Au port de l’esquif de papier sont ancrés des souvenirs d’enfance. Des sensations sensibles et universelles consignées par un jeune infirmier. Le poème d’Alain Fanchon connaît à présent une folle aventure dans un monde littéraire charmé par la profondeur de Ti bato papie. Une allusion à la fragilité de notre existence.
Janvier 1968. La rue La Paix n’a jamais aussi mal porté son nom. Époque sombre. Des événements toujours gravés dans la mémoire d’Alain Fanchon, un gosse de seulement cinq ans dans un Port-Louis traversé de peur. Lors d’une trêve, ses parents, jusqu’ici barricadés, se réfugient chez des proches à Beau Bassin. Après la dissipation des tensions dans les artères, la famille Fanchon regagne un autre quartier du Port-Louis apaisé.
Alain gambade avec ses petits camarades, se perd dans ses pensées, et flotte sur les nuages de ses rêveries d’enfant nourries de comics (Blek ou Zembla). Des revues de location alors à la mode. Ces publications passent de main en main, au temps où la jeunesse aimait lire et s’échangeait des bandes dessinées. La télévision venait de faire son apparition et se regardait, pour beaucoup, à travers la fenêtre donnant sur le salon voisin. À l’adolescence, le jeune Fanchon se plaisait à puiser des ouvrages dans une boîte en carton et à les relire. À la recherche du plaisir des premières fois.