Dans le cadre de la Journée Internationale pour l’Elimination de la discrimination raciale, l’ONG Alternative Action (AA) a tenu un point de presse afin de mettre en lumière les divers problèmes existants et les actions pour l’avenir.

Les membres de cette organisation déplorent le manque d’intérêt de l’État et des différents organismes dans le pays vis-à-vis de cette journée mondiale. Ils souhaitent que certains systèmes soient revus, notamment le Best Loser System (BLS) à travers lequel un candidat se présentant à des élections générales doit déclarer la communauté à laquelle il appartient. « En 2012, le Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies avait décidé que le BLS est une violation de nos droits fondamentaux sous la Constitution », a fait ressortir Jérôme Dupré, porte-parole de l’ONG.

Cette ONG a vu le jour suite aux dernières déclarations à relent raciste de l’ex VPM Showkutally Soodhun. Les politiques ont introduit un système communalisme, qui au fil du temps est devenu leurs fonds de commerce et , aujourd’hui, un demi-siècle après l’indépendance, tous les partis politiques traditionnels défendent ce désordre, estiment les membres de Alternative Action.  » Apre 50 ans, ena dimoun ki enkor pense ki discrimination raciale li normale, ki li dan nu constitution mais se bann politiciens ki finn fer sa vinn enn system », disent-ils.

Pour commémorer cette journée internationale, l’organisme traduit en kreol morisien, la Convention internationale sur toutes formes de discrimination. Cette action sera suivie d’une campagne de sensibilisation à travers le pays afin que la population puisse mieux comprendre que la discrimination raciale est illégale. Une page Facebook sera également dédiée à ce problème.

Parmi d’autres actions à venir: un appel à témoins pour une audition privée des Mauriciens, afin de dénoncer les diverses formes de discrimination dans tous les secteurs du pays. Cet exercice sera bouclé au plus tard fin mai 2018.

Suite aux auditions compilées, un rapport alternatif sera soumis au Comité des Nations Unies qui doit considérer le cas de Maurice en août 2018. « Nou oule ki la population, bann victimes donne zot version, nu atane enn retour du rapport des Nations Unies vers septembre ou octobre 2018″, indique Jérôme Dupré. 

AA lance aussi un appel aux ONG, syndicats, acteurs économiques et sociaux et à la population en générale y compris à Rodrigues et  Agalega pour contribuer et participer à ce combat.