Deux semaines après l’éclatement du scandale Bramer Bank/BAI, les dommages collatéraux sont palpables au sein des différentes entreprises de la BAI. Si les employés des différentes compagnies du groupe se rendent chaque matin à leur boulot, ils font face, notamment chez Iframac, au chômage technique. Non seulement les voitures commandées n’ont pu être dédouanées depuis plusieurs mois, mais aussi les clients se font rares. Et en dépit de la grande réunion des créanciers avec Sattar Hajee Abdoula, l’administrateur des compagnies de BA Investment, les employés restent dans le flou. La situation est statu quo, disent-ils et « nous ne savons pas si nous allons recevoir notre salaire à la fin du mois ».
Les employés d’Iframac, comme chez Courts ou Apollo Bramwell, attendent la fin du mois pour être fixés sur leur sort. Principalement du fait qu’à la fin du mois, ils devront percevoir leur salaire. « Pour l’instant, c’est notre seul souci. On a besoin de faire vivre nos familles, nous avons besoin de notre salaire », disent-ils. Si lors de leur rencontre avec Sattar Hajee Abdoula, ils ont obtenu l’assurance qu’ils seront payés, ces employés disent « il faut voir pour croire. En tout cas, on reste positif ». Chez Iframac, l’ambiance est néanmoins morose. S’il y a une dizaine de jours, quatre véhicules ont été livrés par Iframac à des clients, en l’occurrence un modèle Peugeot et trois Mitsubishi, il s’agit de voitures qui avaient déjà été dédouanées il y a quelque temps et qui ont pu être livrées après quelques démarches administratives. En raison d’un problème de cash-flow, environ une vingtaine de véhicules de la marque Mercedes, et d’autres marques commercialisées par Iframac, arrivées à Maurice depuis le début de l’année, sont toujours bloquées à la douane.
Et les employés indiquent que depuis trois semaines quelques rares clients sont venus au showroom. Mais les vendeurs ne savent pas comment opérer. « Nous avons eu cinq clients avec des intentions d’achat cette semaine, mais nous hésitions à leur dire d’acheter, car il y a des problèmes financiers pour le dédouanement et nous n’avons aucune réponse à leur donner quant à la date de livraison », disent-ils.
Certes, l’équipe d’Iframac est dynamique et garde le moral, mais les interrogations sont nombreuses pour ces pères et mères de famille qui ne savent pas de quoi sera fait leur avenir. « On entend des propositions d’achats, des entreprises qui ont fait des offres, etc., mais conservera-t-on tous notre emploi si on est repris par une compagnie? », demandent-ils. Et de se demander également combien de temps ils resteront dans le flou. « Est-ce pour un mois, deux mois, six mois? Nous vivons des commissions. Si nous avons quelques économies, nous devons savoir combien de temps nous allons survivre à cette situation. Devrons-nous chercher ailleurs? », s’interrogent-ils, faisant ressortir que rien n’est clair non plus quant au respect du temps de service d’un employé chez Iframac si la compagnie est rachetée par une autre entité. Ces employés expliquent de même que « si nous nous sommes fait une raison que la somme que nous percevrons sera moindre du fait que nous travaillons sur les commissions et comme il n’y a pas de vente, nous n’aurons pas cet argent. Mais notre salaire lui-même est-ce qu’il sera versé, nous sommes dans l’expectative ».
Courts: Angoisse permanente
Les salariés de Courts craignent pour leur emploi et se disent très inquiets. « Le gouvernement doit trouver une solution pour assurer que les centaines d’employés qui travaillent honnêtement », expliquent ces employés de cette filiale de BAI. Et d’ajouter : « Il ne s’agit pas seulement de centaine de personnes, mais c’est aussi et surtout des centaines de familles qui sont affectées. Il y a des pères et mères de famille qui disent ne pas savoir ce qu’ils sont capables de faire s’ils perdent leur emploi. Nous vivons dans une angoisse permanente. Et même si nous assurons nos postes respectifs en gardant le moral haut, nous n’avons pas la tête reposée. » Plusieurs employés déplorent par la même occasion « le peu de considération de la BAI pour les employés de Courts qui n’ont même pas droit à une fête de fin d’année, alors que des millions de roupies étaient versées sur les comptes des Rawat ».
Ils espèrent que les magasins Courts trouvent rapidement un autre acquéreur. « Nous vivons sous tension et sommes stressés », expliquent-ils, faisant ressortir accueillir le souhait émis par l’ancien patron de Courts, David Isaacs, de reprendre les rênes. « Pour lui, c’était toujours le bien-être des employés qui primait. Nous étions bien traités lorsqu’il était le directeur », racontent-ils.
A Apollo Bramwell : le service essentiel fonctionne normalement
A Apollo Bramwell, le mot d’ordre est motus et bouche cousue. Et la tension est véritablement palpable dans les couloirs. Cependant, les employés opèrent normalement, car « il s’agit d’un service essentiel ». Si Sattar Hajee Abdoula les a rassurés quant à leur salaire à la fin de ce mois, le personnel d’Apollo Bramwell se dit aussi dans l’expectative pour leur emploi. Ce qui les motive, c’est que le service offert par Apollo Bramwell est un service vital. « On ne va pas du jour au lendemain fermer la clinique. Il y aura certainement un repreneur, et le repreneur ne peut pas faire fonctionner le bâtiment sans personnel », disent-ils.