Maurice a non seulement maintenu sa première position, mais a atteint son meilleur score en gouvernance globale à l’indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique, publié aujourd’hui. Ainsi, le pays a obtenu un score de 81,4% en gouvernance globale, se classant au premier rang sur une liste de 54 pays africains. Il a également atteint un score supérieur à la moyenne en Afrique (50,8%) et à la moyenne régionale pour l’Afrique australe (58,6%). Maurice a aussi réalisé son meilleur score de catégorie en développement humain (77,5%) et réalise son meilleur score de sous-catégorie en sécurité nationale (100%) et son score le plus faible en parité est de 65,4%.  
L’indice souligne que Maurice a affiché un « signal d’alerte » en matière de gouvernance globale sur les cinq dernières années. « Elle a progressé en matière de gouvernance globale au cours de la dernière décennie avec une tendance annuelle de +0,34 mais affiche une dégradation en la matière sur les cinq dernières années avec une tendance moyenne annuelle de 0,13 », indique-t-on. Les progrès réalisés par Maurice en matière de gouvernance globale au cours de la dernière décennie résultent de l’amélioration de trois des quatre catégories, à savoir la sécurité et l’État de droit, qui a connu une tendance moyenne annuelle de +0,22, participation et droits  humains et développement économique durable avec une tendance annuelle de +1,10.
L’IIAG de 2017 est publié aujourd’hui par la Fondation Mo Ibrahim. Il révèle que la trajectoire de la gouvernance globale reste positive sur le long terme (2007-2016) au niveau du continent. Néanmoins, le progrès généralement enregistré sur dix ans ralentit au cours de la seconde partie de la décennie. Plusieurs pays ne parviennent pas à soutenir leur progression ou même à inverser leur détérioration. Des signaux d’alerte apparaissent également dans certains secteurs clés pour l’avenir du continent.
« L’Indice 2017 montre que la gouvernance globale continue de progresser sur le continent africain. C’est une bonne nouvelle. Néanmoins, le ralentissement, voire parfois le recul, dans de nombreux pays et dans certains domaines clés de gouvernance, appelle une vigilance renforcée et la poursuite de nos efforts. Sinon, nous pourrions voir s’évanouir les progrès obtenus jusqu’ici », a déclaré Mo Ibrahim, fondateur et président de la Fondation Mo Ibrahim.
Cette 11e édition de l’IIAG examine plus particulièrement la mesure dans laquelle les trajectoires observées au cours des cinq dernières années (2012-2016), tant au niveau des pays que des indicateurs, confirment ou infirment les tendances structurelles de la décennie. Sur les dix années écoulées, 40 pays affichent une progression conséquente en termes de gouvernance globale. Dans la seconde moitié de la décennie, 18 d’entre eux, correspondant au total à 58% de la population du continent, notamment la Côte d’Ivoire, le Togo, le Maroc, la Namibie, le Nigeria et le Sénégal, réussissent même à accélérer le rythme, permettant ainsi au continent d’atteindre en 2016 son meilleur score depuis 2000 (50,8 sur 100). Toutefois, sur les cinq dernières années, au niveau du continent, le rythme annuel moyen d’amélioration de la gouvernance globale ralentit. Sur ces 40 pays, plus de la moitié (22) ralentissent le rythme, comme le Rwanda et l’Éthiopie, voire même basculent vers le déclin, comme Maurice, le Cameroun, Djibouti, le Congo ou l’Angola, sur la seconde partie de la décennie. En outre, pour 8 des 12 pays, dont le niveau de gouvernance globale se détériore sur la décennie, la situation empire en seconde moitié de la décennie, notamment pour la Libye ou la RCA, le Ghana, le Mozambique ou la Mauritanie.
La catégorie “Développement humain” reste celle qui réalise à la fois le meilleur score et le progrès le plus marqué sur la décennie, grâce au progrès conjoint de ses trois composantes : protection sociale, enseignement et santé. Toutefois, ce progrès fléchit sur la seconde moitié de la période. De façon particulièrement préoccupante sur un continent où 41% de la population a moins de 15 ans, la composante “enseignement” marque presque l’arrêt.
Le déclin accéléré de l’indicateur “Services éducatifs” sur les cinq dernières années reflète la sensible détérioration de l’opinion des citoyens africains sur la manière dont leurs gouvernements répondent aux besoins en la matière.
La catégorie “Développement économique durable” est celle qui progresse le plus lentement, tant sur l’ensemble de la décennie que sur les cinq dernières années, même si la tendance se redresse depuis 2014.  Sur la deuxième moitié de la décennie, 22 pays, soit enregistrent un fléchissement de leur progression, comme Maurice et le Rwanda, soit basculent même vers le déclin, comme l’Angola. C’est la composante “Infrastructures” qui tire vers le haut la performance globale du continent, parvenant même à accélérer son rythme de progression dans la seconde partie de la décennie, même si l’indicateur “Infrastructures électriques” continue de se détériorer. En revanche, la composante “Secteur rural” enregistre une détérioration préoccupante sur les cinq dernières années, ce qui pourrait menacer les progrès réalisés au cours de la décennie dans un domaine clé pour la croissance du continent. Il ne reste que 16 pays (représentant 51% de la population du continent et 54 % de son PIB) qui réussissent néanmoins à accélérer leur rythme de progression au niveau de la catégorie “Développement économique durable”.