L’interdiction de l’utilisation du sac en plastique n’étant qu’un précurseur de multiples amendements à venir pour la préservation de l’environnement, bien des domaines se réinventent dans cette mouvance écologique. Rencontre avec la styliste Varuna Jeetun, dont le recyclage et le respect de la nature sont à la base des créations.
Elle n’avait pas encore 20 ans que Varuna Jeetun avait déjà pris conscience qu’il fallait opter pour le recyclage. Son parcours à la recherche de son identité dans le domaine de la mode a emmené cette styliste aux portes de la préservation de l’environnement. S’inspirant de cet univers, elle a depuis transmis cette manière de vivre dans ces créations vestimentaires, faites à partir de produits recyclés et de papier. Ainsi, à 22 ans, elle s’était vue décerner le titre de “Young Model Designer”. Repérée, Varuna Jeetun a apporté l’an dernier sa contribution au concours Miss Eco Universe, qui est pour elle « un rappel de l’importance de la préservation de l’environnement ».
« Pour de grands défilés, il y a encore des stylistes qui utilisent ce qui se trouve dans la nature. L’art passe souvent par cette notion de boue et de terre, où rien ne se perd et tout est transformé pour y insuffler une deuxième vie ». De fait, tout ce qui fait partie de la nature, Varuna Jeetun se l’approprie à sa manière dans ses créations. À l’instar d’un vêtement fait à partir de découpage de papier de magazines ou de journaux. La récup’Art est devenue plus qu’une passion, représentant entre autres pour elle une manière de vivre. Varuna communique avec la nature, l’environnement et fait dès lors partie de ces créateurs qui inspirent le respect.
Enseignante à Port-Louis, elle a trouvé le moyen de récupérer tout ce qui est inutilisable et de le transformer en objet décoratif et utilitaire. « Je fais des beachwear, des paréos en tissu recyclable. J’ai eu l’occasion de présenter mes créations lors du “Heat Winter Fashion Tour” de 2011 ».
Pour le concours Miss Eco Universe 2015, Varuna Jeetun impose sa touche artistique, marie les couleurs des papiers pour en faire une tenue vestimentaire. « Je dois m’assurer que le papier ne se déchirera pas, je choisis les colorés, les neutres et j’assemble le tout pour en faire un modèle ».
Le recyclage est pour elle une approche à la fois esthétique et utile. « Petite, je baignais dans cet environnement et graduellement à travers la couture j’en ai fait une forme d’art ». La sauvegarde de l’environnement est ainsi bien plus qu’une source d’inspiration. « Mettre sa créativité au service des autres et contribuer à la protection de la nature, c’est tout le mérite qu’on a en exerçant un tel métier ».
Maurice une île éco-green
« Pour faire de Maurice une île éco-green tout commence par une prise de conscience. Il faut savoir dire “non” aux sacs et aux bouteilles en plastique, qui polluent l’environnement. Les Mauriciens doivent être conscients que cela prend des siècles pour que se dégrade le plastique jeté dans la nature. Avec la montée des températures et les divers changements climatiques, le monde comprend graduellement que les produits recyclés peuvent être implémentés au sein de tout système. Commençons par trier les déchets, car il y a urgence pour sauver notre planète. Il faut passer au vert », déclare Varuna Jeetun.
La styliste se passionne aussi pour la danse classique et le bharata natyam. « L’art n’a aucune limite. Il nous fait prendre conscience qu’on est des êtres en voie de développement avec cette capacité d’être créatifs ».