AFREXIMBANK : Produits et services pour soutenir les échanges

La Chambre de Compensation du COMESA souhaite un partenariat avec la banque panafricaine

La Banque africaine d’Import-Export (Afreximbank) a étalé, hier, devant des représentants de la communauté des affaires mauricienne, toute sa panoplie de produits et services en vue d’accroître les échanges commerciaux intra-africains ainsi qu’entre l’Afrique et le monde extérieur. Participant à cette présentation au siège de la BoM à l’initiative de cette dernière, Mahmood Mansoor, secrétaire exécutif de la Chambre de Compensation du COMESA, a exhorté les exportateurs et importateurs locaux à utiliser ce service de règlement garanti des paiements des transactions commerciales.
Pendant environ deux heures, Kamayo Awani et Gwen Mwaba, Managing Director et directrice de la division de Trade Finance d’Afreximbank, et Mahmood Mansoor, de nationalité mauricienne, ont élaboré sur les objectifs et programmes de soutien aux entreprises conçus par ces deux instances en vue de développer les échanges commerciaux intra-africains. S’appesantissant d’abord sur le plan stratégique « Impact 2021 » défini par Afreximbank, Kamayo Awani a expliqué qu’il repose sur quatre piliers : a) le développement des échanges commerciaux intra-africains, b) l’industrialisation du continent, c) la promotion de produits et services axés sur le financement du commerce et d) la solidité financière de l’institution panafricaine. Kamayo Awani a indiqué que l’Afreximbank veut tout mettre en œuvre pour favoriser l’expansion de la production et les capacités des pays africains afin qu’ils ne se contentent pas uniquement de l’exportation de matières premières mais soient en mesure d’apporter de la valeur ajoutée à ces produits de base pour accroître leurs revenus. Afreximbank souhaite créer un cadre facilitateur pour le développement des échanges et veiller à ce que les canaux de distribution soient les plus efficaces possibles.
« Nous nous sommes fixés pour objectif de réaliser d’ici 2021 une progression d’au moins 50 % du niveau des échanges commerciaux intra-africains, qui sont évalués actuellement à 170 milliards de dollars », a indiqué Kamayo Awani. Cette dernière a parlé de la mise en place d’une plateforme de paiements, d’un mécanisme reliant acheteurs et vendeurs, de services logistiques et de parcs industriels ou zones économiques spéciales pour intensifier les échanges. Afreximbank compte également déployer un ensemble de services d’inspection et de certification des produits échangés, organiser des foires commerciales ciblées (la première étant prévue en 2018), entre autres.
Les officiels d’Afreximbank se sont appesantis sur les différents produits financiers de la banque en vue de protéger les opérateurs économiques contre les risques (commercial, politique, légal, de change, etc.). « Quand vous essayez de pénétrer un marché, il faut au préalable s’assurer que tous les mécanismes pour mitiger les risques soient en place », a déclaré Gwen Mwaba. Celle-ci a fait état du mode opératoire d’Afreximbank concernant l’ouverture des lettres de crédit, des facilités offertes par la banque pour garantir les paiements, des opportunités en termes d’octroi de lignes de crédits aux exportateurs et des produits auxquels les banques commerciales peuvent avoir recours pour mieux servir leur clientèle.
Lors de son intervention, Mahmood Mansoor a évoqué les débuts du système de paiement et de règlements des transactions commerciales (REPSS), géré par la Banque de Maurice, et auquel sont rattachées les banques centrales de neuf pays membres du COMESA. Le REPSS, a soutenu Mahmood Mansoor, a été introduit pour faciliter les échanges dans un bloc économique régional de 19 pays comptant aujourd’hui un total d’environ 415 millions d’habitants. Le secrétaire exécutif du COMESA Clearing House a reconnu que les échanges intrarégionaux sont faibles, se chiffrant à environ USD 15,8 milliards en 2015. Même dans le cas de Maurice, a-t-il souligné, les exportations ne concernent en gros qu’un nombre limité de pays (Madagascar, Seychelles, Kenya, entre autres). « C’est là où il nous faut avoir une banque panafricaine pour donner le soutien nécessaire aux exportateurs », a ajouté Mahmood Mansoor.
Ce dernier a fait état d’un projet de participation d’Afreximbank au REPSS, la banque panafricaine pouvant y apporter tout un éventail de produits de garantie des paiements commerciaux. Il a aussi fait remarquer que, grâce au REPSS, les coûts des transactions commerciales intrarégionales sont réduits.