La secrétaire générale de la Chambre d’Agriculture, Jacqueline Sauzier, estime que les agriculteurs, dans leurs opérations aux champs « utilisent trop de pesticides ; il y a moyen de réduire leur utilisation ». La Chambre d’Agriculture s’est lancée récemment dans le projet « Smart Agriculture » dans le but de réduire l’utilisation des produits chimiques dans l’agriculture. Une vingtaine de fermes pilotes seront créés à cet effet.
S’entretenant avec Le Mauricien, Jacqueline Sauzier ne blâme pas les agriculteurs qui sont accusés de préparer et d’utiliser des « cocktails mirobolants » de pesticides. « Ils font ça parce qu’ils n’ont pas d’alternatives. Il leur manque de main-d’oeuvre pour épandre ces produits ; ils n’ont la main-d’oeuvre qu’une fois par semaine. Je ne les blâme pas, je dis que l’environnement actuel de l’agriculture ne leur donne pas la possibilité de faire autrement », déclare-t-elle.
Les agriculteurs, estime notre interlocutrice, ont envie de changer leur façon d’opérer mais ils ne savent pas vers qui se tourner pour apprendre des pratiques différentes. « Il leur manque de la formation parce que le FAREI est understaffed. Donc, l’accompagnement ne se fait pas bien ». Jacqueline Sauzier indique que dans ce cas, les agriculteurs prennent conseils avec leurs pairs ainsi qu’auprès des vendeurs de produits chimiques. « Ces conseils concernent l’utilisation de ces produits, mais pas vers les raisons qui font que les agriculteurs se soient retrouvés avec telle ou telle maladie dans leurs champs », dit-elle, avant d’estimer que les agriculteurs sont aujourd’hui « complètement perdus et utilisent des produits chimiques sans vraiment comprendre la raison derrière ».
La secrétaire générale de Chambre d’Agriculture dit constater qu’il y a un besoin de la part des agriculteurs d’avoir plus de connaissances, qu’ils ont envie de changer et qu’il y a une lacune de la part des autorités. « Il faut répondre à ce besoin qui est d’améliorer l’offre de formation et de présence sur le terrain ».
La finalité de la démarche de la Chambre d’Agriculture, dit Jacqueline Sauzier, est de réduire l’utilisation des produits chimiques dans l’agriculture. « C’est aussi de pouvoir dire aux consommateurs que nous n’avons pas abusé de pesticides, nous n’avons utilisé que le juste nécessaire. La cerise sur le gâteau sera les produits bio lorsque nous serons en mesure de dire que nous n’avons pas utilisé de produits chimiques mais seulement de produits biologiques dans la lutte contre les nuisibles dans l’agriculture », fait-elle ressortir. Mais pour atteindre cette étape, il faudra passer d’une agriculture chimique « que tout le monde connaît, à une agriculture raisonnée (smart agriculture) ». « Ainsi, on va mieux comprendre l’écosystème et l’environnement, avoir une meilleure identification des nuisibles, une meilleure connaissance de la pluviométrie et de la qualité des terres, des parasites, des araignées, des coccinelles qui peuvent venir aider à contrôler les espèces nuisibles », conclut-elle.