Intervenant hier à l’African Leadership University (ALU) Grand Opening Celebration Gala Dinner à l’hôtel Maritim, à Balaclava, la Présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim, a entre autres fait un vibrant plaidoyer pour la promotion de la science, de la technologie, de l’ingénierie, des mathématiques et de l’entrepreneuriat en l’Afrique subsaharienne pour réduire la pauvreté et booster le développement socio-économique.
« Le temps est venu pour les nations africaines subsahariennes de faire un effort concerté pour mobiliser une éducation tertiaire de qualité, la science et la technologie pour le développement durable du continent », a, en substance, plaidé Ameenah Gurib-Fakim. « Je suis convaincue que la transformation sociale et économique du continent africain viendra lorsque l’éducation tertiaire, un meilleur accès aux soins de santé et un plus grand accent sur les connaissances seront au centre des débats sur le développement, et cela, pour des raisons évidentes. » La Présidente de la République intervenait devant une assistance composée de la Chancellor de l’African Leadership University (ALU), Graça Machel, du Professeur Pamela Gillies, Vice-Chancellor de la Glasgow Caledonian University (GCU), de Donald Kaberuka, président de l’ALU Global Advisory Council, du CEO de l’ALU, Fred Swaniker, du personnel administratif et académique de l’African Leadership College, des étudiants de l’ALU et de nombreux invités, tous réunis sous une marquise dressée dans la cour des Ruines de Balaclava, à l’hôtel Maritim.
Ameenah Gurib-Fakim a demandé aux gouvernements africains de se joindre aux efforts internationaux pour promouvoir la recherche et le développement en intensifiant le financement de ce secteur. « En augmentant les investissements gouvernementaux dans la science et la technologie, nous rendrons un grand service en élaborant l’agenda de la recherche qui répondra aux attentes du Continent Noir », a-t-elle expliqué. L’intervenante a aussi dit sa « conviction » que les investissements dans le domaine de la science, la technologie et l’innovation auront pour résultats : la découverte de sources d’énergies propres et renouvelables ; une amélioration des soins de santé et de l’éducation ; une meilleure adaptation aux changements climatiques ; la promotion d’une alimentation améliorée ; de meilleures récoltes ; une meilleure provision d’eau potable et une meilleure gestion des sols agricoles. « En tant que scientifique, académique et ancienne entrepreneuse, je me suis engagée à me servir de ma chaire pour plaider pour plus d’investissements dans une éducation de qualité, la science et la technologie et promouvoir la cause de mobiliser des soutiens plus forts pour la recherche et le développement », a-t-elle indiqué.
La Présidente a estimé par ailleurs que les systèmes d’éducation tertiaire en Afrique subsaharienne doivent largement se focaliser sur la science, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques (le fameux STEM), « car ce dernier doit être placé à l’avant-plan et au centre de nos efforts de développement et de notre agenda ».
Parlant de la jeunesse, Ameenah Gurib-Fakim a précisé que 50 % de la population d’Afrique subsaharienne est âgée de moins de 25 ans, et que chaque année, durant les prochaines décennies, « 11 millions de jeunes gagneront le marché du travail ». Et de poursuivre que les TIC aident également à promouvoir la bonne gouvernance en Afrique, rationalisant la prestation des services publics, encourageant une participation croissante des citoyens dans la gouvernance et contribuant à augmenter la transparence, l’efficience et l’accountability. « Il devient de plus en plus évident que les investissements dans la science, la technologie et l’innovation ne sont plus une option », a-t-elle martelé. « Et, pour absorber ces jeunes hautement qualifiés qui sortent des universités, une culture d’entrepreneur est fondamentale », a ajouté la Présidente. Dans ce contexte, elle s’est félicitée de la vision commune entre l’ALU et la République de Maurice. « Maurice, comme l’ALU, entrevoit un avenir d’une éducation globale, qui rapproche non seulement les grands esprits, mais également les diverses grandes cultures. »
Dans son intervention, le CEO de l’ALU, Fred Swaniker, a comparé son projet universitaire (voir encadré) au projet du président John Fitzerald Kennedy, au début des années 1960, d’envoyer des humains sur la lune. « Un projet fou, qui, à l’époque, a défié l’imagination ».
Pamela Gillies et Graça Machel sont également montées sur scène, où cette dernière s’est bienveillamment prêtée aux questions de la première sur sa vision de l’Afrique.
Les invités ont aussi eu droit à une prestation du Grammy Award-winning Artist Hugh Masekela. Les différentes interventions étaient entrecoupées de numéros culturels des étudiants de l’ALU. Veda Sunassee, Director of Student Life à l’ALU, a officié comme maître de cérémonie.