Leur mise en demeure logée le 18 décembre 2015 étant resté sans réponse, le député travailliste Shakeel Mohamed et son épouse, Haccina, ripostent en réclamant des dommages de Rs 50 M à l’État et à quatre hauts gradés de la police. Cette démarche fait suite à la radiation des charges provisoires retenues contre Shakeel Mohamed au tribunal de Port-Louis  dans le cadre de l’affaire Gorah-Issac. Shakeel Mohamed soutient en effet que son arrestation, le 23 novembre 2015, était « illégale et abusive » et avait « traumatisé » sa famille. L’affaire sera appelée en Cour suprême le 19 mai.
La réouverture de l’enquête sur le triple assassinat de la rue Gorah-Issac, survenu en octobre 1996 – où trois activistes PTr/MMM (Zulfekar Beekhy, Yousouf Mourade et Babal Joomun) avaient trouvé la mort –, avait débouché sur l’arrestation du député travailliste Shakeel Mohamed le 23 novembre 2015. Le CCID avait procédé à son arrestation et à une perquisition de ses domiciles de Terre-Rouge et Flic-en-Flac suite à des allégations de Khadafee Oozeer et de la veuve de Babal Joomun, Swaleha Joomun. Quatre charges provisoires avaient été retenues contre lui, soit “conspiracy to commit murder”, “procuring revolver used in the commission of murder”, “possession of revolver carried off, abstracted by means of a crime” et “giving instructions to commit larceny of van whilst being armed with offensive weapon”. Il avait recouvré la liberté contre deux cautions de Rs 100 000 et Rs 20 000 ainsi que deux reconnaissances de dettes de Rs 1 M et Rs 100 000.
Son homme de loi, Me Gavin Glover, avait fait une demande pour que les charges provisoires retenues contre son client soient rayées. Le 9 décembre, le DPP n’ayant pas objecté à la motion, toutes les charges retenues contre lui avaient été abandonnées. Le couple Mohamed soutient que l’arrestation du député travailliste était « illégale et arbitraire » et indique que les policiers impliqués ont « commis une faute » . Shakeel Mohamed estime que le CCID a « abusé de ses pouvoirs » en l’arrêtant et en logeant des charges provisoires contre lui. « They did not have any  new and fresh reasonable admissible and reliable evidence to act as they have done since 23 november until 15 december 2015. » Il indique que la police s’est basée sur les allégations de Khadafi Oozeer pour l’arrêter alors que, lors d’une audience en cour, la police avait avoué que Khadafi Oozeer s’était rétracté en deux occasions et avait admis que ses allégations étaient fausses.
Shakeel Mohamed indique par ailleurs que la perquisition à son domicile à Terre-Rouge le 23 novembre avait « traumatisé » ses proches et que son épouse, Haccina, « qui a souffert de cette épreuve »,  avait été admise à la clinique. Shakeel Mohamed et son épouse Haccina réclament ainsi des dommages de Rs 50 millions conjointement à l’État, au commissaire de police Mario Nobin, à l’ACP Heman Jangi, à l’ASP Suryaduth Ruhoma et au surintendant Seeparsad Manaram pour leur avoir « porté préjudice ». Le couple Mohamed a retenu les services de Mes Antoine Domingue (SC) et Gavin Glover (SC) ainsi que de l’avoué Cader Mallam-Hassam.