Une chose qu’Anoucheka Rousseau n’a pas de mal à assumer : son caractère bien trempé. Que ce soit avec sa famille, ses proches ou ses amis et collègues, cette Curepipienne pratique la franchise. “Je préfère être franche et directe que faux-cul. Et je m’attends aussi à ce que les gens me disent les choses sans détour. Que ça fasse mal ou pas, c’est la vérité qui compte, surtout pour éviter de se laisser marcher dessus”.

Après plus de sept ans comme croupière, Anoucheka Rousseau gagne maintenant sa vie dans un centre d’appel comme télé-agent. Ce qui ne l’empêche pas de continuer à pratiquer la coiffure, son premier métier, qu’elle a été forcée de mettre de côté, n’ayant pu trouver les ressources ni un emplacement pour se mettre à son compte. Mais cette battante n’est pas du genre “à laisser les petits soucis de la vie me mettre K.O. Au contraire, j’utilise cela comme une force pour avancer”.

C’est cette même philosophie que cette jeune femme de 31 ans inculque à ses deux filles de 14 et 7 ans. Elle avoue avoir eu tendance à être la maman/amie et complice avec son aînée, mais elle n’hésite pas aujourd’hui à ériger certaines règles et imposer des limites. “Même si elles ne le comprennent pas pour l’instant, elles finiront par me remercier. La vie actuelle est trop dangereuse, et si on n’agit pas, les enfants peuvent très mal finir. Avec tous les fléaux qui polluent notre société, on ne peut plus se permettre de les laisser sans surveillance.”

Quand Anoucheka Rousseau ne profite pas des soirées en famille devant un bon film avec ses filles, elle aime bien sortir en boîte de nuit avec sa bande d’amis. La danse et la musique, “ce sont ma thérapie pour me ressourcer et décompresser”. Une autre activité qu’elle apprécie est de visionner des vidéos sur le net pour s’informer des dernières tendances mode et coiffure.

La boîte à questions

Notre invitée a plongé sa main dans notre boîte à questions. Et le hasard lui a imposé ce qui suit.

Qu’est-ce qu’une belle journée pour vous ?

Se réveiller avec la motivation pour me rendre au boulot et atteindre tous mes objectifs. Mais le plus important est qu’en fin de journée, tout le monde – surtout mes enfants – rentre bien à la maison, sans bobo.

En quel animal aimeriez-vous vous réincarner ?

L’aigle, pour sa puissance et sa perspicacité. C’est un oiseau qui ne recule devant rien lorsqu’il a repéré sa proie. Ses yeux lui confèrent une très bonne vision, capable de voir à 360° et sur des kilomètres à la ronde. Sans vouloir prendre le contrôle sur les autres, j’aurais aimé prendre de la hauteur et voir tout ce qui se passe en bas.

Quel est le meilleur conseil que vous pourriez donner à votre enfant ? Et le pire ?

De ne rien attendre des autres et de tout faire pour être indépendant dans la vie. Pour cela, il faut être très sérieux et appliqué dans ses études afin de décrocher un bon travail plus tard. Je ne pense pas qu’il y ait de mauvais conseils. J’ai tendance à dire à mes deux filles de toujours garder leur calme face à la méchanceté ou aux critiques des gens. Or, c’est quelque chose que je ne mets pas en pratique. Si on me cherche des embrouilles, je ne me laisse jamais faire.

Qu’offrirez-vous au Premier ministre s’il vient chez vous à l’heure du dîner et de quoi lui parlerez-vous ?

Enn bouyon bred, ni plus ni moins. C’est un plat consommé par tous, les riches comme les pauvres. Ce sera ma façon à moi de lui faire comprendre qu’il y a plusieurs familles à Maurice qui n’ont que ça dans leur assiette et qu’ils ont réellement besoin d’aide. Surtout que le coût de la vie ne cesse de monter et que jour après jour, l’écart se creuse entre les plus fortunés et les plus démunis.

Je profiterai aussi de l’occasion pour lui dire qu’il ne gère pas bien le pays. Certaines des décisions qu’il a prises ne sont pas bonnes. Les Mauriciens en subissent les conséquences. Un exemple : le projet métro léger, qui a entraîné des gros dégâts sur notre environnement. Il y a également des lacunes en termes d’activités pour les enfants et les jeunes. Les parents sont contraints de travailler pour assurer un avenir à leurs enfants, qui se retrouvent souvent livrés à eux-mêmes et aux contacts des nombreux fléaux comme la drogue et l’alcool.

Racontez-nous le plus grand secret que vous a confié votre meilleur(e) ami(e) ?

Je suis muette comme une tombe. Si une personne s’est sentie en confiance pour me confier un secret, je me dois de la préserver jusqu’à ma mort.

Pensez-vous que nous sommes seuls dans l’univers ?

Oui. Je n’ai rien vu ni entendu de bien concret à ce jour.

Comment définiriez-vous votre pays ?

Le pays va mal. J’admire mes compatriotes car même si nous subissons pas mal d’injustices, nous faisons tout pour avancer. Prions juste pour que cette unité soit préservée aussi longtemps que possible. Malgré tout, Maurice demeure un pays paisible, comparé à ce qui se passe ailleurs dans le monde. Il faut juste qu’on s’accroche en se serrant les coudes, même si la marmite est au bord de l’explosion.

Que direz-vous à Dieu quand vous le verrez ?

Premièrement de me pardonner si je n’ai pas bien agi envers les gens; puis, merci de m’avoir permis de vivre et de devenir mère. Je lui demanderai aussi de toujours continuer à veiller sur mes enfants, ma famille, mes proches et mes amis.

Après votre passage sur terre, que souhaiteriez-vous que l’on dise sur vous ?

Que j’étais une battante et une personne déterminée, et que malgré mon sale caractère, j’ai toujours été franche.

Confiez-nous votre plus grand secret ?

Je n’en ai pas, tout simplement parce que je suis une personne très transparente, qui n’a rien à cacher. On m’aime et m’accepte pour ce que je suis, mais il est hors de question pour moi d’avoir plusieurs visages ou personnalités.