Nandanee Soornack, qui a bénéficié de la clémence de la justice en Italie avec une mise en résidence surveillée à Parme depuis hier, multiplie les initiatives en Cour. Sous la menace d’une extradition, elle conteste la validité du mandat d’arrêt émis contre elle. Depuis ce matin, Me Yayhia Nazroo, dont les services ont été retenus par “Madam Ou Kone Ki Mwa”, tente d’obtenir devant le tribunal de Port-Louis la révocation du mandat d’arrêt émis par la magistrate Adila Hamuth en date du 23 mars dernier. En ce qui concerne les affaires d’Airway Coffee, elle conteste également devant les instances judiciaires la mise en liquidation de sa compagnie, qui bénéficie d’un contrat d’exclusivité au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport Terminal.
L’homme de loi de Nandanee Soornack estime que la mise à exécution du mandat d’arrêt international en Italie, jeudi dernier, est abusive et demande donc à la justice d’annuler cet ordre. En attendant, la femme d’affaires rouge, qui a comparu hier en Cour à Parme, a bénéficié d’une résidence surveillée chez sa soeur au lieu d’une détention en cellule policière car elle a sous sa garde une fillette de quatre ans.
Les autorités italiennes attendent actuellement la transmission des documents formels relatifs à l’extradition de Nandanee Soornack sous deux charges de blanchiment de fonds de Rs 100 millions sous le contrat de gestion de Mauritius Duty Free Paradis Co Ltd et de “Conspiracy” pour le cover de l’affaire du bungalow de Roches-Noires en présence de l’ex-Premier ministre, Navin Ramgoolam, dans la nuit du 3 au 4 juillet 2011.
D’autre part, la directrice de la compagnie Airway Coffee a juré deux affidavits en chambre commerciale de la Cour suprême hier, par le biais de l’avoué Pazany Thandrayen. Ces deux affidavits répondent à la demande de mise en liquidation logée par Airports of Mauritius (AML) et Airport Terminal Operations Ltd (ATOL). Selon ces deux entreprises, Airway Coffee n’a pas réglé Rs 30,7 M de loyer liées à ses activités à l’aéroport.
Les deux entreprises avancent que la compagnie de Nandanee Soornack cumule des dettes de Rs 135 M auprès de deux banques, soit une dette de Rs 90 M auprès de la State Bank of Mauritius et Rs 45 M de dettes auprès de Bank One. Airway Coffee est aussi endettée de Rs 650 000 auprès de la Mauritius Revenue Authority. Les entreprises AML et ATOL ont fait part du besoin de nommer un liquidateur pour procéder à la liquidation d’Airway Coffee. En réponse à cette demande de liquidation, l’affidavit juré par l’avoué Thandrayen au nom de Nandanee Soornack évoque le fait que AML use de tous les moyens pour expulser Airway Coffee du terminal des passagers à l’aéroport SSR, dont le fait d’avoir refusé tout paiement partiel et de soumettre la question à un arbitrage.
Selon l’affidavit juré, Airway Coffee a envoyé un chèque de Rs 3,5 M à ATOL le 11 février 2015. Cette somme représente la redevance minimum garantie de la concession. Cependant, Nandanee Soornack déplore le fait que ATOL ait refusé le chèque. L’entreprise souhaite que la somme soit payée dans sa totalité d’un seul coup. Nandanee Soornack indique par ailleurs qu’elle rembourse comme prévu le prêt de Rs 90 M de la SBM, qu’elle n’est pas endettée auprès de Bank One et que la réclamation faite par la MRA a été réglée. Elle fait part du fait qu’il serait « injuste » de liquider sa compagnie car celle-ci emploie 165 personnes. Nandanee Soornack affirme ainsi être en mesure de rembourser ses dettes.