APRÈS UN ACCIDENT DE LA ROUTE:Deux heures de tension à Plaine-Verte hier soir

Deux des trois agresseurs d'un jeune motocycliste trouvent refuge sur le toit d'une maison pour échapper à une foule en colère de 500 personnes
Les forces de l’ordre ont eu fort à faire dans la soirée d’hier pour contenir la colère des habitants de Plaine-Verte
  • Un policier blessé lors des échauffourées se fait soigner hier soir à l'hôpital Jeetoo

La région de Plaine-Verte, en particulier l'angle du boulevard Magon et de la rue Diego Garcia, a vécu deux heures de tension hier en début de soirée avec un important déploiement des membres des forces de l'ordre. Deux incidents impliquant quasiment les mêmes agresseurs sont à l'origine de cette manifestation de colère de quelque 500 habitants de la localité, avec deux des  suspects – Muntazir Khodabaccus, un habitant de la rue Magon âgé de 28 ans, et Abdool Noor Ud Din, 27 ans, de la rue Saint-Pierre, à Pailles – ayant à chercher refuge sur le toit de la maison du premier nommé pour leur propre sécurité. La police a dû faire intervenir le véhicule blindé de la Special Supporting Unit (SSU) pour faire évacuer les suspects en toute sécurité peu avant 22 heures, le calme revenant ensuite dans ce faubourg de la capitale.
Tout a commencé en fin de journée lorsque Mahill Ellama Golamhossen, âgé de 22 ans, habitant la rue Inkerman, Port-Louis, a été agressé par un dénommé Muntazir Khodabaccus. Pour des raisons encore obscures, celui-ci devait donner plusieurs coups à la tête de la victime avec un casque de moto. Blessé, le dénommé Golamhossen a dû se faire soigner à l'hôpital Jeetoo. Les choses devaient en rester là.
Toutefois, Muntazir Khodabaccus devait récidiver dans un nouveau cas d'agression deux heures plus tard dans la même région de Plaine-Verte. En compagnie de deux autres complices – Eshan Madar, un habitant de la rue Hassen Sakir âgé de 43 ans, et Abdool Noor Ud Din –, il devait s'en prendre physiquement à un adolescent. Vers 19h30, ce dernier circulait sur sa mobylette le long de la rue Magon quand la voiture immatriculée CN 444 a bloqué le passage. Les trois occupants de la voiture, soit les trois suspects susmentionnés, devaient descendre du véhicule en vue de violemment l'agresser. Ils lui ont également volé sa chaîne en argent ainsi que sa montre avant de prendre la fuite.
Cette scène s'est déroulée devant des témoins, qui avaient vainement tenté d'intervenir pour protéger l'adolescent. Les malfrats devaient reprendre la route pour se rendre au domicile de l'un d'eux situé à la rue Magon. La nouvelle de ces deux agressions par la bande devait se répandre comme une traînée de poudre dans cette partie de Plaine-Verte. Peu avant 20h30, des proches de Mahill Ellama Goolamhosen aussi bien que du jeune motocycliste agressé devaient alors se réunir rue Magon pour réclamer des comptes aux suspects, qui s'y trouvaient. Au fil des minutes qui suivirent, la foule de protestataires avait grossi pour atteindre environ 500, la tension montant encore d'un cran.
Un premier déploiement de policiers devait être décidé pour éviter toute escalade de violence. Ce premier contingent, placés sous la supervision des surintendants Husnoo et Bhunnoo, a eu fort à faire pour protéger Eshan Madar des habitants. Ce suspect, qui l'a échappé belle, a été emmené sous forte escorte au poste de police de Plaine-Verte pour interrogatoire et sa propre sécurité.
De leur côté, les deux autres suspects, Muntazir Khodabacus et Abdool Noor Ud Din, n'ont eu d'autre choix que de se réfugier sur le toit de la maison du premier nommé pour éviter de tomber entre les mains de la foule hostile. Ils ont finalement dû leur salut à trois policiers affectés au poste de Plaine-Verte, qui s'étaient interposés. Entre-temps, du renfort a été envoyé sur place, des membres de la SSU étant mandés sur les lieux avec des véhicules blindés, dont un a rencontré des problèmes.
Devant la tension qui devenait de plus en plus vive, un responsable des forces vives de la région et un homme religieux sont alors intervenus pour tenter de calmer l'ardeur de la foule. Ce n’est que peu avant 21 heures que les deux agresseurs qui se trouvaient sur le toit ont finalement été évacués à bord d'un des blindés opérationnels à destination des casernes centrales.
Des officiers de police sont restés sur les lieux afin de parlementer avec les habitants jusqu'à ce que la foule soit complètement dispersée, peu après 22 heures. Dans les échauffourées, un policier a été blessé et a dû recevoir des soins à l'hôpital avec le médecin recommandant des jours de congé pour lui. Mais aucun dégât matériel aux véhicules de police sur les lieux des incidents.
AbdoolNoor Ud Din et Eshan Madar ont été placé en détention policière alors que le troisième, Muntazir Khodabaccus, pris d'un malaise dans le véhicule de la police, a été admis à l'hôpital Jeetoo sous surveillance policière. Ils doivent comparaître devant le tribunal de Port-Louis pour des délits de “Assault with Premeditation” et “Larceny With Violence”.