caractérisé par une maîtrise de l’adversaire sans opposition ou attaque frontale. Cette discipline attire les jeunes dès leur plus jeune âge comme de nombreux autres arts martiaux. Visite au Warriors Ju Jitsu Club de Paillotte.
D’aucuns empruntant la nouvelle route de Beaux-Songes à Phoenix ne peuvent manquer la banderole du Warriors Ju Jitsu club à l’angle de la route Candos et Sayed Hossen à Paillotte.
Tous les après-midis à partir de 15 heures, défilent en ces lieux jeunes et moins jeunes et même des enfants à partir de 5 ans. Certains pour des sessions de gym, d’autres pour l’aérobic ou le Ju Jitsu. Des activités initiées par Roshan Chenglerayen, ceinture noire 1er Dan en Ju Jitsu. Une passion qu’il partage avec ses élèves du collège Saddul où il est professeur d’éducation physique et tous ceux qui se joignent à son club.
En ce mardi après-midi, quelques jeunes discutent au pied de l’escalier sous l’inscription Warriors Ju Jitsu Club, qui indique l’entrée du club. Une fois au premier, on enlève ses chaussures pour entrer dans la salle. À 17 h 30, place à l’échauffement pour les plus jeunes avant l’entraînement. Après une bonne demi-heure d’effort, une petite pause pour se rafraîchir. Les exercices reprennent pour encore 30 minutes. Cette fois-ci les petits jitsukas se mettent à deux pour pratiquer les techniques, dépendant de leur niveau. Ils sont surtout des ceintures blanche, jaune et orange.
« … pli fasil pou metrize »
« Mo enn seintir oranz ek mo fer avek seintir zonn », soutient Kairavee Hungsraz, 9 ans. « Seintir zonn pli fasil pou metrize », dit-il. Habitant Solférino, cette petite fille est en standard 5 et suit l’exemple de son frère aîné. « Mon frère le faisait avant moi. J’aime bien aussi. C’est bon pour la santé », confie-t-elle. À Rohan Seenauth, 8 ans de renchérir : « Nou apran bann teknik pou defan nou. » Le petit rêve de devenir ceinture noire, « pou vinn pli for », dit-il. Son petit frère, Keshav en standard I partage le même rêve. « Nou apran défan nou tousala kan voler vini… »
Après cette première session, les grands se mettent en rang devant un miroir. Même scénario. Échauffement d’abord ! Entraînement ensuite ! Avant de se constituer en binôme, quelques exercices pour coordonner les mouvements des jambes et bras. « Nakul, Rama… » L’appel de Roshan Chenglerayen pour une démonstration de quelques chutes est entendu.
En Ju Jitsu, tous les mouvements doivent être exécutés en douceur et avec technicité de manière à ce que le jitsuka ne se blesse pas et il est recommandé de les faire en présence d’un maître. Side breakfalls, front roll, back breakfalls, … Un jargon propre au Ju Jitsu. « Par exemple pour les back breakfalls ou  chutes arrière, vous remarquerez que le corps ne touche pas le sol… ils apprennent à faire des chutes, à atterrir sur les jambes… avec technicité », explique Roshan Chenglerayen.
Autant de mouvements qui font travailler tous les muscles du corps pour garder les jitsukas en forme. En outre, cela leur permet de bien canaliser leur énergie et de se discipliner, insiste Yudish Sookhoo, 19 ans et ceinture verte. « J’ai un ami qui pratiquait des arts martiaux depuis que nous sommes petits. Je n’ai pas eu l’occasion d’en faire plus tôt. J’ai commencé par le karaté que je trouvais ennuyant. On était plus dans la théorie. Je me suis très vite tourné vers le Ju Jitsu que je trouve beaucoup plus intéressant car nous faisons et la théorie et la pratique », soutient-il. De plus, l’esprit de camaraderie le retient dans cet univers. « Nous sommes très soudés et nous aidons Roshan au club. Nous travaillons avec les plus jeunes sous sa supervision », fait-il ressortir.
Prof d’éducation physique
Idem pour Marshinibye Mahanoo, 20 ans. Graduée de ceinture mauve, notre interlocutrice a été initiée à cet art lorsqu’elle était au collège. « J’ai commencé le Ju Jitsu en 2006 au collège avec mon professeur Roshan Chenglerayen », lance Marshinibye Mahanoo. Aujourd’hui étudiante au Mauritius Institute of Education (MIE) à Réduit, elle prépare un diplôme pour devenir professeur d’éducation physique. « C’est une manière de me maintenir en forme et c’est un plus dans ma formation », dit-elle. Tous les après-midis, elle répond présente au club pour son entraînement de Ju Jitsu, de self-défense ou d’aérobic. Elle y passe quasiment tout son temps libre, « considérant même l’équipe comme une famille », dit-elle en souriant. « Mes parents sont habitués à mon absence. Ils m’encouragent dans ce que je fais », soutient notre interlocutrice, qui habite à Candos.
Roshan Chenglerayen indique que les adeptes de cet art commencent par la ceinture blanche, puis jaune, orange, verte, bleue, mauve marron et noire. Si chaque niveau requiert selon le formateur un an de préparation, pour le marron et le noir, « on consacre deux ans. Ensuite c’est le 1er, 2e et 3e Dan ».
Le club est affilié à la Mauritius Judo Ju Jitsu & Associated Disciplines Federation et dispense cette formation selon un programme défini et reconnu pour chaque niveau avant de passer un examen.