Alors que Maurice s’apprête à répondre aux défis de la sécurité alimentaire, l’Inde est prête à lui offrir son expertise pour limiter l’utilisation de produits chimiques. La Grande Péninsule s’est orientée vers l’utilisation de produits biologiques pour assurer une meilleure santé de sa population.

« Maurice doit utiliser des produits bio pour l’agriculture et éviter d’avoir recours à des engrais ou des pesticides chimiques dans la culture de légumes », a soutenu Pritpal Singh Pannu, président de l’India Mauritius Trade and Cultural Forum, lors de l’ouverture d’un forum sur l’agro-industrie, mercredi matin à l’hôtel Intercontinental à Balaclava. Selon lui, ces produits chimiques sont « la cause de maladies, telles le cancer ». Pritpal Singh Pannu relate que les agriculteurs indiens utilisaient abondamment des produits chimiques dans leurs cultures car le pays souffrait d’une insuffisance en légumes. « C’était un réel problème en Inde. Mais avec la révolution verte, le changement est venu », a-t-il souligné, ajoutant que beaucoup de personnes ont souffert du cancer.

Il a avancé que, de nos jours, les produits bio sont « les plus utilisés » dans les plantations en Inde. D’où l’appel lancé aux Mauriciens pour réduire l’usage de pesticides et se tourner davantage vers les nouvelles technologies pour les aider à cultiver. « Nous avons toutes les technologies dans le domaine de l’agriculture. Nous pouvons offrir les meilleures technologies et former les agriculteurs locaux ».

Pritpal Singh est issu de la ville de Karnal, considérée comme le centre agricole de l’Inde, car, dit-il, toutes les institutions ayant un lien à l’agriculture y sont basées. « Nous pouvons envoyer nos meilleures personnes-ressources de l’Inde pour former les Mauriciens sur les tendances actuelles du secteur », a-t-il suggéré. « Si on veut diversifier, il faut de la nouvelle technologie et la formation ». La formation et la technologie, selon lui, seront bientôt octroyées aux Mauriciens. « Nous voulons que cette collaboration permette d’offrir des légumes sans produits chimiques à la génération future ».

A chaque passage de cyclone, le pays se trouve en manque de légumes et leurs prix prennent souvent l’ascenseur. Conscient de ce problème, Pritpal Singh Pannu confirme en avoir discuté avec ses collaborateurs en arrivant à Maurice. « On peut répondre aux défis du changement climatique à travers la technologie pour sortir de ce problème », estime-t-il.

Pour Mahen Seeruttun, ministre de l’Agro-industrie, cette collaboration avec la Grande Péninsule est « essentielle » au développement du secteur agricole mauricien. Il a évoqué, dans la foulée, la création d’un agri-business park. Mahen Seeruttun est d’avis qu’il « faut adapter sa manière de produire des légumes au changement climatique ». « Nous allons appliquer leurs expériences dans le contexte local pour améliorer notre production locale ». Le ministre a, en outre, mis l’accent sur l’assurance de la sécurité alimentaire face au changement climatique, d’où l’importance de « produire des semences plus résilientes ».