Une compensation de Rs 250 sera allouée aux 225 000 bénéficiaires de pension à partir de janvier prochain, a annoncé hier le ministre des Finances Vishnu Lutchmeenaraidoo. Il répondait au leader de l’Opposition Paul Bérenger qui avait posé une question dans ce sens lors de son intervention.
Selon le ministre des Finances, il lui faudra trouver un montant de Rs 748 475 000 pour financer cette compensation qui touchera 184 520 bénéficiaires de pension de vieillesse et 45 820 bénéficiaires d’allocation sociale. Il n’épargne pas la possibilité de présenter un budget supplémentaire à la rentrée parlementaire afin de financer ces dépenses.
Vishnu Lutchmeenaraidoo est revenu sur son postulat que la paix sociale n’a pas de prix et que le secteur privé doit apprendre à payer le prix. De plus, a-t-il soutenu, la création de la richesse doit être assortie d’une volonté de partage. Il a expliqué que le taux d’inflation de 1,3 % est une tendance mondiale qui est indicatrice d’une baisse de la consommation. Ce qui n’est pas de bonne augure pour l’économie mondiale car ce taux est annonciateur d’une crise économique. Le ministre a expliqué les circonstances dans lesquelles la proposition du paiement d’une compensation de Rs 150 qui est plus élevée que la compensation pour la perte du pouvoir d’achat a été finalement augmentée à Rs 250 pour ceux touchant moins de Rs 10 000. Il a expliqué que l’institution d’un comité technique ne s’est pas avérée nécessaire parce que les syndicats étaient d’accord avec les chiffres produits par Statistics Mauritius indiquant que le taux d’inflation était de 1,3 %. Il est finalement revenu sur la compensation salariale et a indiqué qu’à la lumière de la remarque faite par le leader de l’Opposition, il y a eu une consultation rapide entre ses collègues du gouvernement et il a été convenu qu’une allocation de Rs 250 serait accordée aux bénéficiaires de pension de vieillesse et des allocations sociales.
C’est le ministre Soodesh Callichurn qui a présenté le texte de loi sur la compensation salariale. Il s’est appesanti sur la volonté du gouvernement de compenser les salariés se trouvant au bas de l’échelle salariale. Il a également évoqué les mesures sociales concernant la facture d’électricité et celle de la fourniture de l’eau ainsi que la baisse des prix de certains produits au profit des plus démunis de la société.
Pour sa part, le leader de l’Opposition Paul Bérenger a déploré que ce texte de loi soit présenté en l’absence du Premier ministre et du ministre des Finances. Il a dit son étonnement que le ministre du Travail n’ait à aucun moment mentionné le fait que l’offre initiale du gouvernement était de Rs 150 et que le changement est intervenu sous la pression syndicale. Le plus grave a-t-il dit est que le ministre n’a pas pipé mot concernant ce qui était prévu pour les bénéficiaires des allocations de pension de vieillesse et des allocations sociales.
Le chef de file du PTr, Shakeel Mohamed, a parlé dans le même sens et a critiqué avec force le ministre des Finances pour n’avoir pas institué un comité technique afin de mieux entendre ce que les syndicats avaient à dire et de se faire une idée précise des besoins des travailleurs des différents secteurs économiques. Il a qualifié les consultations budgétaires présidées par Vishnu Lutchmeenaraidoo de mascarade et a accusé le gouvernement de ne pas croire dans l’esprit du tripartisme. Il a aussi souhaité une révision régulière des Remuneration Orders et s’est demandé où était le salaire minimum qui était une priorité dans le programme électoral du gouvernement de l’Alliance Lepep.
Alan Ganoo a fait l’historique de la compensation salariale. Il a rappelé que son parti avait demandé que le gouvernement fasse un extra mile et s’est beaucoup appesanti sur les Remuneration Orders qui auraient dû évoluer parallèlement avec le rapport PRB et être revus régulièrement et éventuellement tous les cinq ans. Dans les rangs du gouvernement, le ministre Bholah ainsi que le député Rugobur ont défendu le texte de loi. Ce dernier s’est étonné que les membres de l’opposition n’aient pas mis l’accent sur la productivité et sur les salaires par employé dans les entreprises. Le texte de loi a été adopté en troisième lecture.