ARGENTINE: 50 morts et 675 blessés dans une catastrophe ferroviaire à Buenos Aires

Le train n'a pas freiné à son entrée en gare...

 
Un train de banlieue bondé a percuté mercredi le heurtoir de quai à son arrivée dans une gare du centre de Buenos Aires, causant la mort de 50 personnes et faisant au moins 675 blessés, dont beaucoup ont dû être extraits par les toits des wagons transformés en amas de tôles froissées par l'impact du choc.
"Le nombre de morts s'élève à 50" a indiqué dans la soirée le sous-secrétaire aux droits de l'homme du gouvernement de Buenos Aires, Claudio Avruj, tandis que le ministère de la Santé de la ville annonçait que le nombre de blessés était passé de 600 à 675.
Auparavant un porte-parole de la police, Nestor Rodriguez, avait affirmé que le choc, qui a eu lieu à 08H36 locales (11H36 GMT), en pleine heure de pointe, avait causé 49 morts.
Le train, qui assurait la liaison entre la périphérie ouest de Buenos Aires et le centre-ville, transportait environ 2.000 passagers. Exploité par la compagnie privée TBA, le convoi est entré dans la gare terminus d'Once sans freiner, avant de percuter le heurtoir en bout de voie, selon les images de video-surveillance diffusées à la télévision.
Les secouristes ont passé quatre heures à dégager des victimes prises dans les tôles des deux premiers wagons, dont l'un s'est enfoncé de six mètres dans celui qui le précédait, selon les autorités.
"Il y avait des gens écrasés qui criaient de désespoir. J'ai vu des cadavres et du sang de tous les côtés. Les têtes des passagers étaient restées coincées dans le cadre des fenêtres", a relaté devant la presse un témoin, Alejandro Velazquez.
Des pompiers et des membres de la Protection civile ont dû découper les toits des premiers wagons blancs et bleus pour extraire des passagers.
Le train "est entré à une vitesse de 20 km/h et a embouti le heurtoir", pour des raisons qu'une enquête devra déterminer, a déclaré à la presse le ministre des Transports, Juan Pablo Schiavi.
Dans un communiqué, l'entreprise TBA a indiqué ne pas connaître les causes de l'accident et affirmé qu'elle remettrait "toutes les informations et les vidéos à la justice".
Le conducteur, bien que blessé, est parvenu à sortir de sa cabine avec l'aide des secours qui ont pris en charge des dizaines de personnes dans la gare, où beaucoup de passagers, choqués, ont passé une partie de la journée assis à même le sol.
M. Schiavi a ajouté que le conducteur était "un jeune homme de 28 ans avec de très bons antécédents et qui était reposé car il avait pris son service quelques stations auparavant".
"J'ai senti le souffle du choc. Il y a eu un bruit terrible. Le train n'a pas freiné. J'ai vu des gens blessés au cou, aux bras, aux jambes", a raconté Pedro Fuentes, un passager, à la télévision.
La ligne Sarmiento parcourt 70 km et transporte environ 500.000 personnes par jour. En septembre, un précédent accident sur la même ligne avait fait neuf morts quand deux trains avaient percuté un autobus à un passage à niveau.
Des dizaines d'ambulances ont été mobilisées et les blessés les plus graves ont été évacués par des hélicoptères qui ont atterri sur la place Once, face à la gare.
"Le train était bondé. L'impact a été terrible. Les gens essayaient désespérément de sortir", a raconté aux médias un autre passager, Ezequiel.
"Cela est dû au manque d'entretien des trains, à des irrégularités, des déficiences" et à un service qui fonctionne de façon précaire, a dénoncé à la radio un syndicaliste de l'Union ferroviaire, Roberto Nuñez.
Le matériel roulant sur cette ligne date des années 1960. Les chemins de fer argentins ont été privatisés dans les années 1990. Le pays enregistre régulièrement des accidents, plus ou moins meurtriers, comme en 2011, avec trois collisions, dont deux meurtrières.
Cet accident est le troisième plus grave recensé en Argentine, après ceux de Benavidez (périphérie nord de la capitale), qui avait fait 236 victimes en 1970, et celui intervenu en 1978 dans la province de Santa Fé (centre-ouest), avec 55 morts.