Marc Hein SC, GOSK

J’ai été peiné d’apprendre le décès de Pierre Grimaud, journaliste au Mauricien et ami de longue date. Il était à la retraite depuis un certain temps et avait une santé incertaine. J’écris ces quelques mots pour un témoignage premièrement d’amitié et deuxièmement de reconnaissance.

D’amitié en premier lieu car c’était un journaliste affable, plaisant et sympathique. Il était toujours distrayant de le rencontrer sur le trottoir à Port-Louis pour écouter ses opinions avec son sourire pince-sans-rire ; très souvent informé, de ce qui se passait en haut lieu.

De reconnaissance ensuite, car ce sont des journalistes comme Pierre, qui tous les jours, dans l’ombre, la pénombre ou la clarté, nous assurent la transmission honnête des informations, la rédaction d’opinions impartiales et nous procurent le plaisir de lire la presse.

Des journalistes professionnels, souvent anonymes, comme lui nous assurent du partage équitable des opinions et sont les chevilles ouvrières de la liberté d’expression, elle-même essentielle au respect du droit et d’une société démocratique.

Je me rappelle Pierre en tant que chroniqueur judiciaire quand je venais de commencer comme avocat. Il était souvent en Cour de justice dans le deuxième banc, derrière celui des avocats avec d’autres journalistes comme Suresh Moorlah, Roland Ramsamy ou Robert Ng – des journalistes qui comprenaient souvent mieux le déroulement du procès que les avocats plaidants. Il n’était pas rare de voir ces journalistes tirer sur la toge des avocats présents devant eux pour leur signaler quelque faille dans leur argumentation afin d’y remédier. Ces journalistes, férus de droit et de la procédure connaissaient souvent mieux les velléités de la Cour que les jeunes avocats.

Mais trêve de plaidoiries. Les dernières années de Pierre ne furent pas faciles.  Le grand Jean d’Ormesson a beaucoup écrit sur la vie et la mort.

Il a assimilé dans un langage fleuri, les joies et les douleurs autour du roman d’une rose offerte :

« Merci pour les roses

Merci pour les épines ».

Notre ami Pierre Grimaud les a toutes deux connues et qu’il repose en paix.

Je présente mes sincères condoléances à la famille de Pierre, à celle du Mauricien et à ses amis du monde journalistique.