La semaine dernière, il n’y a eu que six épreuves au programme de la 7e journée. Une course a dû être annulée, faute de partants et une seconde, la quatrième, suite au retrait d’un engagé, ce qui a fait qu’il ne restait plus que cinq chevaux en lice. Cette situation a fait qu’une grande partie des stakes holders a été perdante sur toute la ligne, sans oublier le gouvernement. La question que l’on se pose est s’il existe une personne au sein de la GRA ou du gouvernement qui comprend vraiment quelque chose à tout ce qui est lié à la chose hippique. Turf Magazine a fait sa petite enquête et a donné la parole à qui voulait se faire entendre.
Sollicitée par le Mauritius Turf Club pour obtenir une dérogation, la Gambling Regulatory Authority n’a pas bougé d’un iota, ou a tout simplement reçu des ordres pour tenir ferme. On a appris que du côté des entraîneurs, on avait dans un premier temps envisagé de crier haut et fort leur mécontentement d’une façon bien précise, mais qu’on est revenu à de meilleurs sentiments par la suite. Turf Magazine a essayé en vain d’avoir le point de vue de la GRA sur la question, mais cette institution, payée des deniers publics, a préféré ignorer nos appels téléphoniques. Turf Magazine a sollicité le MTC et celui-ci, comme à son habitude, a préféré jouer la carte de souplesse ou encore a préféré ne pas envenimer les choses. Ce qu’on sait, c’est que vendredi dernier, le MTC est entré en contact avec la GRA, plus particulièrement son CEO, Mme Vidya Ringadoo, celle-là même qui était présente au Champ de Mars lors de la journée de la Duchesse et qui a assisté à certaines enquêtes des Racing Stewards, pour obtenir une dérogation à cette prise de position de la GRA. On apprend que Mme Ringadoo, bien que très volontaire et avide d’apprendre tout ce qui touche à la chose hippique — cela va malheureusement prendre un temps fou — a eu à aller frapper à d’autres portes avant de donner une réponse négative au MTC. Ramapatee Gujadhur a profité du fait d’être invité à commenter la victoire de Mount Hillaby pour monter au créneau. On n’apprend presque rien de nouveau dans ce qu’a dit l’entraîneur car Turf Magazine en a fait état en moult occasions dans un passé récent. Il est tout de même intéressant qu’il ait profité d’en faire état à la télévision pour toucher encore plus de personnes. « Pourquoi la GRA d’aujourd’hui ne peut-elle pas amender quelque chose qui va à l’encontre des intérêts des courses hippiques»? s’est-il demandé. Turf Magazine est allé à la rencontre de l’entraîneur Vincent Allet qui n’est pas allé par quatre chemins pour dénoncer la carence du MTC et l’incompétence de la GRA et que cette dernière ferait mieux de s’occuper de tout ce qui touche au betting qu’au day to day running des courses. Le jockey Mark Neisius a aussi répondu présent à nos questions. Il a dit d’emblée que la première épreuve aurait pu être sauvée si les entraîneurs avaient fait preuve de bonne volonté et de  perspicacité. A bien comprendre, il ne fait pas l’ombre d’un doute que, tout comme Vincent Allet, il pointe du doigt quelqu’un de bien précis tout en soulignant que les entraîneurs ne sont pas sur la même longueur d’onde. Le jockey souligne que l’Afrique du Sud est passé par de moments pareils quand le gouvernement sud-africain s’est intéressé aux courses. Quoi qu’il en soit, l’annulation de deux épreuves la semaine dernière a fait que tous ceux concernés par la chose hippique se sont fait entendre.
Non à 5, mais oui à 3
Mais il serait peut-être intéressant de savoir comment est venue l’interdiction d’une course à moins de 5 chevaux. Si on s’en souvient, cela a fait suite à l’affaire Gemmayze Street lors d’une manche d’un championnat de 4 ans, le 28 juin 2014. Gemmayze Street, ancien cheval de l’ancienne écurie Foo Kune, piloté par feu Fausto Durso, qui avait été lourdement sanctionné à l’issue de la course qui avait vu la victoire de Captain Firth, compagnon de box de Gemmayze Street. Cette épreuve avait réuni cinq partants dont deux d’un même établissement. Il nous revient que comme le couplage de paris n’est pas permis à Maurice, il a alors été décidé d’interdire des courses à cinq chevaux quand un établissement est représenté par plus d’un représentant.
Par la suite, la GRA, suite à des représentations d’on ne sait qui, a donné aval pour des courses à moins de cinq chevaux, voire trois ou quatre représentants pour des courses de valeur 50+ et 60+ sans qu’il soit dit d’une manière explicite qu’un établissement ne pouvait se faire représenter par plus d’un cheval alors que le couplage de paris n’est toujours pas permis.
Pourquoi oui à une course de trois ou quatre chevaux pour une certaine catégorie de valeur et non à une épreuve de cinq chevaux pour les petites classes. Il y a de quoi perdre son latin, à moins que cet assouplissement dans les directives de la GRA ait été fait à bon escient la saison dernière.
Selon nos recoupements d’informations, le Mauritius Turf Club a rencontré certains membres de la GRA en début de semaine. Cette rencontre avait déjà été prévue avant que ne surgisse l’annulation des deux courses de samedi dernier. Il nous revient que  le club en aurait profité pour faire d’autres représentations à cet effet et que la situation se décantera dans les jours à venir. Affaire à suivre.