Le ministre de l’Agro-industrie Mahen Seeruttun présentera en début d’année un plan pour le développement du secteur agricole, particulièrement non-sucrier. Les filières des légumes, des fruits, des forêts et de l’élevage sont concernés.
C’est suite à plusieurs réunions de travail tenues avec les agriculteurs durant l’année écoulée que Mahen Seeruttun souhaite donner une nouvelle orientation « à ce secteur qui nourrit la population ». Il ajoute : « Nous importons environ 80% de notre alimentation de l’étranger. Nous devons être en mesure d’augmenter notre production locale afin de réduire notre trop grande dépendance sur l’international. »
Selon le ministre, de « grandes opportunités » existent dans le secteur du thé, et ce grâce aux demandes croissantes pour les différents types de ce produit. « La Chine, qui est un grand consommateur de thé dans le monde, veut acheter notre thé. Il nous faut saisir cette opportunité », fait-il ressortir, en rappelant le lancement, il y a 15 jours, d’un thé chinois produit à Maurice, le “Kuanfu-Tea”, par un entrepreneur chinois, après trois années de préparation. « Cet entrepreneur chinois s’est engagé à faire revivre l’industrie mauricienne du thé », dit-il.
L’élevage, autre filière économiquement très importante pour le pays, vise principalement la production de la viande et du lait. « Ce secteur, trop longtemps délaissé, doit connaître un changement drastique pour le sortir d’un système révolu, voire même archaïque, en vue de professionnaliser ses activités afin d’augmenter la production laitière et de la viande bovine, ovine, porcine, caprine ainsi que celle de poulet », avance le ministre, avant de signifier son intention de développer l’élevage de dindes, de canards et de lapins. Un grand nombre d’éleveurs ont abandonné ce secteur en raison de la fermeture de l’usine d’alimentation du bétail. « Nous comptons la rouvrir », indique-t-il.
Ce plan agricole concerne également les forêts, où les autorités ambitionnent de planter 100 000 arbres par an pendant les cinq prochaines années pour augmenter la superficie sous couverture de forêts de 2 à 12%. « Il nous faut sauver notre héritage naturel pour les générations futures », souligne-t-il. Selon lui, le gouvernement veut améliorer l’environnement du pays, où la faune et la flore prospèrent en harmonie avec le développement économique. « Nous oublions souvent l’importance des forêts dans notre vie quotidienne », indique le ministre. Citant les statistiques officielles de 2009, il indique que la superficie totale sous couverture des forêts à Maurice s’élève à 47 000 hectares, dont 22 000 appartiennent à l’État et 25 000 au secteur privé, contre 57 000 hectares en 1995, soit 23 000 à l’État et 34 000 au privé, démontrant ainsi une diminution de 10 000 hectares de forêts entre 1995 et 2009.
Mahen Seeruttun parle aussi du secteur de la floriculture « qui demande à être développé », tout en rappelant « la première place occupée autrefois par Maurice dans l’exportation d’anthurium ». Le plan vise aussi à encourager les jeunes à intégrer le secteur agricole non-sucrier.