Ravi Rutna

Dans le cadre de l’affaire Pachee concédant de la brutalité policière sur le détenu Edyssen Pachee, Ravi Rutnah l’avocat de la famille a tenu une conférence de presse le jeudi 5 avril. Après que la cour de district de Rivière-du-Rempart ait finalement accédé à la demande de la famille Pachee à une contre-autopsie par le Dr Berthezene, un médecin réunionnais, celui-ci a également attribué le décès d’Edyssen Pachee à un œdème cérébral. Ravi Rutna soutient avoir désormais des preuves qu’il s’agit d’acte de brutalité. « Je demande qu’une fois que l’Independant Police Complaint Commission sera mise en place que ce dossier y soit référé. Après les constatations du Dr Berthezene, nous avons désormais des évidences d’actes de barbarie à l’encontre d’Eddysen Pachee. »


Ravi Rutna a également mis en garde les médecins qui selon lui complotent avec les forces de police. « Nous savons ce qui se trame lorsque la police emmène des détenus à l’hôpital mais faute de preuves, nous ne pouvons pas pointer d’un doigt les médecins. Je lance toutefois un avertissement à tous les médecins qui participent à ses cover-up, » affirme Ravi Rutna.

L’autopsie d’Edyssen Pachee pratiquée par le médecin légiste de la police, le Dr Sudesh Kumar Gungadin avait également attribué le décès de la victime à un œdème cérébral. Mais ce qui intrigue l’avocat de la famille Pachee, ce sont les informations données par la police à la presse et non aux avocats de la famille.

Ravi Rutna se dit perplexe, car le rapport d’autopsie et celui de toxicologie faite par le médecin légiste de la police et le Forensic Science Laboratory (FSL) respectivement n’ont toujours pas été donné aux avocats. Il fait ainsi un appel au commissaire de police de ne pas essayer de cacher le rapport d’autopsie et celui du FSL. « Le commissaire de police agit d’après la constitution. Je le demande d’utiliser son pouvoir afin de nous faire parvenir le rapport d’autopsie et celui du FSL. Je ne veux plus lire les informations sur ses rapports dans la presse. »

Pour rappel, la victime avait les côtes fracturées et portait des blessures à la tête et au visage. Aartee Pachee, la veuve d’Edyssen soupçonnant un cas de brutalité policière réclamait jusqu’alors une contre-autopsie. Eddysen Pachee avait été arrêté le samedi 24 mars alors qu’il préparait des doses de drogue synthétique à Rivière du Rempart. Lorsque les officiers ont procédé à son arrestation, Eddysen Pachee a tenté d’avaler les preuves et de s’enfuir. Un policier a été blessé lors de l’interpellation. Dimanche 25 mars, alors qu’il était en détention, le suspect s’était plaint de douleurs et avait été transporté à l’hôpital du Nord où il a rendu l’âme le matin du 26 mars.