quatre ne font pas assez de sport.

En 2016, la différence est de dix points ou plus en Asie du Sud (43 % de femmes ayant une activité physique insuffisante contre 24 % chez les hommes) et en Asie centrale. C’est aussi le cas au Moyen-Orient et Afrique du Nord (40 % contre 26 %) ainsi que dans les pays occidentaux à revenu élevé (42 % contre 31 %), relève l’OMS, soulignant que les femmes sont davantage exposées aux risques de maladies cardiovasculaires, au diabète, à la démence et à certains cancers… S’il existe des discriminations quant à l’accès aux activités physiques favorables à une meilleure santé pour les femmes, les raisons sont parfois culturelles ou financières.

Autre disparité notée, les niveaux d’activité insuffisante chez les adultes varient considérablement entre pays à faible revenu (16 %) et ceux à revenu élevé (37 %). “L’accès aux transports motorisés et à des moyens moins fatigants de remplir les corvées domestiques accompagne légitimement la prospérité nouvellement acquise d’un pays”, souligne l’OMS.

Toutefois, “les gouvernements doivent entretenir des infrastructures qui promeuvent la marche, le vélo comme transport, ainsi que les sports récréatifs”, concluent les auteurs. “Contrairement à d’autres risques majeurs pour la santé mondiale, les niveaux d’activité physique insuffisante ne diminuent pas dans le monde, et plus du quart des adultes n’atteigne pas les niveaux d’activité physique recommandés pour être en bonne santé”, explique Regina Guthold, principale auteure de l’étude.

Si ce phénomène se maintient, et avec la sédentarité figurant parmi les principales causes du développement des maladies non transmissibles, comme le cancer, les maladies cardiovasculaires, ou encore le diabète de type 2 et la démence, les conséquences sur la santé globale seront désastreuses. Au vu de ces récentes données, la situation mondiale ne semble pas s’améliorer…