La rumeur courrait déjà durant le week-end qu’une possible démission en bloc des ministres du clan MSM allait se produire en signe de solidarité à la désormais ex-ministre de la Santé Maya Hanoomanjee – mise en cause dans l’affaire Medpoint – au cas où il y aurait révocation. Si démission il y a bien eu au lieu d’une mise à l’écart, le scénario a néanmoins été légèrement différent puisque la protagoniste a finalement step down comme le souhaitaient bon nombre de gens. Nous avons prêté une oreille attentive à la conférence de presse du MSM mardi, histoire de connaître finalement la version (les suppositions ne manquaient pas) qui allait nous être livrée quant aux raisons qui les ont poussés à cet acte par nul autre que le leader du parti des ministres démissionnaires, en l’occurrence Pravind Jugnauth. De son long discours, presque creux, ce que l’on retient le plus c’est que les six ministres ont démissionné avant tout parce qu’ils désapprouvent la manière dont l’ICAC a procédé dans cette affaire — qui n’en finit pas de livrer son lot de surprises. C’est un signe clair de désaveu, voire de non-respect d’une institution aussi forte que l’ICAC puisqu’elle est – selon ses compétences – une commission indépendante de lutte contre la corruption. Nous ne sommes pas en présence d’un énième tour de force d’opposants au pouvoir mais bien d’une stratégie réfléchie de la part d’un groupe de ministres – qui faisait partie d’un gouvernement censé veiller à la bonne marche et à l’impartialité des institutions – dont l’objectif ici comporte un double mouvement : 1) Mettre la pression sur le Premier ministre et 2) exercer une pression sur une institution en particulier.
En rendant leur tablier, les six ministres mettent à la fois l’Alliance de l’Avenir (sa crédibilité au sein de la population) et le vieux rêve d’une majorité de trois quart de Navin Ramgoolam en péril. Ils poussent ainsi ce dernier à koupe transe. “Soi nou soi zot !” Le Premier ministre sera-t-il assez courageux pour affronter ces types de « chantage » ? Par ailleurs, les enquêteurs de l’ICAC conserveront-ils le même état d’esprit, voire le même fighting spirit, après la démarche des ex-ministres ? Les membres du MSM – ministres, PPS et nominés – ne sont-ils pas conscients de cela pour n’être pas totalement sortis de cette alliance ?
Le MSM a toujours son joker en main (il peut toujours espérer retrouver ses portefeuilles ministériels ou au pire se voir accueillir par un MMM plus qu’attendrissant) et se trouve plus que jamais dans une position de wait and see. Le Premier ministre n’aura jamais été appelé à être un aussi bon décideur dans la conjoncture et dans les jours à venir…
Comments
C'est ene lahonte. Zot oser blame ene institution indépendant couma ICAC ki per fer so travail bien. Mo félicite banne officiers ICAC pou zotte courage ek dévouement. Sa institution la li dan l'interet public... Ramgoolam bizin donne li full power pou ki li capav saisi tout dibien ki fine mal gagne surtout par fraude ek redistribuer sa ar banne dimoune mizere ki pena la caze.
MSM cannot be the wife and mistress of the same government.