ART ET CULTURE - CELPAC : Pas de bibliothécaire dans neuf centres

Sur les 17 Centres de lecture publique et d’animation culturelle (CELPAC), neuf n’ont ni bibliothécaires et ni personnel pour y assurer l’animation, déplore au Mauricien le président de la Library Staff Union (LSU), Gheerish Gopaul, et ce même si le syndicat a attiré l’attention du ministère des Arts et de la Culture sous lequel opère cette institution, depuis « bientôt trois ans ».
« On a eu des réunions avec les responsables du ministère. On nous a assuré qu’on procédera au recrutement de “library officers” mais jusqu’à présent, rien n’a été fait », affirme le président de la Library Staff Union (LSU), Gheerish Gopaul. Les neuf centres concernés se situent à Caroline, Baie-du-Cap, Chemin-Grenier, Cottage, Fond-du-Sac, Montagne-Longue, Pailles, Petite-Rivière et Rivière-du-Rempart. Ces centres, dit-il, « sont gérés par les “attendants”, non qualifiés pour gérer une bibliothèque et pour assurer l’animation ». Et d’ajouter que, pour maintenir un service de qualité, « il faut avoir un personnel qualifié », soit des “Library and Animation Officers”, diplômés en “Library and Information Science”. « Les CELPAC sont là pour offrir un service à la population. Il n’est pas correct qu’ils soient gérés au petit bonheur », déplore Gheerish Gopaul.
Sollicité par Le Mauricien, le président des CELPAC, Islam Bhugan, également directeur adjoint de la Culture, affirme : « Nounn fini demann PSC pou fer rekritman. Li pou fer le neseser. » Il ajoute qu’en tant que président depuis un an, il a l’intention « de revoir tout le système » avec, pour but, « de ramener des gens à la lecture ».
Les CELPAC, anciennement connus comme les CLAC, font partie d’un projet proposé par l’Organisation internationale de la francophonie, qui opère sous l’égide du ministère des Arts et de la Culture. Sa mise en place fait suite à la signature de deux conventions cadres avec le gouvernement mauricien, en 1994 et en 1997 respectivement. Ouvrir des centres de lecture et d’animation culturelle dans les endroits ruraux de Maurice et de Rodrigues, leur offrant un service de bibliothèque, et faire la promotion des activités culturelles afin de sensibiliser le public à des thèmes d’intérêt commun, tel est le but du projet. Les activités culturelles comprennent des conférences, des pièces de théâtres, des performances musicales, la formation au dessin et à la peinture de même que des cours d’alphabétisation, des slams et raconter des histoires.
Ces centres visent à encourager la lecture à travers ces activités, à amener des facilités éducatives, de santé, de technologie et de littérature auprès des populations rurales de même que promouvoir la culture locale. L’accès aux CELPAC est gratuit et chaque unité dispose de plus de 3 000 ouvrages, notamment sur la science, la religion, la philosophie et l’art. Chaque centre comprend également une section “Mauritianna”. Les abonnés des CELPAC ont aussi accès aux dictionnaires, aux matériels de références, aux journaux, aux magazines et à des jeux éducatifs, tels Des Chiffres et des Lettres et le Scrabble. La location de DVD et de CD est également un service offert.