La culture d’oignons est en difficulté à en croire les planteurs, qui blâment l’absence d’un programme de mécanisation et d’épierrage des terres, la rareté de la main-d’œuvre, le changement climatique, les coûts de production élevés ainsi que l’interdiction imposée par le gouvernement de certains produits chimiques. Kritanand Beeharry, président de la Veggie Farmers Cooperative Society, qui produit des semences d’oignons pour le compte de l’Agricultural Marketing Board (AMB), indique qu’il y a quelques années encore, on visait une production annuelle de 12 000 tonnes. « C’est le contraire qui s’est produit avec une production qui n’a cessé de chuter pour atteindre actuellement les 3 000 tonnes », déclare-t-il.

Pour justifier la baisse de la production d’oignons, Kritanand Beeharry évoque d’abord le changement climatique. « Il pleut à verse depuis ces dernières années, et ce à l’époque où les planteurs mettent les plantules d’oignons en terre. Ce qui fait que beaucoup de ces plantules pourrissent et meurent. Nous dépendons beaucoup sur les semences d’oignons importées, qui coûtent Rs 24 000 l’arpent. Et le coût augmente d’année en année », dit-il, avant d’ajouter que les plantules qui pourrissent provoquent des maladies.

De ce fait, la production baisse. « Des fois, elle peut atteindre jusqu’à 15% de la production totale d’oignons. Or, nous n’avons qu’un seul produit chimique à notre disposition pour protéger les plantes des maladies et des insectes, et il coûte cher. Ces maladies causent énormément de dommages aux oignons. Le gouvernement devrait permettre l’importation d’autres produits chimiques, qui ne se vendent pas cher mais qui sont tout aussi efficaces dans le contrôle des maladies et des insectes, mais aussi des mauvaises herbes, qui représentent l’ennemi numéro un des oignons », fait-il ressortir.