ANDRÉ BONIEUX (Senior Partner de PwC Mtius) : « The tone from the top must be right »

Les leaders politiques doivent pouvoir donner le bon exemple en matière de lutte contre la corruption. « The tone from the top must be right », déclare André Bonieux, Senior Partner de la firme d'experts-comptables PwC, qui se prépare à passer le relais l'année prochaine à Anthony Leung Shing. Observateur attentif et averti de la vie socio-économique du pays, il considère qu'il y a une certaine opacité autour du projet Metro Express. Revenant sur l'affaire BAI, André Bonieux argue que ce cas ne peut être collé uniquement sur le dos des auditeurs externes et souhaite par ailleurs que le Code national de bonne gouvernance aide à l'amélioration de la transparence dans la gestion de nos entreprises. 

 

Changement à la tête du gouvernement, affaire Sobrinho, démission au sein de l'équipe ministérielle, Metro Express, grèves de la faim, revendications syndicales et populaires plus pressantes... Les évènements se succèdent à un rythme rapide dans le pays depuis le début de l'année. Quelle est votre lecture de ces développements ?
Que nous sommes encore une jeune démocratie avec certains dysfonctionnements et une économie de village en pleine restructuration. Le dossier qui personnellement m’intéresse le plus est celui du métro. Le plus important pour moi reste l’impact du projet sur les fonds publics et, par conséquent, sur le contribuable. À ce jour, le gouvernement n’a malheureusement pas partagé l’étude des Singapouriens sur le projet et il est très difficile de savoir les différentes hypothèses retenues pour le modèle opérationnel ainsi que les divers déficits prévus. 
Le fait que l’Inde financera sans retour une partie importante du projet aidera évidemment à la viabilité du projet mais malgré tout, il me semble que plus de transparence ne peut qu’aider autant le gouvernement que les observateurs. Le fait que même le parlement n’a pas été tenu au courant de certains aspects critiques du projet me désespère.
L’autre dimension intéressante du projet Metro Express sera un péage éventuel à l’entrée de Port-Louis. Ce sujet n’a pas été évoqué dans le domaine public mais, à ma connaissance, ce genre de projet va de pair avec une nouvelle politique d’accès au centre principal, c'est-à-dire Port-Louis. Maurice, en ce qui concerne la congestion routière, n’est ni Nairobi, ni Lagos, et si les automobilistes ne sont pas forcés à prendre le métro, j’ai bien peur qu’ils continuent à se rendre au travail en voiture et que le métro soit un éléphant blanc. 
Du point de vue de l’impact du métro sur le développement économique, il est clair que tout investissement en infrastructures de cette envergure ne sera que positif pour le pays. Cela durera 3 à 4 ans. Le plus important toutefois, c'est de savoir ce que cela coûtera au contribuable. Pouvons-nous nous payer un métro ? Je l’espère, mais vu l’opacité autour du projet, il est très difficile de s’avancer. C’est pour cela que le manque de communication du gouvernement me trouble. Y a-t-il quelque chose à cacher ?
 
Entre-temps, note-t-on, les prévisions économiques pour Maurice sont revues à la baisse, notamment par la BoM lors de la dernière réunion du MPC. Est-ce une source de préoccupation pour le professionnel que vous êtes ?
Maurice verra une croissance dépassant les 3,5%, soit un taux, il me semble, tout à fait raisonnable vu les pressions inflationnistes qui existeraient avec une croissance plus importante. C’est justement la baisse des pressions inflationnistes qui a permis cette baisse du taux directeur à 3,5%. Combiné à un dollar américain légèrement à la baisse, l’impact positif pour l’économie se fera vite sentir. Donc, non, le taux de croissance légèrement à la baisse ne m’inquiète pas particulièrement. 
Aujourd’hui, nous devons choisir entre croissance et inflation. L’expérience montre que l’inflation doit rester la priorité. Une forte croissance crée ses propres contraintes et des mesures pour ralentir l’économie se font vite ressentir. Un équilibre entre inflation et croissance est donc le jeu que tout ministère des Finances et banque centrale s’efforcent à jouer. L’autre dimension qu’est le chômage reste pour moi une question subsidiaire dans les sens où si l’équilibre mentionné plus haut marche, les jobs viendront. Créer des jobs artificiels est toujours éphémère.
Nous voyons toutefois certains secteurs très vulnérables, le sucre en particulier, qui vit des heures sombres avec des niveaux de prix où quasiment tous les opérateurs perdront de l’argent cette année. Cette situation sur plus d’une année sera intenable. De plus, les perspectives de meilleurs prix ne sont pas encourageantes. Le sucre fait partie de notre patrimoine visuel depuis tellement longtemps que l’idée de l’île sans champs de canne à sucre est difficilement envisageable. Je lis que le ministre de l’Agriculture a pris le taureau par les cornes. Il était temps.
 
D'aucuns parlent de manque de leadership dans le pays. Êtes-vous de cet avis ?
Je ne le pense pas et je ne souhaite pas entrer dans un débat politique. Il me semble que, dans une démocratie et dans notre système de gouvernement, les ministres sont relativement indépendants et ne se réfèrent pas à chaque instant au Premier ministre, qui n’a d’ailleurs pas le temps de tout vérifier ou autoriser. Les erreurs ou égarements de certains ne relèvent selon moi pas du chef du gouvernement mais des ministres concernés.
Je suis les évènements en Angleterre après le vote du Brexit de l’année dernière. Les débats houleux entre les ténors du cabinet sont-ils une forme de démocratie ou un signe de faiblesse de Theresa May ? Il me semble que chez les autres, ces débats sont bien vus alors que chez nous, nous allons chercher toutes sortes d’explications !
 
Estimez-vous que la bonne gouvernance dans le secteur public fait défaut ?
Entendons-nous d’abord sur la définition d’une bonne gouvernance publique. Trois éléments me semblent indispensables : une bonne gestion des ressources nationales, œuvrer pour atteindre des objectifs sociaux réalistes et s'assurer que tout soit fait dans un cadre éthique et sans corruption. 
Alors si nous lisons la presse, la conclusion rapide risque d’être que la gouvernance publique est à un niveau catastrophique. Il faut être un peu plus nuancé dans son analyse. Maurice, année après année, est classée par la Banque mondiale comme le premier pays d’Afrique pour les affaires, “to do business”. Le Mo Ibrahim Index a encore une fois, en 2016, classé Maurice à la première place en Afrique. À Maurice, on travaille et l’île marche. Je ne peux pas imaginer de tels classements, et aussi réguliers, sans que nos lois et nos institutions qui les gèrent ne soient pas un minimum compétentes ! 
Passons quelques instants à réfléchir sur ce qui marche dans le pays – les systèmes d’éducation et de santé universels, l’accountant general qui suit chaque roupie dépensée par le gouvernement avec une précision extraordinaire, le CEB qui nous fournit de l’électricité 24/7, l’aéroport et le port, qui sont des machines bien rodées, un passeport que l’on obtient en trois jours et les permis de travail en cinq, une compagnie qu’on enregistre en deux jours, une infrastructure routière relativement bien entretenue, les services de nettoyage de l'île, les subsides aux plus démunis (logement/denrées alimentaires)... Et chacun de vos lecteurs pourrait allonger la liste. Rien n’est parfait et il y a évidemment des dysfonctionnements. Là encore, les services publics s’attellent à remédier à la situation. Je pense au dossier du transport gratuit, qui est en train d’être revu afin de réduire les abus des voyageurs et transporteurs et, ainsi, le coût au trésor public. 
Sur le sujet de la corruption, évidement que les choses pourraient être mieux. Nous ne sommes pas – malheureusement – la Nouvelle-Zélande ou la Norvège, et les politiques doivent faire encore plus pour nous montrer le chemin, s’engager dans des protocoles de communication et de transparence qui feront que les possibilités de magouiller seront réduites. Pour moi, il n’y a pas d’autre solution que de demander aux leaders politiques de nous donner le bon exemple. « The tone from the top must be right. » Un retour rapide vers mon commentaire sur l’importance de la communication au sujet du métro mentionné plus haut. 
 
Le rapport de l'Audit relève chaque année de nombreuses failles au niveau de l'utilisation des fonds publics, dont des dépassements budgétaires, le retard dans la concrétisation de projets, des objectifs non atteints et des incohérences comptables. Parviendra-t-on un jour à mettre bon ordre dans la maison ?
Nous évoquions plus tôt la gouvernance du secteur public et les manquements notés tous les ans par le GAB sont certainement un signe que les choses peuvent mieux se passer. De mémoire, je ne me rappelle pas un seul de ces rapports qui aurait mené à une action contre un fonctionnaire ou un ministre par le gouvernement ou par l’ICAC. Mettons malgré tout cela en perspective et, dans le privé, les auditeurs font aussi un rapport annuellement sur les manquements constatés pendant leur mission. Occasionnellement, mais rarement, cela peut donner lieu à des actions disciplinaires à l’égard de certains employés et/ou cadres. Donc, le monde n’est pas parfait. Ce qui est vu et rapporté n’est probablement que la partie visible de l’iceberg !
 
Un nouveau Code national de bonne gouvernance a été adopté cette année. Va-t-on dans la direction souhaitée ?
Oui, je le pense. Le nouveau code est un mieux car il est basé sur des principes et reconnaît qu’on peut être un bon citoyen sans qu’on soit stéréotypé – l’application du nouveau code prévoit donc un certain niveau de flexibilité. En demandant aux administrateurs/directeurs de déclarer comment qu’ils ont appliqué ces principes, les actionnaires auront une meilleure idée de la philosophie de leur board. On s’attend ainsi que le code améliore la transparence dans la gestion des entreprises car les actionnaires ou autres parties prenantes de l’entreprise auront un outil pour mieux comprendre les décisions du board et du management. Mais tout cela est un peu théorique et le comité national pour la bonne gouvernance n’a toujours pas été constitué. On est en droit de se poser des questions sur le sérieux du projet.
 
Est-ce qu'une adhésion totale à ce code posera problème pour nos entreprises, qu'elles soient publiques ou privées ?
Tout changement demande des efforts vu que certaines tâches seront nouvelles. Donc, oui, il posera problème. Mais ces problèmes sont loin d’être insurmontables ou prohibitifs. Par exemple, le guide d’implémentation demande aux actionnaires d’avoir une « board charter » ou un « code d’éthique ». Si l’entreprise n'en a pas, il faudra les développer, ce qui ne se fera pas du jour au lendemain car il sera important que ces documents reflètent les valeurs de l’entreprise. Le plus gros problème sera de reprendre, sans réfléchir, tout ce que le guide d’implémentation demande à être inclus dans le rapport de gouvernance. Il faut absolument éviter une approche « checklist » et que les entreprises préparent des rapports de gouvernance qui leur sont fidèles et sincères, reflétant leurs valeurs propres.
  
La conformité aux normes et règles internationales pour ce qui est de l'échange d'informations à des fins fiscales et de lutte contre la fraude et le blanchiment est devenue incontournable. Nos entreprises sont-elles en mesure de s'adapter à cette nouvelle donne ?
Le reporting FATCA et CRS s’applique aux institutions financières et il est clair que cela a nécessité un gros effort pour être en conformité. Les données sur de nombreux clients ont dû être revues, les systèmes informatiques adaptés, des hommes formés et, aujourd’hui, ces mêmes compagnies ont créé des postes pour les champions du FATCA/CRS. Donc énormément de travail a été abattu et cela depuis environ deux ans. 
Mais ce n’est pas tout et la MRA s’est mise de la partie cette année avec des demandes d’informations des plus contraignantes pour les banques et des seuils de “reporting” tellement bas que les informations iront sur des milliers de lignes quotidiennement. Qu’en fera la MRA, c'est une question qu’on doit se poser.
Nous avons aussi évité de justesse la demande de déclaration d’actifs des contribuables les plus fortunés. Cet exercice à l’application fort douteuse était supposé aider la MRA à combattre les trafiquants de drogue ! Sérieusement ? Un trafiquant de drogue risque la prison à vie et n’a probablement jamais fait une déclaration d’impôt de sa vie. L’exercice n’aurait selon moi servi à rien sinon que de replacer l’impôt – et les risques de non-conformité – au centre des préoccupations majeures de nombreux contribuables. Le pays et les investisseurs fortunés ont d’autres chats à fouetter. Espérons que ce renvoi sera permanent !
 
Les PwC Corporate Reporting Awards sont une occasion de relever les manquements aussi bien que les progrès accomplis au niveau du “reporting” des performances de nos entreprises sous différents aspects. Quel constat faites-vous de cet exercice en presque 20 années d'existence ?
Il me semble que l’exercice a été un franc succès et a aidé à montrer ce qui se fait de mieux dans le monde des affaires en tant que “financial reporting”. Il y a toujours l’argument que les rapports annuels coûtent énormément d’argent et demandent des ressources considérables. Tout cela est vrai. Mais pourrions-nous imaginer nos sociétés cotées avec des rapports d’il y a 15 ans ? Nous sommes aujourd’hui un centre financier international et toutes nos institutions et acteurs doivent opérer au meilleur niveau. De nombreux rapports annuels des sociétés cotées en bourse sont d’un niveau international et le juste reflet de la qualité de ces entreprises et des hommes et femmes qui les pilotent.
  
L'affaire BAI revient de temps en temps au-devant de l'actualité et met en exergue le rôle des comptables et, surtout, des auditeurs externes dans la détection des manquements au plan de la gestion des risques. Est-ce que cette affaire vous a beaucoup marqué ? Quels enseignements peut-on en tirer ?
Une question délicate à un ancien conservateur (selon la définition de l’Insurance Act et non au sens plus commun !) et associé de deux ex-administrateurs spéciaux. Je vais aujourd’hui me référer tout simplement au rapport de Nicky Tan, qui avait été mandaté par la BoM pour enquêter sur la situation de la BAI. Le rapport est sans équivoque sûr, entre autres, les manquements des auditeurs externes à émettre des réserves sur la situation financière de la BAI, surtout qu’ils avaient dès 2011 évoqué des problèmes majeurs avec le conseil d’administration de cette dernière – par exemple concernant les intérêts perçus par la BAI mais qui n’allaient probablement jamais être payés ou encore le fait que la BAI se servait abusivement de réévaluations d’actifs pour montrer des profits. Le paragraphe 89 du rapport est assez détaillé. Ce qui semblait être connu au board et par les auditeurs n’a pas donné lieu à des réserves sur les états financiers rendus publics et déposés auprès du régulateur. 
Je voudrais aussi souligner que le rapport Nicky Tan fait état du rôle de la FSC, qui aurait pu avoir été plus ferme dans ses directives. Le cas BAI ne peut pas être collé uniquement au dos des auditeurs externes, le cas est quelque peu plus complexe. Tout simplement, si toutes les instances avaient fait leur travail, la licence de la BAI aurait probablement été retirée quelques années plus tôt et, pour parapher Nicky Tan : « Had a stricter stance been taken in respect of the FY2010 financial statements, the FSC might have been able to intervene earlier and prevented some Rs 35 billion being raised from policy holders over the period FY2010 to FY2014. » 
 
À un forum du Mauritius Institute of Professional Accountants en juillet dernier, le gouverneur de la BoM faisait ressortir que les comptables sont parmi les acteurs clés jouant un rôle crucial dans la promotion de la stabilité financière dans le pays. La profession comptable est-elle consciente de cette responsabilité ? 
Je pense que les comptables sont très conscients de leur rôle pivot vu qu’ils sont au courant de quasiment tout ce qui se passe chez leurs clients et, donc, de l’importance d’être lucide et de faire preuve de courage et d’indépendance quand il s’agit d’exprimer des réserves sur la qualité de rapports financiers. Le gouverneur a raison de dire que si les auditeurs signent n’importe quoi, c’est toute la crédibilité de la juridiction qui est mise en doute.
 
Maurice peut-elle s'imposer comme une plateforme d'affaires et financière incontournable dans la région ?  
Absolument. Les progrès réalisés depuis des années démontrent le chemin parcouru. Les institutions du secteur avec la FSC en tête de pont, la BoM, la FSPA, les banques, les sociétés de gestion et les avocats d’affaires et experts-comptables qui animent le secteur sont les preuves vivantes de ce qu’est Maurice et de quoi sera fait notre avenir. Le secteur financier pèserait 12% de notre PIB aujourd’hui et ce chiffre ne fera qu’augmenter. Donc, la stratégie est en place depuis des années. Elle demande des raffinements périodiques – par exemple dans le traité indien – mais centre financier régional nous sommes et serons.
 
Le manque de compétences à Maurice est souvent décrié par nos chefs d'entreprise aussi bien que par les investisseurs étrangers. Que peut-on faire pour améliorer la situation ?
Chez PwC, nous formons annuellement une vingtaine d’experts-comptables et l’exercice prend environs 5 à 6 ans. Nous sommes très conscients du coût et des ressources que cela demande. L’alternative à la formation reste le recrutement local ou à l’étranger. Mon expérience des permis de travail est que le BoI est très flexible et efficace avec des permis délivrés, disons dans les 10 jours ouvrables. Donc, oui, certaines ressources sont rares, mais des solutions existent. Et puis rien n’est facile dans les affaires. Il est aussi utile de rappeler que le manque de certaines ressources a fait les affaires des employés avec des conditions d’emploi souvent très attrayantes pour les professionnels ainsi que pour les techniciens formés.
 
PwC va elle-même à la pêche aux jeunes talents à travers le NextGen Factor. Pensez-vous que c'est une initiative qui peut être émulée par d'autres entreprises ?
Je n’espère pas trop ! Les pécheurs aiment bien être les seuls à travailler un bon mouillage ! Ceci dit, l’exercice est une indication de ce qu’il faut mettre en route pour un recrutement de qualité et la formation des professionnels de demain. Professionnellement, c’est une grande satisfaction que d’avoir contribué activement à la formation de nos jeunes.
 
Vous allez dans quelques mois passer le témoin à Anthony Leung Shing aux fonctions de Senior Partner. Quels ont été les faits marquants de votre carrière au sein de la firme locale de PwC ?
Cela fait plus de 20 ans que je suis chez PwC et il me faudra faire un tri sérieux pour éviter de m’étendre. Je pense au Deal Illovo, en 2001, à notre séparation d'Abax, en 2005, et le retrait des associés fondateurs de la firme (Roby Bigaignon, Bernard Mayer et Jean-Paul de Chazal, aux belles années 2007-2011, où nous avons connu des taux de croissance extraordinaires –, la chance d’avoir travaillé dans un réseau international exceptionnel, et plus récemment le dossier de la BAI, les nombreux dossiers de restructuration boursières… Toute carrière est aussi fonction de la qualité des clients et des collaborateurs. Je profite de l’occasion que vous me donnez pour saluer ceux qui m’ont fait confiance et ceux qui nous ont aidés dans nos missions.