« Le Mouvman Travayis Militan (MTM) sympathise avec notre collègue Shakeel Mohamed. La manière de faire laisse définitivement à désirer mais la police a fait son travail ». C’est ce qu’a déclaré le leader du MTM, Vasant Bunwaree, lors d’une conférence de presse hier à Port-Louis. L’ancien ministre de l’Éducation a par ailleurs dénoncé l’absence de soutien du PTr envers les familles des activistes rouges assassinés en 1996. Soutenant ne pas se positionner en défenseur de Swaleha Joomun, la veuve de Babal Joomun, un des activistes rouges assassinés en 1996, il a toutefois lancé : « Une femme qui a perdu son mari et qui, à aujourd’hui, ne connaît pas la vérité, n’a-t-elle pas le droit de lutter dans ce sens ? »
Vasant Bunwaree a rappelé qu’à l’époque où l’assassinat a eu lieu, il était le campaign manager du PTr qui était en alliance avec le MMM. « S’il y a une horreur politique que j’ai vécue dans ma vie, c’est bien cet épisode ». Il a aussi rappelé qu’à l’époque, Shakeel Mohamed était membre du MSM, qui « constituait la troisième force politique à Plaine-Verte après le Hizbullah et le PTr/MMM. Cela veut dire qu’il était l’adversaire du PTr. Jusqu’à aujourd’hui, on ne sait ce qui s’est passé exactement ». Si Swaleha Joomun a à plusieurs reprises fait des déclarations et en fait encore aujourd’hui, « la police doit-elle rester les bras croisés ? » lance-t-il.
Le leader du MTM a félicité le commissaire de police, Mario Nobin, pour être venu apporter des précisions hier, suite aux déclarations selon lesquelles, dans le cadre de l’arrestation de Shakeel Mohamed, l’ordre venait d’en haut. « Les gens croyaient que cela signifiait le gouvernement. Mais, il a dit que là-haut c’est lui. C’est normal que le CCID doive recevoir des ordres du commissaire de police ». Il s’est rangé du même avis que Mario Nobin en disant que « c’est le système qui oblige la police à procéder ainsi. Nous aussi, nous ne sommes pas d’accord que l’on arrête les gens sur la base de simples allégations. Mais la police doit agir selon un cadre légal. Si elle ne l’avait pas fait, le magistrat, en Cour, lui aurait reproché de ne pas avoir fait de fouille ». Et d’ajouter : « Pour nous, il n’aurait pas fallu arrêter Shakeel Mohamed mais c’est la loi qui l’a voulu. » Le leader du MTM a dit sympathiser avec les souffrances de Swaleha Joomun mais s’est dit triste que « personne, au niveau du leadership du PTr, ne soit venu défendre ces activistes travaillistes qui ont perdu leur vie. Personne n’est venu dire qu’il faut trouver la vérité. Nous souhaitons que Shakeel Mohamed trouve une solution et puisse tirer le rideau sur cette affaire ».
Dans un autre volet de sa conférence de presse, le MTM a annoncé qu’il fera une proposition, à savoir un revenu familial minimal, « qui diffère du salaire minimal ». Le MTM préconise par ailleurs qu’un pourcentage des profits des entreprises revienne aux employés, ou alors que ces derniers puissent devenir actionnaires. S’agissant de la compensation salariale, le MTM dit souhaiter que la réunion tripartite soit tenue.
S’agissant du Good Governance and Integrity Reporting Bill, Vasant Bunwaree a réitéré le désaccord de son parti avec une série de points dont un barème minimal de Rs 10 M pour ceux qui seront traqués ; la compensation des lanceurs d’alerte, la nomination du président et directeur du board, entre autres. Mais surtout, « les innocents qui seront facilement pris dans le filet comme les enseignants, les fonctionnaires qui ont travaillé après les heures de travail mais qui n’ont rien fait d’illégal ». Pour lui, il importe qu’il y ait une clause dans la loi pour protéger ces derniers.
La vice-présidente du parti, Reshma Ramchurn, a quant à elle soutenu que le MTM a beaucoup de propositions au niveau de la violence domestique. « La loi, c’est bien, mais elle peut aussi être mal utilisée. Par exemple, une femme peut déclarer être victime de violence de la part de son mari. Mais, on doit savoir si c’est vrai ». Le MTM mise, dit-elle, sur l’éducation et la prévention en vue de lutter contre ce fléau.