SINGFAT CHU

Une étude sur les infections au COVID-19 à Singapour, et publiée dans la prestigieuse revue médicale Lancet, indique que le temps d’incubation de l’infection au développement des symptômes se situe entre un et quatre jours dans environ 50% des cas. Des chercheurs en Chine ont estimé presque la même durée moyenne entre les cas successifs dans un groupe infecté.

Les épidémiologistes mesurent la propagation de l’infection par la métrique R libellée “Effective Reproduction Ratio”. Par exemple, R = 2 indique que chaque cas infecte un autre à chaque intervalle de 4 jours. Un cas initial se propagera en 2 (= 1 + 1) dans 4 jours, 7 (= 1 + 2 + 4) dans 8 jours, 15 (= 1 + 2 + 4 + 8) dans 12 jours, 31 (1 + 2 + 4 + 8 + 16) dans 16 jours etc. Si R = 3, le nombre total de cas s’alignera sur la séquence 1, 4 (= 1 + 3), 13 (= 1 + 3 + 9), 40 (= 1 + 3 + 9 + 27), 121=(1+3+9+27+81) etc. Mathématiquement, les cas augmentent par “R à la puissance de n” où n indique le nombre de périodes de 4 jours, par exemple n=2 après 8 jours.

Le 18 mars, l’Ile Maurice a divulgué 3 cas de COVID-19. Quatre jours plus tard, le nombre total de cas est passé à 28, chiffre qui indique R=8 cas secondaires pour chaque cas initial. Le 26 mars, le nombre total de cas est passé à 81, ce qui implique que R était à environ 4.6. R est tombé à 2.18 le 7 avril.
Pour l’Italie, des calculs similaires indiquent que R est passé de 51 le 19 février à environ 2.3 le 7 avril. Pour le Singapour, R a diminué de 4 le 27 janvier à 1.38 le 7 avril.

Au fil des jours, R a baissé en Italie, Singapour et à l’Ile Maurice conformément à l’efficacité des mesures, telles que la fermeture des frontières, la distanciation sociale et l’augmentation des tests effectués entre autres.
Si d’ici le 15 avril à l’Ile Maurice, R chute à disons 1.8 – ce qui équivaut à un total d’environ 420 cas –, la situation médicale sera gérable car beaucoup auraient alors eu leur décharge de traitement. 
Il est de notre devoir citoyen de rehausser la discipline “enn tigit” pour encore une semaine en vue de faciliter un déconfinement graduel car nous devons trouver un juste milieu entre les conséquences médicales et économiques de COVID-19. La vie n’a pas de prix mais les prix ont une vie qu’il faut gérer de sitôt!

La “social distancing” et la discipline hygiénique doivent être maintenus lorsque nous répondrons à possiblement la plus grande “disruption” de notre vécu.