Le ministre des Finances a été très critique à l’égard de ceux qui, selon lui, sont à la base de ce qu’il qualifie de « vol planifié » dans l’affaire Bramer Bank/BAI. « C’est un coup bien orchestré par des escrocs. Ces personnes avaient des complices au plus haut niveau du gouvernement. Il y a eu complot », a déclaré Vishnu Lutchmeenaraidoo dans la dernière partie de son « summing up » des débats sur le budget 2015-2016, hier après-midi, à l’Assemblée nationale.
Pour le Grand argentier, c’est un véritable traumatisme que vivent les clients du groupe BAI. « La situation est difficile. On se retrouve presque dans la même situation qu’a vécue Trinidad et Tobago il y a quelques années avec un Ponzi Scheme », a laissé entendre Vishnu Lutchmeenaraidoo qui est aussi d’avis que le problème se reproduirait à Malte et au Kenya où opèrent des sociétés dans lesquelles la BAI a des intérêts. Le ministre des Finances a estimé que ceux qui sont derrière l’affaire Bramer/BAI sont des « criminels » car ils ont utilisé l’argent de leurs clients pour acheter des « châteaux » et des biens conséquents pour leur compte personnel.
« Si le gouvernement n’était pas intervenu avec rapidité dans cette affaire, il y aurait eu un bain de sang dans le pays », a avancé Vishnu Lutchmeenaraidoo. Ce dernier a argué que le Ponzi Scheme de la BAI, estimé à Rs 21,6 milliards, aurait en quelques mois atteint les Rs 30 milliards. « Nous avons évité une crise sociale majeure. Maintenant, il s’agit de gérer une situation des plus difficiles », a-t-il souligné. Selon le ministre, des petites gens ont perdu gros dans cette affaire. Environ 5 000 bénéficiaires du Voluntary Retirement Scheme (VRS) de l’industrie sucrière et plus de 7 000 autres personnes également à la retraite dépendaient des revenus provenant du plan d’assurances spécial proposé par la BAI.
Vishnu Lutchmeenaraidoo a justifié l’intervention du gouvernement dans l’affaire Bramer/BAI. « Aux dernières élections générales, nous avons eu un mandat pour nettoyer le pays. Il nous faut mettre de l’ordre dans la maison. Le leader de l’Opposition a parlé de tremblement de terre financier. Il a raison. Il ne s’agit pas de sauver nos têtes en tant qu’hommes politiques mais le pays. Sans la transparence, pas de survie pour le pays », a ajouté le ministre.