APRÈS LA PNQ DE VENDREDI DERNIER : Rodrigues en situation de stagnation économique, selon XLD

S’il réclame la démission ou la révocation immédiate de Raouf Gulbul et Sanjeev Teeluckdharry, le leader de l’opposition dit accorder « pour l’heure » le bénéfice du doute à Roubina Jaddoo-Jaunbocus
  • PNQ relative aux « high rise buildings » : « Cela a démontré que nous avons enn minis bom »

Rien ne va plus pour Rodrigues. Constat du leader de l’opposition, qui était en visite dans l’île le week-end dernier. Évoquant un « crash » de l’agriculture, une « débâcle » de l’élevage et un secteur de la pêche en perte de vitesse, Xavier Duval, soutenant que seul « le tourisme se débat », estime que « Rodrigues est en situation de stagnation économique. » D’où, selon lui, l’exode massif des jeunes Rodriguais vers Maurice. Il est urgent que les autorités mauriciennes s’attardent sur l’avenir de cette île, dit-il, car même si avec son statut d’autonomie Rodrigues dispose d’un gouvernement régional, un ministère y est spécifiquement attaché et un budget de Rs 3,5 milliards est engagé. Le leader de l’opposition a profité de sa conférence de presse hier pour réclamer la démission ou la révocation de Mes Raouf Gulbul et Sanjeev Teeluckdharry. Le nouveau poulain du PMSD, Danesh Maraye, qui sera candidat des bleus à la partielle du N°18, ainsi plusieurs autres adhérents au PMSD ont été présentés.
Si le secteur touristique parvient à maintenir la tête hors de l’eau, il n’en demeure pas moins un sujet d’inquiétude cependant, estime Xavier Duval, se basant sur les dernières statistiques pour 2016, avec la visite de 40 000 Mauriciens et seulement 23 000 touristes étrangers. Brossant un tableau sombre de la situation à Rodrigues, le leader de l’opposition fait ressortir qu’outre l’agriculture qui a « crashed », le secteur de l’élevage a connu un véritable revers avec la fièvre aphteuse. Et la pauvreté est beaucoup plus élevée à Rodrigues qu’à Maurice, note-t-il, se disant inquiet de l’exode des jeunes Rodriguais vers Maurice pour essayer de survivre. « Il y a deux fois plus de Rodriguais qui habitent Maurice que ceux qui résident à Rodrigues », soutient-il, estimant que l’exode vers Maurice découle d’une situation de chômage « rampant et considérable. »
S’agissant de la construction d’un nouvel aéroport, le leader du PMSD est d’avis que le chef commissaire « pe rev debout ». Du fait que ses estimations pour ce projet s’élèveraient à Rs 11 milliards, soit au même coût que celui du nouvel aéroport SSR, construit sous Navin Ramgoolam à Maurice. Pour Xavier Duval « le retard cumulé dans la concrétisation de ce projet résulte des tergiversations entre le MR et l’OPR. » « Pendan 10 ans pa’nn fer naryé et pou bizin atann encore 5 ans avant ki avion atterrir lor enn nouvo lapiste », déplore-t-il, faisant ressortir qu’il n’y a pas de fonds pour ce projet qui devrait coûter quelque Rs 2 milliards.
La situation de l’eau est aussi source d’inquiétude chez les Rodrigiuais, qui ne perçoivent que 2heures de fourniture d’eau par mois, note le leader de l’opposition. « Une telle situation à Maurice aurait provoqué une révolution », estime-t-il, s’insurgeant que les projets enclenchés par le MR et l’OPR « finn bann désastre ». S’il existe quatre chantiers de dessalement depuis 2012, Xavier Duval soutient que deux d’entre eux ne fonctionnent pas et les deux autres fonctionnent à moitié. « Kan pena delo, pena l’agriculture », souligne-t-il. D’où le crash de ce secteur qui, avec une production de 3000 tonnes de food crops sur plus de 450 hectares en 2012, montre pour 2016 une production de moins de 1000 tonnes sur 197 hectares sous culture. « La moitié de la terre n’est pas cultivée et la production a baissé de deux tiers », constate Xavier Duval, relevant par la même occasion que si la fibre optique pour Rodrigues a été planifiée, ce projet tard à se concrétiser.
Les Rodriguais souffrent aussi de plusieurs manquements relatifs aux services de santé, dit-il, relevant qu’il n’y a sur l’île qu’un gynécologue pour 42 000 personnes, alors que le taux de mortalité infantile est plus fort à Rodrigues qu’à Maurice. Autre constat du PMSD : les doléances de la population rodriguaise concernant « un abus d’autorité de l’OPR ». Il existerait également des accusations très graves concernant l’administration de Rodrigues, avec une perception que le bureau de l’ICAC serait de mise avec les responsables, ajoute-t-il.
Graves accusations
Soutenant qu’il n’était pas de son intention de faire de la politique avec ce sujet vendredi lors de la PNQ, Xavier Duval se dit très déçu que le Premier ministre « ait fait lui du cheap politics ». Il reviendra sur ce dossier prochainement, dit-il, demandant néanmoins au gouvernement de se pencher sur la situation à Rodrigues, d’autant que c’est le rôle du ministère de Rodrigues, même si l’île dispose de son autonomie. Répondant à une question de la presse concernant la frustration du PMSD que le nom de Sir Gaëtan Duval a été enlevé de l’aéroport, d’où la levée de boucliers contre le chef commissaire, Xavier Duval soutient que « cela n’a rien à voir. Le changement ne m’a pas fait plaisir, c’était mal élevé, mais notre action est basée sur la réalité à Rodrigues ».
Il avance qu’il a lui-même, lorsqu’il était au ministère des Finances, débloqué des fonds pour le progrès de Rodrigues, dont pour la fibre optique. Pourquoi s’intéresser aujourd’hui aux Rodriguais ? « Mo ti au gouvernement tout ce temps-là. Mo ti éna les mains inpé lié. Mais nou ti toujours redevable ek MR ek OPR. En tant que DPM, mo pa ti kapav commence ale fer politique dans Rodrigues. Zordi mo senti moi bien libre et mo constaté que la situation là-bas li inquiétante ».
Sur un autre chapitre, la PNQ de mardi dernier relative aux services des pompiers et des high rise buildings « a démontré que nous avons un ministre incompétent bom », dit le leader de l’opposition. Cette PNQ a aussi révélé « le laxisme incroyable au niveau des chefs de pompiers face à leur secteur », dit-il. « Alors que tous les pays dans le monde, après le drame de Grenfel Tower, ont effectué un audit, spécialement des claddings », pour éviter d’autres drames, à Maurice, les pompiers ne peuvent pas répondre, soutient-il, avançant que plusieurs bâtiments à Maurice, dont à la Cybercité II, sont bâtis dans du cladding. « Il faut savoir quel type de matériau a été utilisé et éviter de mettre la vie de milliers de gens qui travaillent dans ces bâtiments en danger », dit-il. Faisant ressortir que « le gouvernement anglais a ignoré les avertissements des habitants de Grenfel Tower », Xavier Duval prévient que « si Mahen Jhugroo ignore lui aussi les avertissements, nous considérerons que tout drame qui surviendrait relèverait de sa responsabilité personnelle. »
Au sujet des comparutions devant la commission d’enquête sur la drogue, le PMSD rejoint les autres partis de l’opposition estimant qu’il est « absolument important que Raouf Gulbul et Sanjeev Teeluckdharry démissionnent ou soient révoqués immédiatement ». « Me Gulbul, qui est à la tête de la Gambling Regulatory Authority, selon les dernières indications, semble étroitement lié au blanchiment d’argent provenant du trafic de drogue », dit Xavier Duval, ajoutant qu’il y a eu également  «de graves accusations à l’encontre du vice-président de l’Assemblée nationale, Sanjeev Teeluckdharry. »
Pour le leader de l’opposition « zot même (NDLR : Raouf Gulbul et Sanjeev Teeluckdharry) ti bizin offert zot démission, au cas contraire bizin révok zot immédiatement ». Interrogé sur le cas de la PPS Roubina Jaddoo-Jaunbocus, qui a aussi comparu devant la commission avec pour effet des révélations de 37 visites à des trafiquants de drogue, Xavier Duval dit pour l’instant lui accorder le bénéfice du doute. Cela « parski l’inn téléphone moi limem, li finn dire moi : Xavier, mo péna naryé à faire avec sa bann zistwar-la. » Le leader du PMSD dit attendre « si bizin demann li démissionner, nou ava guété, pou l’instant mo donn li bénéfice du doute. »


Danesh Maraye, le candidat bleu au N°18
La conférence de presse du PMSD hier a été l’occasion pour le leader de présenter plusieurs adhérents au parti. Outre Danesh Maraye — qui sera le candidat du PMSD pour la partielle de Belle Rose/Quatre Bornes —, la Rodriguaise Clarencine Perrine, l’homme d’affaires Vishal Baichoo, le jeune Yasser Sayfoodeen, le retraité Clarel Marion, les avocats Rouben Mooroongapillay et Assad Peeroo, le jeune Gérald Lee Lim, le Dr Harish Beemul et Sandrine Cavalot, ainsi que le chef d’entreprise Sudhir Ramdoruth, ont été présentés à la presse. « Il s’agit du PSMD de demain, un PMSD arc-en-ciel, 2.0, le PMSD en marche », dit Xavier Duval.
Le leader du PMSD a dressant le profil du candidat Danesh Maraye. Il  est âgé de 42 ans, est marié et père de deux enfants. Cet habitant de Quatre Bornes, détenteur d’un Master en Banking & Finance, est expert comptable. Xavier Duval estime qu’il s’agit « d’un jeune visionnaire, très intelligent, charismatique, humaniste et proche du peuple. » Des qualités essentielles que le PMSD a recherchées pour son candidat à Belle Rose/Quatre Bornes « en vue d’avoir au Parlement, avec les autres membres bleus, un autre parlementaire de proximité. »
Selon Xavier Duval, « des jeunes comme Danesh et nos autres nouveaux adhérents, représentent l’avenir de la politique à Maurice. Le PMSD prépare l’avenir et donne la priorité à la méritocratie et à la compétence. » Interrogé quant aux rumeurs que les blues soutiennent « en catimini » la candidature d’Arvin Boolell, il a fait ressortir que « cela n’a rien à voir avec Arvin. Le PMSD, qui est le seul espoir pour une meilleure île Maurice, participe à ces partielles pour gagner. »
De son côté, le candidat en lice explique qu’il s’est joint aux blues non seulement parce que le PMSD représente une équipe dynamique et jeune, mais surtout parce le parti « représente l’île Maurice. » « Nous voyons sur les réseaux sociaux les discussions, les réflexions des jeunes, las de voir que les politiciens sont en train de nous diviser. Aujourd’hui, il faut se rassembler. Et c’est ce qu’incarne le PMSD », dit-il, promettant d’être un homme de proximité pour les Quatre-Bornais.
La campagne des bleus pour les partielles s’articulera autour de plusieurs thèmes, dont « l’incompétence du gouvernement, la corruption généralisée, la situation du Law & Order, la drogue et la pauvreté. »