Il a fallu d’un appel à l’aide lancé sur les ondes d’une radio privée hier matin par le père Gérard Mongelard (ancien curé de la paroisse St Vincent de Paul) pour que des Mauriciens apprennent l’existence d’un hameau situé à Pailles et découvrent avec consternation la triste condition des familles qui y vivent depuis plusieurs années. Leur frêles habitations sont situées au bord d’une rivière et on devine aisément la panique qui a dû gagner ces familles pendant les fortes pluies de samedi dernier lorsque la rivière a quitté son lit. Le père Mongelard a explosé de colère hier devant l’état dégradant de ce lieu d’habitation et parle « d’exploitation de ces familles pauvres » par ceux qui leur louent cet espace.
Alors que l’attention de la population était rivée depuis dimanche sur Canal Dayot, d’autres familles en détresse à environ un kilomètre plus loin attendaient désespérément de l’aide. Ce n’est qu’après l’appel lancé par le père Mongelard que des Mauriciens ont afflué vers Anse Courtois. L’endroit se trouve en retrait et à l’abri des regards. C’est pour cette raison que l’endroit est méconnu, même des habitants de Pailles. Les Mauriciens qui ont voulu apporter un soutien à ces familles en détresse à la suite de l’appel du Père Mongelard ont eu des difficultés à repérer l’endroit. Après les inondations, les logis précaires ne sont plus habitables. Un spectacle révoltant : des maisonnettes sur le point de s’affaisser.
Un groupe de bénévoles actifs au sein du mouvement diocésain “Zezi Vre Zom” sont à pied d’oeuvre depuis dimanche pour venir en aide à ces familles — leur trouver un abri pour passer la nuit, des vêtements et de la nourriture, et veiller à leur état de santé. Le père Mongelard exprime sa révolte et depuis qu’il est aux côtés de ces locataires, soit depuis dix ans, il note ce qu’il qualifie « d’exploitation ». « Ase exploit sa bann fami-la. Li pa posib rest dan bann kondisyon parey. Sa finn ase dire, bizin delokaliz zot e trouv enn lot landraw » : c’est la demande qu’il fait aux autorités concernés en prévenant qu’il reprendra le combat qu’il a commencé pour ces familles.