RAFAL

(Royals & Friends Action Line)

On veut “transformer” Mahébourg en village touristique (Le Mauricien du lundi 12 novembre 2018) avec un front de mer élargi.

Par ailleurs, certains habitants se demandent si le cordon littoral entre Pointe des Régates et Pointe Canon sera comblé. Un tel projet a été évoqué dans certains milieux. Ce qui voudrait dire encore plus de béton ! Pourtant, cette partie de la mer, étant plus ou moins boueuse, est un endroit très prisé des amateurs de pêche à la ligne car ils y trouvent des vers – appât idéal quand ils vont à la pêche dans le lagon. Ce bras de mer est aussi un lieu de prédilection pour de petits poissons, des crabes, des anguilles et crevettes, qui trouvent en cet endroit un refuge salutaire et de la nourriture.

On a déjà bétonné, et enlaidi, une bonne partie du côté de Pointe des Régates. Maintenant, si on continue sur cette lancée ce sera la fin d’un endroit que les gens ont connu et aimé –  jadis il y avait les pirogues des extracteurs de sable balançant sur l’eau et les monticules de sable blanc devant le Monument commémorant la Bataille de Grand-Port, sans oublier les gros badamiers, les rangées de filaos et l’herbe bourrique.

Quand on va au bord de mer, c’est pour marcher dans l’herbe et sur le sable, faire trempette, nager, pique-niquer sous les filaos, apprécier le chant des oiseaux et la brise dans les arbres – pas pour marcher sur des dalles ou pour prendre un repas entre quatre murs, ni pour regarder un film dans une salle obscure ! Nous n’arrivons pas à comprendre comment on peut se permettre de défigurer ainsi les paysages d’un pays et ce, avec impunité. On est en droit de se demander quand ce massacre de notre littoral va cesser.

Par ailleurs, est-ce que ce seront toujours les grosses “commissions” qui auront la primauté quand nos “lumières” doivent décider de la marche à suivre ?

Le cordon littoral entre Pointe des Régates et Pointe Canon sera-t-il bétonné ?
Une préoccupation certaine pour des habitants de Mahébourg.

Mahébourg, c’est l’Histoire de Maurice ! C’est cette vue imprenable sur la mer avec ses îlots dans la baie du Grand-Port et, en toile de fond, la majestueuse Montagne Lion qui semble surveiller la mer auprès de cette Île de la Passe, où eut lieu la Bataille du Grand-Port en août 1810. Une bataille qui figure en bonne place sur l’Arc de Triomphe à Paris.

Au nom du développement et de la création d’emploi, comme les promoteurs nous ressassent au fil des ans, osera-t-on continuer à détruire le cachet naturel de ce magnifique endroit qui fut jadis la capitale de notre pays, et oblitérer en même temps cette vue sur la Baie de Mahébourg et la Montagne Lion ? On ne verra alors que des bâtiments abritant boutiques, cinémas et restaurants !

Il paraît que la région du littoral sud, où la Nature est pourtant reine, est dans le collimateur de plusieurs promoteurs:  Presk’il, La Cambuse, Le Bouchon, Mon Désert, Pointe d’Esny, Pomponnette …

Tout passe à la trappe, surtout quand il y a la bénédiction qui vient d’en haut. Côté écologie, il faudra repasser…

Nous prenons ici la liberté de citer ces quelques lignes de La Mer blessée, la Méditerranée de Jacques-Yves Cousteau et Yves Paccalet (Paris, Flammarion, 1987) : « Le plus grand péril qui menace la mer c’est la destruction mécanique, le saccage. La pollution ajoute ses méfaits propres aux dégradations physiques : elle tue d’autant plus vite que le milieu a été fragilisé…. La mer est malade du mur de béton, du creusement de nouveaux ports, des usines ‘pieds dans l’eau’, des aéroports conquis sur les vagues, du tourisme de masse, des marinas, des plaisanciers, des résidences secondaires. La mer se meurt parce que nous la maltraitons physiquement, parce que nous attaquons son ventre fragile à coups de pelles mécaniques. »

« Oui, il faut continuer de lancer le cri d’alarme », nous exhorte le commandant Cousteau. C’est ce que nous faisons, avec une pensée spéciale pour les générations futures, en espérant que cela serve à quelque chose pour empêcher ces dégradations écologiques que subit la planète Terre un peu partout, de l’Amazonie à l’Indonésie. Après tout, notre engagement est pour un humanisme universel.