Le Mauritius Turf Club est sorti de son silence ce matin par le biais d’un communiqué de presse. Cette missive sur laquelle travaillent les administrateurs depuis qu’ils ont pris connaissance du Finance Bill, qui propose des amendements majeurs à la GRA Act, visant à enlever l’essentiel de ses pouvoirs au Mauritius Turf Club, se veut être une explication des enjeux, une demande d’attente et un appel au dialogue.
Ce communiqué a eu le soutien des entraîneurs, de l’association des propriétaires, des palefreniers et de tout le personnel du MTC, que la direction du club a rencontrés ce matin pour expliquer les raisons derrière une telle démarche. Il va sans dire que depuis l’annonce des amendements, le monde hippique ne cachait pas son inquiétude quant à l’avenir de l’industrie elle-même. Lors de la réunion de ce matin, l’unanimité s’est faite pour faire bloc autour de la direction du club. Des actions diverses ont été proposées, comme une manifestation publique contre les amendements lors de la prochaine journée.
Selon l’un des membres de l’assistance ce matin, le gouvernement serait prêt à faire machine arrière à deux conditions : d’abord que le président actuel du MTC se retire et que le club évolue vers une compagnie privée. Le fait d’arme de cette matinée a été la déclaration d’un des plus anciens entraîneurs au Champ de Mars selon lequel ce sera l’occasion pour lui de fermer son écurie si les amendements étaient votés. Ce qui ne devrait pas plaire ses nombreux fans à travers le pays.
Hormis les pouvoirs qui lui seront enlevés et sa mise sous tutelle par la GRA, qui n’a montré aucune compétence en la matière, le MTC craint que sa viabilité économique soit mise en cause par le fait que la GRA fixera les redevances entre le MTC et ses contractuels. Ce fait est considéré comme une atteinte à la liberté contractuelle et contraindra le MTC à céder ses droits intellectuels sur son programme officiel.
Dans son communiqué, le MTC rappelle qu’en tant qu’organisateur des courses depuis plus de 200 ans, il a réussi à faire perdurer cette activité sportive et sociale en la maintenant de tout temps comme étant l’activité la plus populaire des Mauriciens en général.
Par ailleurs, le MTC met en exergue le fait qu’elle est la seule « Recognised Horseracing Authority » à Maurice de par son affiliation à la Fédération Internationale des Autorités Hippiques (FIAH). Toute ingérence étatique est de nature à suspendre cette accréditation internationale et conduire l’hippisme mauricien sur la liste des pays bannis.
La FIAH a par ailleurs, en début de semaine, assuré le MTC de son soutien dans cette nouvelle secousse étatique dont il est victime. La FIAH souligne que son soutien sera le même que celui de 1999, qui spécifiait clairement qu’elle ne reconnaît que le MTC comme autorité hippique mauricienne et qu’aucune autre autorité hippique locale ne pourrait être acceptée si elle n’est pas soutenue par le MTC.
Soulignons que par le biais d’un communiqué adressé à notre confrère Week-End, les commissaires britanniques Richard Parry, Ben Gunn et Paul Scotney, qui avaient piloté les rapports sur la commission d’enquête sur les courses hippiques et le rapport d’implémentation, soutiennent que les dispositions du Finance Bill ne sont pas dans la ligne de leurs recommandations pour une refonte du paysage hippique mauricien : « None of the proposed amendments to the Act reflect the fundamental changes recommended by the Commission of Inquiry in 2015 or the subsequent Consultants’ Report in 2016 which were principally designed to create an independent authority to regulate and govern Horseracing in Mauritius as well as propose changes to the betting laws of the country to address the corruption in such matters. »