Le Mouvement Autosuffisance Alimentaire (MAA) a lancé récemment un projet de formation à l’agriculture destiné aux élèves des cycles primaire et secondaire, et ce dans le cadre de sa démarche visant à améliorer la sécurité alimentaire dans le pays. Six écoles sont concernées par ce projet de création d’un jardin organique, à savoir les écoles du gouvernement de Mon Désert Mon Trésor (MDMT), Mohabeer Burrenchobay, Rév. Espitalier-Noël, Bois des Amourettes, St-Patrick RCA et le collège France Boyer de la Giroday.
« Nos jeunes s’éloignent de notre environnement et de notre agriculture. Il importe de les intéresser à la terre dans le cadre de la sécurité alimentaire du pays. Ce projet les aidera à apprendre le travail de la terre. D’autant plus qu’ils n’ont rien à investir. Nous leur offrons tout le matériel et autres équipements dont ils ont besoin pour cultiver leurs jardins ainsi que les semences. L’objectif est qu’ils créent leur propre jardin chez eux », lance Eric Mangar, manager de la MAA. Selon lui, cultiver ses propres légumes à la maison équivaut à consommer des légumes bios, sains, frais, nutritifs et accessibles.  
La MAA offre une vingtaine de bacs, une dizaine d’arrosoirs et de grattes, trois sacs de compost ainsi que des semences d’une vingtaine de variétés de légumes à chacune des écoles parties prenantes du projet. Les élèves sont formés à cultiver dans des bacs en plastique, produire leur propre compost ainsi qu’à utiliser des vers pour fertiliser la terre. « Les élèves sont actuellement en plein travail de la terre, veillant, tour à tour, sur les bacs dans lesquels sont cultivés des légumes », déclare Eric Mangar.
Le manager de la MAA avance que personne ne sait de quoi se constituera notre sécurité alimentaire dans les années à venir, dans dix ou 15 ans. « C’est la raison pour laquelle nous formons les jeunes d’aujourd’hui à l’agriculture. Nous leur offrons des outils pour qu’ils puissent développer une passion pour la terre. Comment feront-ils si, un jour, il n’y a plus de nourriture dans le pays ou qu’on ne peut en importer pour une raison ou une autre ? » s’interroge notre interlocuteur. Eric Mangar estime qu’avec ce projet, les jeunes peuvent non seulement améliorer leur sécurité alimentaire, mais aussi la qualité de leur vie. « Dans le contexte social, ils pourront aussi prévenir les fléaux sociaux et, surtout, en consommant des légumes sains, les maladies non transmissibles. Nous voulons que le travail de la terre devienne un style de vie à Maurice », ajoute-t-il.
Eric Mangar appelle les autres écoles, primaires et secondaires de l’île, à se joindre à ce projet, qui est appelé à devenir selon lui le meilleur garant pour la protection de nos ressources génétiques. « N’oublions pas que celles-ci disparaissent dans notre pays et que ce sont les jeunes qui peuvent aider à protéger ce qui reste comme ressources génétiques en lançant des microprojets partout dans le pays », fait-il ressortir.