LAGREV Ut 79 (Prinsip ki Guvern tu Lagrev) ou August 79 Strike (Principles that Govern Strikes as they Unfurl) : en ce mois de mai étroitement associé à la Fête du Travail et, bien entendu, au dur labeur, la toute dernière publication bilingue (Kreol-Anglais) de Ledikasyon pu Travayer (LPT) se fonde sur un discours que l’histoire de la lutte ouvrière mauricienne retiendra comme un témoignage d’une grande portée historique.
Le discours de Ram Seegobin prononcé à Grande-Rivière-Nord-Ouest le dimanche 23 août 2009 pour marquer le 30e anniversaire du mouvement de grève d’août 1979, refuse tout élan « nostalgique » autour de cette commémoration. Le médecin opérait à la fin des années 70 en tant que “militant syndical” au sein de la Sugar Industry Labourers’ Union (SILU) et de l’Union of Artisans of the Sugar Industry (UASI) ainsi qu’à la General Workers’ Federation.
Ram Seegobin, en effet, ne fait pas dans le romanesque bien que son texte soit ponctué de quelques touchantes réminiscences personnelles. Son intervention présuppose tout de même du vécu en filigrane… loin d’être imaginaire ; on y devine, par-delà les négociations syndicales abordées, des tiges de cannes se vidant de leur vesou, à la sueur des laboureurs, artisans et ouvriers du pays. Pourtant, une telle souffrance ne se métamorphose pas comme par pure magie, ou selon un heureux hasard, en une véritable action de conscience collective. Comment s’activent donc les leviers syndicaux, les inlassables démarches des militants syndicaux entre autres soutiens, avant tout positionnement dans une grève au sein de l’industrie sucrière ? Qu’en est-il du respect des consultations « démocratiques » lors d’un tel événement, dont le succès repose sur la polarisation de l’opinion publique ? De surcroît, quand cette grève tend vers un mouvement général et veut se vérifier dans un ultime combat: l’entame d’une grève de la faim pas comme les autres (« with neither food nor any liquid ») au Jardin de la Compagnie !