Akoz enn zokris…

“Ki sa kouyonad metro-la, sa ? Bour fly-over partou ! Anbouteyaz ava sese”, s’est exprimée la sagesse populaire dans un accès de frustration. Qu’ajouter d’autre pour synthétiser in situ ? Nous sommes gouvernés par la connerie de quelques hommes, sans cervelle ni cœur. Un vieux gosse de riche, présomptueux et méprisant. Ça fleure le soufre des émeutes. Akoz enn zokris. Un “imposteur” cherchant contenance ? Je ne voudrais pas avoir à l’écrire. Avons-nous vu rôder des “charognards” politiques dans les parages, par le tapage alléchés ?

La bonne humeur serait indécente. Indignation sur les murs des Friends. “Desann touzour… mo vini la.” Appels séditieux du pied. Et velléité de “descendre” sur le chemin. Et ce spectre d’explosion prolétaire qui blanchit mes nuits. Nantis et autres notables doivent s’entretenir avec celui par lequel la connerie s’est hissée au pouvoir. Qui sera effondré lorsque les pauvres frustrés de misère et les courroucés feront une razzia à l’hypermarché. Emplettes au frais du frigo.

Ces pensées surchauffent les esprits. Ceux du petit et du moyen peuple. Et l’on choisit ce moment-là même pour annoncer la hausse du riz basmati. “Dir li, pa zwe ar lasiet douri malere, sinon… so dal napa pou kwi.” Un zeste d’humanisme serait salvateur. Au cas contraire, certaines personnes se retrouveront avec une crise sociale aggravée sur les bras. Se souviendra-t-on du métro comme la kulchoul d’eau qui aura fait déborder la vasque ? Que de maladresses !

Que faire pour pacifier les tensions ? Légaliser marie-jeanne paraîtrait aussi maladroit ! Saurons-nous sauver les meubles alors que s’écroulent des pans de maisons ? Retenons que démolir sans l’ombre d’un scrupule ces maisons édifiées à la sueur du front et déraciner le lien affectif pour une modernité dont nous n’avons pas trop besoin, est une connerie monumentalesque. Où est passée la compassion dans cette sordide histoire ? Insupportable légèreté de l’être… Et du néant.

Quel est ce connard qui conseilla le rasage des maisons, le jour du sacrifice d’Abraham ? On ne pouvait mieux choisir pour craquer une allumette. Et ainsi foutre le feu aux foudres. Serait-ce là l’expression d’une pyromanie rentrée ? Un acte froidement prémédité, un hara-kiri politique ? Je préfère ne pas le savoir ni le voir. Mais de grâce, prenons bien soin de ne pas remplacer un veule écervelé par un jouisseur majakarena.

Un conseilleur avisé ne pourrait-il point déconseiller au petit de foncer avec tant de conviction dans le mur ? Renverser la vapeur avant que la chaudière ne pète ? Rendez-nous ce service, vous qui êtes payés des deniers publics (autrement dit, par notre pognon). Cela nous ferait l’économie de froisser le délicat tissu social.

Des connaisseurs ont évasivement suggéré que notre système politique est à bout. À bout de course. Ceux-là appellent de leurs vœux inavoués à une explosion; salutaire pour la régénération du système vicié. Peut-être notre unique viatique. Faut donc que ça gicle comme un abcès purulent au soleil. Vers janvier 2018 ? Ou la veille du cinquantenaire indépendant, en souvenir de 68; ou en février pour se remémorer 99 ?

En ce point, la partielle quatrebornaise est essentielle. Une promesse de sang et d’idées neufs. Ceux-là n’ont pas intérêt à se viander; ce serait s’envoyer sur les roses, dans la ville des fleurs et des épines. Aussi belle qu’est la rose en fleur qu’espère cueillir le petit métro… nommé désir pressant.

Après les cases, que casser d’autre à grand recours de sauvages engins ? Ce tracé est sans strass. Rien que du stress. Une insolvable envie de modernité barbare. Pour crâner auprès de qui, au juste ? J’en connais un qui sera bouté hors du wagon par le train. Celui-là ne semble toujours pas entrevoir le sort qui lui est promis.

À moins que… À moins que se sachant vouée aux gémonies, “une incertaine personne” veuille “profiter” un maximum. Traire la vache et assécher ses pis. Et tant pis pour qui aura cru au messie de pacotille. Aux zokris. Aux minus. Terminus ! Tout l’monde descend !