AFFAIRE CATHERINE BOUDET: Dis-Moi dénonce les « manquements » des autorités

L’organisation non-gouvernementale Droits humains océan Indien (Dis-Moi) ne cache pas son étonnement dans la manière dont l’affaire Catherine Boudet a été gérée par la police. Elle rappelle que cette dernière avait dénoncé un consultant français qui, lui, a pu quitter le pays, tandis que l’ancienne journaliste s’est vue « confisquer son passeport et n’a pu participer à ses activités professionnelles et littéraires », avant d’être menacée de déportation.
Tout en reconnaissant « la souveraineté de l’État mauricien à renvoyer toute personne en situation illégale », l’ONG condamne la « manière de faire des autorités dans ce cas précis. » Selon Lindley Couronne, son porte-parole, « Dis-Moi est extrêmement préoccupée par la manière de faire des autorités, qui au-delà du déni des droits humains, cause des torts irréparables s’apparentant à du harcèlement et à de la torture morale. Nous notons aussi la mauvaise foi des autorités qui reprochent aujourd’hui à Catherine Boudet de ne pas avoir renouvelé son permis de travail alors qu’elles l’avaient confisqué ainsi que son passeport ! »
Dis-moi ne cache pas non plus son étonnement que toute cette affaire éclate après que l’ancienne journaliste eut décidé de demander réparation à l’État pour des torts commis pendant deux ans. « Nous condamnons le fait que les procédures de la Deportation Act n’aient pas été respectées car non seulement le délai légal de 24 heures ne lui a pas été accordé mais elle n’a même pas été présentée devant un juge qui aurait donné force de loi à cette décision. Ces énièmes manquements des autorités sont une insulte à notre État de droit. »
L’ONG fait ainsi appel aux autorités concernées et au Bureau du Premier ministre pour que « les droits des citoyens, mauriciens et étrangers, soient respectés et que l’État mauricien respecte ses engagements internationaux à l’heure où il se prépare à répondre à la fin du mois d’octobre devant la Universal Periodic Review des Nations unies. »
Dis-Moi a déjà alerté la ligue des droits de l’homme, Amnesty International ainsi que la presse française et les députés de l’Union européenne sur « ce cas flagrant d’abus d’autorité et d’arbitraire des autorités ».