Par manque de temps et de volonté, les aliments transformés, voire ultra-transformés (AUT) occupent une place de choix dans les habitudes alimentaires des Mauriciens. Très goûtés, ils aguichent par leur facilité d’emploi. La diététicienne Vanesha Bhogun-Ramnarain fait le point sur ces produits qui ont la cote, mais qui présentent de réels risques sur notre bien-être et notre santé.

Envahissant les rayons des supermarchés, les aliments transformés ne nous veulent pas que du bien. Un aliment transformé est celui “qui a subi une transformation à plusieurs étapes et qui n’est plus dans sa forme brute ou à l’état frais”, souligne Vanesha Bhogun-Ramnarain, spécialiste en nutrition. Dans les aliments bruts, on trouve les poissons, les viandes, le lait, les fruits, les grains secs ou les légumes. Les aliments transformés se déclinent en légumes et fruits en conserve, pains obtenus à partir d’une fermentation, jambons cuits, poissons fumés, etc. “Ils sont passés par un traitement doux, qui ne dénature quasiment pas leurs propriétés et permet de les conserver.” Cela comprend des aliments ou les méthodes de conservation telles que le salage ou la fermentation avec du sel.

Les plus dangereux sont les aliments ultra-transformés (AUT.) “Au contraire du riz blanc, qui est raffiné, le riz complet (brun) possède des propriétés nutritives supérieures, étant riche en vitamines du groupe B, en fibres et en minéraux. Le sucre, le pain, la farine, etc., qui subissent un processus de raffinage, sont dénaturés de leur apport premier.” Ce sont des aliments qualifiés d’ultra-transformés car ils sont obtenus à partir de traitements plus agressifs, qui modifient leur impact nutritionnel.

Propriétés naturelles perdues.

Un aliment transformé présente un arôme naturel modifié qui a comme effets de l’intensifier, le ramollir et le changer complètement. Ce faisant, les propriétés naturelles sont perdues alors que sont présentes de fortes concentrations de matières grasses totales, de graisses saturées, de sucre et de sodium. Dans cette catégorie d’aliments transformés, nous retrouvons également des produits de confiserie et de la restauration rapide, des boissons sucrées, des soupes en conserve, des burgers, des saucisses surgelées…
Certaines méthodes de transformation industrielle aident à la conservation des produits et augmentent la qualité nutritionnelle des aliments. Dans la plupart des cas, “ces méthodes de transformation peuvent avoir un impact négatif car elles offrent un profil nutritionnel moins profitable sur la santé”, confie la diététicienne. Leur consommation fréquente contribue à une alimentation moins équilibrée et peut augmenter les risques de développer des maladies chroniques : diabète, maladies cardiovasculaires, cholestérol, hypertension et certaines formes de cancer. “Diminuer votre consommation de sel, de sucre et de gras est un moyen de réduire les effets néfastes de ces aliments sur votre corps et de prévenir l’apparition de ces maladies.”

Un mode de vie différent.

Vanesha Bhogun-Ramnarain souligne que l’origine de nombreux cancers reste méconnue. “Difficile de déterminer dans certains cas si cela est dû aux additifs, antioxydants, pesticides. L’industrie de la consommation donne la garantie sur la qualité d’un produit lors du processus de production. Mais au coût où ils sont commercialisés, nous pouvons avoir de sérieux doutes sur ces garanties.” Autre désagrément à noter : par manque de fibres naturelles, “ces produits provoquent des hémorroïdes chez beaucoup de personnes”.

La nutritionniste conseille de privilégier les recettes maison autant que possible, “tout en étant conscient que le manque de temps joue un rôle clé. Sur le long terme, il est préférable de conserver des produits frais, comme des fruits de saison, confitures, marmelades, etc. Au quotidien, il y a définitivement moyen de leur substituer des produits moins transformés et plus sains”.

Il est important d’identifier le type d’aliments et de boissons que nous choisissons pour éviter la consommation d’AUT. Il est conseillé de bâtir son alimentation sur des produits peu transformés. Choisissez des aliments crus qui ont n’ont pas connu de grosses modifications chimiques, car leurs propriétés nutritionnelles sont intactes. Tournez-vous par exemple vers plus de fruits, de légumes, de haricots, de noix, de graines ou du maïs qui ont été séchés, congelés, broyés ou fermentés sans l’ajout de graisses, de sucres ou de sel.

“Connaître et apprendre est la première étape pour savoir comment nourrir notre corps et évoluer vers un mode de vie différent”, conclut la diététicienne.

Indices d’altérations chimiques pour identifier si votre aliment est modifié ou pas

Colorants : Ils contiennent des produits chimiques et naturels et leurs fortes concentrations génèrent une irritation intestinale.
Conservateurs : La plupart d’entre eux sont des produits chimiques. Parmi les naturels, on trouve le sel et le vinaigre.
Antioxydants : Ils préviennent la détérioration des aliments due à l’oxydation, prolongeant artificiellement leur durée.
Régulateurs d’acidité : Ils cherchent à réguler le goût des aliments naturellement acides.
Stabilisants : Ils aident les huiles à se dissoudre dans l’eau, en formant de nouvelles émulsions qui prolongent leur durée de vie.
Anti-agglomérants : Ils empêchent la farine de durcir ou de se compacter en raison de l’excès d’humidité.
Édulcorants : Ils augmentent artificiellement le goût des aliments et nuisent à la santé.