AGRICULTURE : IPA, « Ne pas abandonner les terres agricoles »

L'Independent Planters Association (IPA) a été formée récemment pour, entre autres, sensibiliser les planteurs à ne pas abandonner leurs terres ou encore former ces derniers à de nouveaux types d'activités et à faire le lien entre eux et les autorités en vue de trouver les moyens de leur venir en aide. Avec 35 membres actifs et une centaine d'autres en soutien, l'IPA veut faire avancer la cause de la communauté agricole dans le pays.
Le secrétaire de l'IPA, Soorajen Manikon, rappelle que dans les années 60/70’, l'agriculture était le pilier économique de Maurice, contribuant alors à hauteur de 26% du PIB, contre seulement 4% actuellement. Puis, l'économie a été diversifiée avec l'industrialisation, le secteur financier et le tourisme, avec pour conséquence un déclin de l'agriculture. « La question qui se pose maintenant est de savoir si l'on doit pour autant négliger le premier secteur ayant généré l'économie de notre pays. Et aussi : avons-nous encore besoin de l'agriculture pour notre développement et notre avenir ? » s'interroge-t-il.
Selon lui, les planteurs sont « découragés » du fait des coûts élevés de production, du manque de main-d'œuvre agricole, des coûts élevés des fertilisants et autres intrants ainsi que des mauvaises conditions climatiques, ceux-ci étant souvent victimes de sécheresses ou de grosses pluies, qui endommagent leurs plantations. Aussi Soorajen Manikon déclare que l'IPA compte sensibiliser les planteurs à ne pas négliger leurs terres, et ce « malgré les contraintes et autres difficultés », estimant qu'il « faut continuer à les cultiver ». Et de poursuivre : « Beaucoup de terres sont actuellement abandonnées, dont des terres fertiles, qu'on peut cultiver. Elles ont été cultivées dans le temps par nos grands-parents et parents, ce qui a amené le progrès et la prospérité dans le pays. »
Autre préoccupation de l'IPA : comment amener les planteurs vers les nouveaux types d'activités que sont la culture hydroponique et bio. Celles-ci sont, selon lui, « très intéressantes », pour autant cependant que l'on forme les planteurs. « Nous devons voir comment les encourager à s'engager dans cette voie de production moderne en sus de la production traditionnelle », ajoute-t-il. L'IPA compte organiser un forum en vue de discuter de ces problèmes qui affectent les planteurs, mais aussi pour conscientiser les jeunes, principalement les enfants des planteurs, à prendre la relève de leurs parents. « Car si cette tendance se poursuit, il n'y aura plus d'agriculteurs dans le pays », laisse-t-il entendre. « Il est temps de s'asseoir tous ensemble et d'étudier les différentes idées et projets à mettre en place pour encourager davantage les planteurs. Nous avons déjà fait part de nos doléances au ministère de l'Agro-industrie. L'IPA demande une réunion avec le ministre de tutelle et avec le Premier ministre en vue de discuter de ces questions », fait-il ressortir.