John Colin et Jordy Vadamootoo, qui encadrent ici Merven Clair, ne peuvent bénéfi cier de leur bourse olympique

La boxe mondiale vit actuellement des moments difficiles avec la suspension d’aide du Comité international olympique (CIO). Et ce, suite à la nomination de l’Ouzbek Gafur Rakimov en tant que président par intérim de l’Association internationale de boxe amateur (AIBA) lors du congrès extraordinaire tenu à Dubaï en janvier dernier.

La suspension d’aide affecte la boxe mauricienne, du fait que John Colin et Jordy Vadamootoo ne peuvent toucher leurs allocations, bien que bénéficiant d’une bourse olympique, tandis qu’aucun boxeur ne peut recevoir les allocations de Rs 5 000 offertes aux potentiels médaillés d’or des prochains Jeux des îles. Cette initiative du Comité olympique mauricien (COM) ayant bénéficié de l’apport de la Solidarité Olympique. De ce fait, le congrès électif prévu à Moscou les 2 et 3 novembre devrait se révéler déterminant à plus d’un titre.

Les représentants des différentes fédérations accorderont-ils leur soutien à Gafur Rakimov, considéré comme un «personnage controversé et notoire» par le CIO ? Lui qui avait succédé à l’Italien Franco Falcinelli. Feront-ils confiance au Kazakh Serik Konakbayev, président de la Confédération asiatique et de la Commission Jeunes et athlètes de l’AIBA, médaillé d’argent aux Jeux Olympiques de Moscou en 1980 et désigné meilleur boxeur de la planète l’année suivante ? Si Rakimov rafle les suffrages, il demeure évident que le CIO pourrait prendre des actions plus drastiques, comme par exemple le retrait pur et simple de la boxe au programme des Jeux Olympiques. Reste que l’AIBA a promis de la transparence lors de ce scrutin.

D’ailleurs, on avance avec persistance le fait que le nombre de catégories dans le cadre des Jeux Olympiques 2020 à Tokyo pourrait être réduit de dix à huit chez les hommes, et connaîtra une hausse au niveau féminin pour atteindre cinq. Cela afin de respecter l’égalité des genres. Toujours est-il qu’Indiren Ramsamy, président de l’Association mauricienne de boxe (AMB), qui sera présent au congrès, veut un retour à la normale en termes de relations entre l’AIBA et le CIO. «Il ne faut pas que les boxeurs soient pénalisés, d’autant qu’ils ont besoin de soutien dans le cadre de leur préparation pour les Jeux des îles. Il ne faut pas que l’absence de motivation et le découragement prennent le dessus», souhaite-t-il.

Cette suspension d’aide a également été évoquée au cours de la remise de chèques aux potentiels médaillés d’or aux JIOI, mercredi dernier au siège du COM à Trianon. Visiblement ému et arrivant difficilement à retenir ses larmes, Philippe Hao Thyn Voon, président de cette instance, a souhaité que cette suspension soit bientôt levée. «Je suis triste que les boxeurs, dont certains sont employés au sein de ma compagnie, ne figurent pas sur la liste de bénéficiaires. Il faudra trouver un moyen de les aider dans leur préparation pour les JIOI». Stephan Toussaint, ministre de la Jeunesse et des Sports, avait de son côté fait remarquer que les boxeurs ne doivent pas payer les conséquences. D’où un appel à des commanditaires potentiels.

Pour rappel, John Colin et Jordy Vadamootoo, tout comme dix autres sportifs, avaient bénéficié d’une bourse olympique, soit $ 500 (environ Rs 17 500) mensuellement jusqu’aux prochains Jeux Olympiques. Ces deux boxeurs auraient également pu prétendre à l’allocation du COM au même titre que Richarno Colin, Merven Clair, Jean-Luc Rosalba et Cédric Olivier, entre autres.