Les investissements, tant publics que privés, vont rebondir en 2016 après cinq années consécutives de contraction. C’est ce que prévoit Statistics Mauritius, qui annonce une croissance de l’ordre de 7,3% en termes réels de l’investissement en général, et ce en se basant sur des informations recueillies de différentes parties et sur les mesures annoncées dans le Budget 2015/16. Par ailleurs, Statistics Mauritius table sur un taux de croissance économique de 3,9% cette année et a corrigé à la baisse (de 3,4% à 3,1%) le taux annoncé précédemment pour 2015.
Les investissements totaux en 2016 pourraient s’élever à Rs 78,8 milliards, soit une progression de 10,5% en termes nominaux alors qu’en termes réels, une croissance de 7,3% est prévue. Les investissements dans la construction de bâtiments résidentiels devraient, selon Statistics Mauritius, croître de 7,4%, et ce en considérant les prévisions faites par le secteur public. Quant aux autres types de travaux de construction, une progression de 5,2% est attendue. En revanche, les investissements dans les bâtiments non résidentiels se replieront davantage (-12,6%) après la contraction de 16,7% notée en 2015. Cette situation sera compensée par une relance (+16,8%) des investissements dans les machines/équipement due principalement aux investissements annoncés par le CEB dans la production énergétique.
Evoquant la situation concernant l’investissement privé, Statistics Mauritius est d’avis qu’en termes réels il y aurait une croissance de 1,2% en 2016 après la contraction de 7,3% enregistrée en 2015. Quant à l’investissement public, il devrait poursuivre sa courbe ascendante, mais à une vitesse accélérée (+23%, comparativement à +0,9% en 2015). Cela aurait pour conséquence que l’investissement public dans les investissements totaux passerait de 27,2% en 2015 à 31,4%, alors que la part de l’investissement privé fléchirait, soit de 72,8% en 2015 à 68,6% en 2016.
Par ailleurs, Statistics Mauritius prévoit pour cette année un taux de croissance économique de 3,9%, contre 3,1% en 2015 (chiffre revu à la baisse du fait des performances en dessous des attentes de certains secteurs). L’estimation de 3,9% est basée sur les performances sectorielles suivantes :
1) Un rétablissement (+3,2%) du secteur “Agriculture/Pêche/Forêt” après une contraction de -1% relevée en 2015; la production sucrière sera relancée (+3,9%) après un repli de 8,8% l’année dernière alors que la croissance dans les autres sous-secteurs agricoles pourrait tourner autour de 3%, contre 2,1% en 2015;
2) Une croissance d’environ 1,7% du secteur manufacturier, bien plus que le 0,2% noté en 2015; cette estimation tient en compte une performance plus élevée au niveau des activités d’usinage du sucre, un taux de croissance de 2,5% (contre 3,9% en 2015) du secteur alimentaire alors que les activités manufacturières dans le sous-secteur textile devraient afficher une progression de 0,3% après le taux négatif de 2,9% enregistré l’année dernière;
3) Construction : un sursaut est prévu pour 2016 (+2%) après cinq années de contraction;
4) Commerce/réparation de véhicules : légère hausse anticipée (3,1% en 2016, contre 3% en 2015);
5) Hôtellerie/restauration : une croissance de l’ordre de 6,4% annoncée avec l’arrivée d’environ 1 230 000 touristes, contre 1 151 723 en 2015;
6) TIC : taux  de croissance de 6,9% comme en 2015;
7) Services financiers : croissance d’environ 5,4%, légèrement plus élevée que celle de l’année précédente (5,2%);
8)  Activités professionnelles, scientifiques et techniques : 6,5% de croissance, contre 5,6% en 2015;
9) Administration publique et défense : croissance anticipée de 3,7%, soit mieux qu’en 2015 (1,4%).
Par ailleurs, les données officielles indiquent que les dépenses de consommation vont augmenter en 2016. Le taux de croissance réel serait de 2,9% par rapport à 2,7% en 2015.