AFFAIRE VANESSA LAGESSE: Bernard Maigrot : " Je suis innocent "

La maison du crime. En medaillon Vanessa Lagesse.

Les débats sur la motion de remise en liberté de Bernard Maigrot, principal suspect dans le meurtre de Vanessa Lagesse, ont pris fin hier en Cour de Mapou. La magistrate Sheila Bonomally rendra son ruling vendredi. Interrogé alors qu'il était dans le box des témoins, Bernard Maigrot a clamé une fois de plus son innocence. Il a soutenu que son innocence sera établie, se disant confiant en la justice.

Interrogé par l'un de ses avocats Me Gavin Glover (Senior Counsel), le suspect s'est présenté comme étant un Company Director qui habite à Route Royale à Cap-Malheureux, où il s'occupe du patrimoine familial depuis 25 ans. Sa mère, veuve depuis l'année dernière vit à côté de son bungalow. Marié à Isabelle, qui est de nationalité française depuis un quart de siècle, le couple a deux enfants : une fille de 21 ans qui termine son Master en Angleterre et un fils de 18 ans qui doit prendre part aux examens du Baccalauréat dans quelques semaines.

Aux questions de son avocat, Bernard Maigrot a rappelé qu'il avait été arrêté en 2001 dans le cadre de l'enquête policière ouverte à la suite de la découverte du cadavre de Vanessa Lagesse dans le bungalow de la styliste à Grand-Baie. Il a alors passé 75 jours en détention avant d'être remis en liberté après avoir payé une caution de Rs 1 million. Il doit se rendre quotidiennement au poste de police de Grand-Gaube, autre condition de sa remise en liberté conditionnelle.

 

Bernard Maigrot a aussi expliqué qu'il avait dû comparaître lors d'une enquête préliminaire, où une centaine de personnes ont été assignées comme témoins. Tout au long de cet exercice qui a duré de 2003 à 2008, il était en liberté conditionnelle. " De 2008 à 2010, j'ai effectué 39 voyages à l'étranger. Depuis le début de cette année, j'ai eu à me déplacer à quatre reprises ", a-t-il déclaré, répondant toujours aux questions de son avocat. Il a soutenu qu'à aucun moment, lors de l'enquête policière ou préliminaire, il n'avait tenté d'influencer un témoin quelconque.

 

Concernant ses bateaux, le suspect a précisé qu'il avait fait l'acquisition du plus petit pour son fils. Le plus grand peut naviguer hors du lagon. Il s'est dit disposé à les confier au National Coast Guard ou à tout autre organisme choisi par la Cour. Il a aussi fait état du passeport qu'il détient. " En 25 ans de mariage, je n'ai cherché à aucun moment à avoir un passeport français. Je n'en ai qu'un, il est mauricien ", souligne-t-il.

 

" The record of the antecedents of Bernard Maigrot speaks for itself ", a déclaré dans sa plaidoirie Me Ivan Collendavelloo, Senior Counsel et Leading Counsel de la défense. Outre Me Glover, l'avocat est aussi assisté de Mes Yves Hein, Kanen Colunday et Christine Sohun. De ce fait, son client a prouvé qu'il avait respecté toutes les conditions que la Cour lui avait imposées dans le passé et qu'il n'avait pas tenté d'influencer un éventuel témoin, ni d'échapper à la justice.

 

Me Madheven Armoogum, avocat de la poursuite, n'était pas d'accord avec son confrère. Assisté de Me Nazira Essoop, il a souligné que les risques d'évasion de Bernard Maigrot sont réels car, en réponse à ses questions, le suspect a admis qu'il " a les moyens financiers pour payer un bateau et a des contacts en France ".