ARMOOGUM PARSURAMEN, MEMBRE FONDATEUR DU MSM : « Je ne reconnais plus le MSM »

  • « La situation politique mauricienne peut être résumée par un mot : confusion. Et cela dure depuis les élections de 2014 »
  • « Je ne comprends pas comment M. Maunthrooa peut occuper un poste de responsabilité au PMO alors qu'il est impliqué dans une affaire de corruption qui fait l'objet d'un procès international »
  • « Dans l'ensemble les ONG offrent des services que le gouvernement est incapable de proposer et contribuent à soulager des milliers de Mauriciens, surtout les plus vulnérables »

Notre invité de ce dimanche est Armoogum Parsuramen, ancien politicien et membre fondateur du MSM. Il a passé treize ans au ministère de l’Éducation avant d’occuper des postes de responsabilité à la Banque mondiale et à l’UNESCO (United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization), dont il fut le secrétaire du conseil exécutif pendant cinq ans. Depuis son retour à Maurice en 2011, Armoogum Parsuramen se consacre à des activités sociales et a fondé la Global Rainbow Foundation. Dans l’interview qu’il nous a accordée jeudi, il nous livre son analyse de la situation politique et du secteur des ONG.

Quand vous êtes rentré à Maurice après votre long passage à la BM et l’UNESCO, on a laissé entendre que vous étiez candidat à un ticket électoral puis, plus tard, à la vice-présidence de la République...
Il y a eu beaucoup de rumeurs et de spéculations, mais après un an de réflexion, en juin 2012, j’ai déclaré que non seulement je n’étais pas candidat à un ticket mais je n’attendais rien de personne. La rumeur concernant la vice-présidence est totalement fausse. Je ne suis pas du genre à courir après les postes ou à réclamer des bout. À aucun moment je n’ai sollicité quoi que ce soit. En ce qui concerne la vice-présidence, je considère que les déclarations qui ont entouré cette question ont déshonoré le poste. En le limitant à un tamoul, on a communalisé le poste parce que le président et son adjoint représentent le pays et la nation mauricienne, pas une communauté. Je suis d’origine tamoule et j’en suis fier, mais je refuse de me limiter uniquement à cette définition.

Vous êtes un des membres fondateurs du Mouvement Socialiste Mauricien, né de la cassure de 1983 entre deux courants du MMM et le PSM. Quel regard jetez-vous sur le MSM, qui est revenu au pouvoir depuis 2014 ?
Il faut rappeler que je suis d’abord membre fondateur du PSM, qui voulait spiritualiser la politique et servir le pays. En 1981, le PSM fait alliance avec le MMM et remporte les élections de 1982 avec les premiers 60/0 de l’histoire. Après la cassure de 1983, le PSM a choisi de se dissoudre pour permettre à Anerood Jugnauth de former le MSM et de se maintenir au pouvoir. Il faut rappeler que nous avons choisi comme symbole pour le MSM le soleil et pour slogan soleil pou tou dimounn que nous avons appliqué...

Il ne faut pas oublier qu’au début de son histoire, le MSM a aussi pratiqué la politique de récompenser ceux qui étaient sur le bon  versant de la montagne et de punir les autres, qui devait entretenir et développer le noubanisme à Maurice...
 Je ne nie pas ce à quoi vous faites allusion, mais moi je suis en train de vous parler des origines du MSM. Pendant mes treize ans comme dirigeant du MSM et ministre de l’Éducation, j’ai respecté le principe selon lequel le soleil devait briller pour tous les Mauriciens et que nous étions au service de toute la nation mauricienne.
 

Est-ce que le MSM de 2017 est celui dont vous avez été un des membres fondateurs en 1983 ?
Non. Je ne reconnais plus le MSM. Celui d’aujourd’hui a évolué dans une toute autre direction de par sa manière de faire, de procéder sans respecter les personnes. Je ne reconnais plus le MSM d’aujourd’hui et c’est triste. Car il faut reconnaître que c’est un parti qui a marqué l’histoire de notre pays et qui aurait dû avoir continué dans cette voie.

Quel est le principal reproche que vous faites au MSM d’aujourd’hui ?
 Ceux qui sont à la barre du MSM aujourd’hui n’ont pas vécu la naissance du MSM et ignorent sa philosophie.

Mais sir Anerood Jugnauth fait partie des membres fondateurs du MSM !
 Mais Anerood Jugnauth n’est plus dans le parti, encore moins à sa tête. Il n’a plus aucun say au MSM, ce qui explique sans doute que le parti est allé dans toutes sortes de directions. Les équipes qui ont dirigé le parti depuis quelque temps n’ont pas respecté les fondamentaux, n’ont pas suivi la voie qui nous a permis de faire évoluer le pays. Elles ont peut-être continué dans la même direction au niveau économique mais pas sur le plan social, ni celui du respect de toutes les composantes de la population mauricienne. Pour moi, la façon dont le MSM procède augure mal pour l’avenir du pays.

Que pensez-vous de la grande controverse du moment : la succession au poste de PM des Jugnauth, ce que l’opposition qualifie de “deal papa-piti” ?
 Un changement de Premier ministre est un moment solennel dans l’histoire d’une démocratie. Celui auquel nous venons d’assister a été mal préparé et mal exécuté à tous les points de vue et donne une image négative de la politique mauricienne à Maurice et ailleurs dans le monde.
 

Même si vous n’êtes plus dans la politique active, vous devez observer ce qui se passe dans le pays. Quelle est votre analyse de la situation ?
 La situation politique mauricienne peut être résumée par un mot : confusion. Et cela dure depuis les élections de 2014. Le gouvernement qui avait un énorme crédit populaire l’a dilapidé dans une série de mauvaises décisions et d’opérations approximatives qui ont dévalorisé l’image du pays. On a eu trois ministres des Finances en deux ans, un Premier ministre qui est venu attaquer publiquement son ministre des Finances, on a eu un ministre qualifiant un de ses collègues de KGB alors que l’autre disait qu’il faisait de la spéculation monétaire, sans parler de celui que l’on a qualifié de chihuahua. On a vu un Premier ministre venir dire publiquement qu’il avait été mis en minorité au sein de son cabinet ! J’ai travaillé pendant treize ans avec Anerood Jugnauth et je n’ai jamais connu pareille situation. À l’époque, chaque ministre avait ses responsabilités et faisait son travail en respectant le Premier ministre et son autorité. Aujourd’hui chaque ministre croit qu’il est plus important que les autres, peut dire et faire ce qu’il veut sans être ramené à l’ordre. Comment voulez-vous que le pays avance alors que ses dirigeants semblent ne pas savoir ce qu’ils font, n’ont pas de direction ? Et puis il y a eu ce sentiment que certaines décisions faisaient partie d’une vengeance politique en créant des psychoses dans le pays. Ces décisions étaient tellement mal préparées que bien souvent le gouvernement a dû revoir sa copie, revenir en arrière. On ne comprend pas ce que fait le gouvernement.

Il lui manque une direction, un leader ?
 C’est clair qu’au cours de ses deux premières années, le gouvernement n’a pas eu un sens de direction et une autorité pour l’imposer et la faire respecter et faire avancer le pays.

Puisque Anerood Jugnauth ne pouvait pas mettre de l’ordre et diriger le gouvernement, il fallait donc qu’il s’en aille ?
 Je réponds non à votre question. Anerood Jugnauth s’est engagé auprès de la population pour rester en poste pour toute la durée du mandat. Sa démission comme Premier ministre puis sa nomination comme ministre mentor —sans passer par le Cabinet mais simplement entre son fils et lui —, les conditions déplorables dans lesquelles tout cela s’est passé ont créé une ambiance malsaine dans le pays. Sans compter le départ du PMSD qui représente une fissure dans l’alliance Lepep.
 

Les choses sont-elles maintenant plus claires avec Pravind Jugnauth comme Premier ministre ?
 Je n’en suis pas sûr. Techniquement son accession est légale, mais la manière dont les choses ont été organisées le privent de la légitimité dont les dirigeants d’un pays ont besoin pour asseoir leur autorité. Mais tout va dépendre de la manière dont il va agir, faire son travail de Premier ministre et comment il va diriger le gouvernement. Cela va dépendre aussi de son équipe et de sa manière de fonctionner. Le nouveau gouvernement va devoir éviter les décisions arbitraires et indéfendables comme le limogeage de Megh Pillay...
 

On entend déjà contre vous des accusations de protection de montagne, comme on disait autrefois...
Je ne défends pas Megh Pillay parce qu’il appartient à la communauté tamoule mais parce que c’est un professionnel reconnu, qu’on a mis à la porte pour protéger un de ses subordonnés. Pour limoger le CEO d’Air Mauritius, une des principales compagnies du pays, on a convoqué un board en deux heures et donné des instructions aux membres représentant les ministères de le mettre à la porte. C’est une opération qui a été décidé par des conseillers et des proches de celui qui est aujourd’hui le Premier ministre du pays. J’espère qu’il ne va pas continuer dans cette même voie !
 

Un des premiers gestes du nouveau Premier ministre a été de nommer sir Bhinod Bacha comme Senior Adviser au PMO. Votre commentaire ?
 Je ne comprends pas cette nomination en soulignant que, malgré ses appels d’offres, Anerood Jugnauth avait refusé d’employer Binod Bacha. Il devait avoir ses raisons. Cette nomination oblige à se questionner sur la prolifération des conseillers au PMO. Quand j’étais ministre de l’Éducation, c’est moi qui était le conseiller du PM sur ce dossier, comme chacun des autres ministres était compétent dans son domaine respectif et avait la confiance du PM. Aujourd’hui, je vois que le Premier ministre a une conseillère pour l’éducation et une autre venue d’Angleterre que personne ne connaît. Ces nominations sont, à mon avis, un mauvais début. Est-ce que le PM aura le temps d’écouter tous ses conseillers et de mettre leurs conseils en pratique ? Et j’ajoute que je ne comprends pas comment M. Maunthrooa peut occuper un poste de responsabilité au PMO alors qu’il est impliqué dans une affaire de corruption qui fait l’objet d’un procès international. À mon avis, les nominations de Pravind Jugnauth et l’équipe dont il s’entoure envoient un mauvais signal au pays, qui avait voté pour mettre fin aux passe-droits et aux abus de pouvoir du précédent gouvernement. La situation qui continue à être malsaine n’inspire pas confiance, et je le dis avec tristesse pour le pays.
 

Arrivons — en maintenant au deuxième volet de cette interview consacrée à la mort programmée des ONG. Avec les nouvelles dispositions du budget modifiant les règlements de la corporate social responsability (CSR), beaucoup d’ONG sont obligées de réduire leurs activités faute de fonds, certaines envisagent même de fermer, ce qui mettrait leurs bénéficiaires dans une situation dramatique, et ce, dans l’indifférence générale, surtout celle du gouvernement...
 C’est l’impression que l’on a. Malgré toutes les représentations des ONG sur ce sujet, les autorités semblent ne rien vouloir entendre, ne rien comprendre et faire ce qu’elles veulent. Elles ont annoncé une mesure dans le budget et huit mois après cette décision elle n’a pas encore été mise en pratique. On vient de nommer un comité pour gérer la nouvelle CSR Foundation dont on ne sait pas encore comment elle va fonctionner. L’annonce budgétaire a plongé les ONG dans des situations terribles. Par exemple, la Global Rainbow Foundation avait un sponsor qui devait financer la fabrication de prothèses pour 150 personnes. Quand la mesure a été annoncée, le sponsor m’a dit que pour respecter la loi, il n’allait financer des prothèses que pour 75 personnes. J’ai dû batailler avant d’apprendre que les nouvelles mesures seront effectives pour le prochain budget.

Qu’est ce qui a poussé le ministre des Finances à revoir le fonctionnement de la CSR qui provoque tout ce chamboulement ?
 Il n’a pas motivé sa décision tout en déclarant que c’était pour mettre de l’ordre dans le secteur des ONG. Mais ce n’est pas en lançant quelques phrases dans le budget et en annulant les structures existantes qu’on met de l’ordre. Au contraire, les mesures annoncées dans le budget ont créé un immense désordre, sinon une panique chez les ONG et les milliers de Mauriciens qui bénéficient de leurs services. Il y a sans doute des ONG qui ne fonctionnent pas comme il le faudrait, mais dans l’ensemble, les ONG offrent des services que le gouvernement est incapable de proposer et contribuent à soulager des milliers de Mauriciens, surtout les plus vulnérables. Si le gouvernement applique les mesures annoncées dans le budget concernant la CSR, l’ONG que je préside sera obligée, comme les autres, de diminuer drastiquement ses activités. Je n’arrive toujours pas à comprendre ce qui a motivé cette décision qui va réduire l’action des ONG. Si j’étais au gouvernement, j’aurais au contraire augmenté les facilités offertes par les ONG, qui sont beaucoup plus efficaces que les services gouvernementaux. Cette annonce a créé une incertitude malsaine chez les ONG mais également chez leurs bénéficiaires. Il faut dire et répéter que sans le travail des ONG, la majeure partie des défavorisés de ce pays ne pourrait pas remonter la pente et envisager une vie normale. Ce sont de gens qui ont besoin d’un coup de main pour se remettre debout et les ONG font ce travail de soutien et d’accompagnement.
 

Pourquoi le gouvernement, au lieu de régler les problèmes des défavorisés, en donnant les moyens à ceux qui le font, semble-t-il s’amuser à les multiplier ?
C’est une question qui est sans réponse que l’on se pose de plus en plus dans le milieu des ONG. La manière dont se comportent les autorités et certains fonctionnaires peunt donner le sentiment que les problèmes des Mauriciens les plus vulnérables ne les intéressent pas. Je vous donne des exemples précis : la mère d’une petite fille aveugle de trois ans veut l’envoyer à l’école maternelle de Camp de Masque. On lui répond que cette école n’est pas ouverte aux aveugles et qu’elle doit envoyer sa fille au centre Loïs Lagesse. Quand sa fille obtient son admission à cette école spécialisée, la Sécurité sociale lui dit que selon les règlements, elle n’a pas droit à une allocation de transport. Il a fallu faire appel à un sponsor privé pour que cette petite aveugle puisse aller à l’école. Il a fallu menacer le ministère de déposer une plainte à l’Equal Opportunity Commission pour que le problème soit réglé. Je vous cite un deuxième cas : un jeune garçon handicapé de Triolet, premier dans sa classe au CPE et se contentant d’un vieux fauteuil roulant pour se déplacer. On lui a trouvé une chaise motorisée et l’enfant passe le CPE et obtient une place au collège Royal de Port-Louis, mais il ne peut s’y rendre faute de transport. Je l’ai envoyé au ministère de la Sécurité sociale où on lui a dit que, selon le règlement, on lui rembourserait seulement le transport par bus. J’ai dit : mais comment on fait rentrer un fauteuil roulant dans un bus ? On m’a répondu “le règlement, c’est le règlement”. J’ai dû faire appel à des sponsors pour que ce petit garçon puisse aller au collège. Autre chose : savez-vous que quand ils arrivent à l’âge de 60 ans les handicapés perdent leur pension de handicapés pour avoir juste la pension de vieillesse ?
 

Est-ce que tout cela est provoqué par le désintérêt des politiques, le manque d’enthousiasme des fonctionnaires ou une indifférence générale des Mauriciens pour les pauvres ?
C’est un peu de tout ça, ajouté à une forme de mesquinerie, peut-être même de cruauté envers les plus faibles. On semble croire à Maurice qu’aider une personne vulnérable, handicapée, est une faveur qu’on lui fait alors que c’est un droit qu’on lui doit. On les maltraite, on leur parle mal, on les renvoie de bureau en bureau pour les embrouiller tout en les humiliant plus que pour les aider. Mais attention, il ne faut mettre les torts uniquement sur les fonctionnaires mais aussi sur les ministres qui doivent assumer leurs responsabilités et ne font rien pour améliorer la situation. Nous avons perdu un peu de cette solidarité qui était une des grandes qualités humaines de notre pays. Avec la montée du matérialisme, de l’individualisme et la manière dont fonctionnent les instances officielles, censées venir en aide aux plus vulnérables d’entre nous, nous sommes en train de casser cet élan de solidarité naturelle chez nous.
 

Mais pourquoi les ONG ne s’organisent-elles pas pour réclamer les droits de leurs bénéficiaires ?
 Les ONG ont tout fait pour se faire entendre, des lettres et des pétitions ont été envoyées, des rencontres organisées, mais jusqu’à l’heure, cela n’a pas abouti. Parce que, et cela aussi il faut le souligner, il n’y a aucune communication sur cette question du ministère de la Sécurité sociale vers les ONG. Depuis huit mois, c’est le flou total, tandis qu’à cause du manque de financement, les ONG sont obligées de réduire leurs services et, dans certains cas, de licencier des membres de leur personnel. Je ne sais si les autorités réalisent le mal qu’elles sont en train de faire aux handicapés, à tous les niveaux, de ce pays et à leurs parents. Les handicapés de ce pays sont traités comme des citoyens de deuxième grade au niveau de l’accueil qu’ils reçoivent dans les institutions censées leur venir en aide et même au niveau des allocations que le gouvernement leur alloue. Est-ce qu’on sait que les allocations des enfants handicapés sont inférieures à celles que le gouvernement alloue aux enfants dits normaux ? Est-ce que l’on sait que c’est la même chose au niveau des infrastructures et des salaires des enseignants au niveau de l’éducation. Est-ce que ce n’est pas le contraire qui aurait dû prévaloir ?
 

Comment expliquez-vous cette politique à deux vitesses défavorable aux plus vulnérables de la société ?
 Au niveau social je crois que nous avons emprunté une mauvaise route qu’il faut absolument changer avant qu’il ne soit trop tard. Il faut que le gouvernement leur dise quelles sont leurs perspectives d’avenir, si elles doivent fermer et se préparer et, surtout, préparer leurs bénéficiaires et leurs parents à faire face à cette situation. Cela fait plus de six mois que les ONG et leurs bénéficiaires sont maintenus dans le flou en ce qui concerne leur avenir. Ils sont victimes d’une espèce de cruauté que l’on ne peut pas accepter dans un pays démocratique. Bien sûr, il y a eu de mauvais rapports sur l’utilisation des fonds du CSR, c’est vrai. Mais ce n’est pas parce quelques ONG n’ont pas respecté les règles qu’il faut condamner tout le secteur. Avant de décider et d’annoncer des mesures, il aurait fallu faire un audit des ONG et de l’utilisation de la CSR pour déterminer les failles du système et trouver les solutions nécessaires avec un programme et un cadre bien définis. Car il faut aussi dire que malgré ses imperfections - et sa mauvaise utilisation par certains -, la CSR a permis d’améliorer le sort de milliers de Mauriciens vulnérables.

Que souhaitez-vous dire pour terminer cette interview, Armoogum Parsuramen ?
 Quand je regarde tout ce qui se passe au niveau politique, quand je regarde tout ce flou qui concerne le secteur des Mauriciens les plus vulnérables, je dois avouer que je suis pessimiste et triste pour l’avenir du pays. Je suis non seulement triste et pessimiste mais aussi inquiet parce qu’on a l’impression que ceux qui prennent des décisions le font en toute impunité, sans aucune analyse des situations, ne prennent pas au sérieux les critiques et ne sont pas sensibles aux problèmes de la majorité mais seulement à leurs propres petits intérêts.