ASHOK SUBRON (REZISTANS EK ALTERNATIV) : « Si Pravind Jugnauth touche à la pension, il va à sa perte »

Ashok Subron, de Rezistans ek Alternativ, revient sur l’actualité politique de ces dernières semaines. Il justifie la plainte déposée en cour contre la passation de pouvoir entre sir Anerood Jugnauth et son fils, Pravind. Selon lui, il y a eu entorses à différentes provisions de la Constitution. Il analyse également le départ de Roshi Bhadain et la situation économique. Selon lui, le « gros capital », local et international, ainsi que les « parasites » autour du pouvoir déterminent aujourd’hui l’orientation économique. C’est ce qu’il identifie comme étant un système mafieux. Il fustige les concessions accordées sur différentes taxes alors même que le fonds de pension est en difficulté. Il prévient le Premier ministre, Pravind Jugnauth, que la réforme de la pension universelle risque de le mener à sa perte.

Rezistans ek Alternativ a contesté la passation des pouvoirs en cour. Pourquoi une telle démarche ?
Nous pensons qu’il y a eu des entorses commises aux dispositions constitutionnelles. Mais avant d’entrer dans les détails, je ferai ressortir qu’il y a quelque chose d’élémentaire qui n’a pas été respecté dans cette passation de pouvoir : c’est le respect du peuple. A aucun moment pendant la campagne électorale, dans le manifeste de l’Alliance Lepep ou dans le programme gouvernemental, un éventuel changement de Premier ministre n’était à l’agenda.
Par ailleurs, la Constitution ne fait pas provision pour ce genre de passation de pouvoir. Pour ce genre de démission où un Premier ministre démissionne en désignant son remplaçant, et dans le cas précis, de surcroît son fils. La Constitution fait provision pour une situation très précise : celle où un Premier ministre démissionne de l'Assemblée nationale ou fait face à une motion de censure à l’Assemblée.
Face à ce vacuum dans la Constitution, les tenants du pouvoir d’aujourd’hui ont décidé de l’interpréter à leur manière. Ce qui est d’autant plus grave, c’est que c’est une passation qui s’est faite dans une période de 48 à 72h. Alors qu’il y avait un vacuum constitutionnel qui se posait et qui méritait un débat avant la passation de pouvoir.
Il faut aussi faire ressortir la déclaration de sir Anerood Jugnauth après la passation de pouvoir. Lors de son point de presse à La Caverne, il a dit qu’il avait démissionné en raison de problèmes de santé. Cela mène à une autre problématique, car selon les dispositions de la Constitution, si un PM affirme qu’il démissionne pour des raisons de santé, c’est une autre disposition de la Constitution qui s’applique et qui stipule que la présidente doit nommer le Premier ministre adjoint.

Avez-vous été surpris par la démission de Roshi Bhadain ?
Personnellement, j’ai été plus surpris du moment du départ de Roshi Bhadain que de son départ lui-même. Mais on le sentait venir. J’ai été en contact avec Roshi Bhadain en tant que militant syndical. Que dire, par exemple, quand on voit un ministre travailler jusqu’à deux heures du matin pour élaborer un plan d’autogestion d’Iframac et, le lendemain, après que les travailleurs aient célébré la nouvelle, le conseil des ministres vient y donner un grand coup de pied ? C’était déjà un élément de conflit. Je l’ai vu aussi quand j’ai témoigné de la virulence avec laquelle Roshi Bhadain avait attaqué le projet de Smart City de Port-Louis, piloté par Vishnu Lutchmeenaraidoo. Ensuite, on a vu l’exposition publique de ce problème avec Heritage City, alors que c’était un projet d’Etat. La guerre était exposée. On a vu le grand conflit avec Lutchmeenaraidoo. Et on apprend aujourd’hui que Bhadain était à deux doigts de devenir ministre des Finances.
Je pense qu’on doit insérer ce genre de conflit dans une analyse générale. En fait, l’Alliance Lepep n’avait aucun projet économique et social pour le pays. A un moment, au gouvernement, chacun pilotait ses projets que les investisseurs privés présentaient à différents clans au gouvernement. Par exemple, qui a entendu parler de Smart Cities pendant la campagne électorale ? Cela n’a été mentionné aucune part. Le conflit entre Lutchmeenaraidoo et Bhadain vient de là. Couplé à deux traditions différentes. Le premier incarne une tradition plus ancienne et le deuxième, lui, une tradition de “cyber boy”, impulsif, prétentieux et arrogant aussi.
Par ailleurs, Bhadain, qui est nouveau en politique, a clairement eu affaire à ce qu’il décrit aujourd’hui comme étant une mafia. L’establishment est encerclé de toutes formes de mafia, légales ou illégales… Il a certainement eu à faire face. Est-ce que lui se situe dans un camp ou l’autre ? Je ne peux le dire. Toujours est-il qu’il a réalisé qu’il y a autour du pouvoir des clans, notamment économiques, certains plus mafieux que d’autres, prêt « for the kill », que ce soit sur le plan politique ou économique. J’en ai été témoin dans l’affaire BAI. Cette guerre à mort qu’il y a eu pour prendre le contrôle d’une compagnie ou d’une marque.

Il a dit vouloir un renouveau avec son parti qui, d’ailleurs, s’appelle The Reformer…
Bhadain a démissionné. Que représente-t-il maintenant ? On l’a entendu critiquer le “deal papa-piti”. Dans un certain sens, il était lui-même comme le deuxième “piti”. Il était sous l’aile de sir Anerood Jugnauth et n’a pas manqué une occasion pour le glorifier. Idem pour le fils, avec ses bisous explicites devant les médias. Maintenant, on saura ce qu’il vaut vraiment. Ce qu’il a annoncé qu’il fera est une autre paire de manches. Il a énuméré certaines valeurs que, soit dit en passant, nous pratiquons déjà à Rezistans ek Alternativ, notamment en ce qui concerne la transparence.
Bhadain questionne le système mais pas le système mafieux, le système pourri. Il dit qu’il sera un meilleur gestionnaire de ce système. C’est là où nous situons la différence entre Bhadain et Rezistans ek Alternativ. Il dit qu’il représente une alternance à l’intérieur de ce système. Cela veut dire qu’on se contente de tourner la roue d’un système pourri et mafieux. Nous, nous nous présentons comme une alternative. Nous voulons un programme pour challenge, remettre en question le pouvoir hérité depuis l’indépendance, que ce soit le pouvoir politique ou économique. Nous ne pouvons mettre quelqu’un qui se dit propre pour faire rouler le système. Avant lui, Boodhoo avait essayé. C’est ce qui s’est passé dans les années 1970.

Il a aussi dit que son rôle dans l’affaire BAI était d’élaborer un plan de sauvetage pour les employés du groupe. Vous qui l’avez côtoyé à cette période, vous le confirmez ?
Je ferai une parenthèse pour dire que Rezistans ek Alternativ était l’une des premières organisations à voir le problème qu’il y avait à la BAI. Un an avant l’éclatement du scandale, nous en avions parlé à un journaliste, qui avait écrit un article mais que son rédacteur en chef avait refusé de publier. Le problème Ponzi de la BAI existait bel et bien. Est-ce que l’Alliance Lepep a bien agi ou pas ? Le temps nous le dira. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il y avait bel et bien une affaire de Ponzi Scheme.
Pour ce qui est de la sauvegarde de l’emploi et du remboursement aux détenteurs de police d’assurance, entre autres, je crois que c’est le résultat de la mobilisation des personnes concernées. Roshi Bhadain a dû composer avec ces mobilisations. Il a travaillé jour et nuit, certes. Je l’ai côtoyé à cette période, j’ai eu beaucoup de clashes avec lui, mais j’ai l’impression qu’il sentait qu’on lui avait mis cette affaire sur le dos. Dans sa conférence de presse, il a essayé de s’en dédouaner maladroitement. Mais je crois que c’est une responsabilité collective qu’il aurait dû assumer. Il n’est pas correct qu’il vienne dire, après sa démission, “pa mwa sa, Vishnu sa”. Pour en finir avec Roshi Bhadain, nous le situons dans une nouvelle droite libérale avec des accents un peu plus Mr Propre. Mais on verra.

Revenons aux Smart Cities. Rezistans ek Alternativ s’oppose catégoriquement à ces projets, dont on dit qu’ils vont créer de l’emploi et encourager l’investissement. Pourquoi ?
Je soulignerai d’abord le lien de plus en plus malsain entre le pouvoir politique et le pouvoir économique. La passation des pouvoirs “papa-piti” se situe dans le même contexte. Voyons plus en profondeur : on a un parti politique à Maurice, en l’occurrence le MSM, où sir Anerood Jugnauth dit qu’il a utilisé l’argent restant des donations pour la campagne électorale de 1983 pour créer un trust familial. Voilà le ver dans le fruit. C’est ce trust, en l’occurrence le Sun Trust, qui est le centre de commandement de ce parti politique. C’est de là également qu’on organise la prise du pouvoir. C’est cela qui a provoqué une guerre familiale avec le frère, Ashok Jugnauth, et à partir de là que tous les dauphins potentiels pour succéder à sir Anerood Jugnauth ont été éliminés. C’est l’existence du Sun Trust qui a dessiné le pouvoir du MSM et qui est à la base de la passation des pouvoirs. Il est donc logique que le fils remplace le père puisqu’il est un trustee de ce fonds.
L’autre face, nous avons le cas de Navin Ramgoolam, où un ancien PM se retrouve avec Rs 224 millions dans son coffre-fort. Jusqu’ici, il n’a rien révélé à la police à ce sujet. En public, il a donné des explications qui ne tiennent pas la route. Nous faisons face à une dégénération de la démocratie. Un état de pourriture avancée de la fabrique démocratique. D’où la nécessité d’un sursaut. Pour en revenir à la question, je constate un pourrissement de la démocratie, dont la racine est ce lien malsain entre le pouvoir économique et le pouvoir politique. Les différentes sections de la bourgeoisie locale et internationale interfèrent de plus en plus dans l’orientation économique et la définition des lois du pays.
Pour les travailleurs et les citoyens. Après quelques mesures sociales, Rs 600 d’augmentation, pension de vieillesse… on a vu la mise en place des projets prônés par le grand capital et influencé de plus en plus par une section de grands riches installés à Maurice depuis le développement des IRS. C’est cela qui détermine la politique aujourd’hui. Ensuite, il y a les parasites qui gravitent autour de l’État. Maurice va vers une intensification du Property Business. Ce qui se fait au niveau des Smart Cities en fait partie. C’est devenu un pilier central de l’orientation économique. Couplé à cela, on a voté des amendements à la Sugar Efficiency Act en catimini à la dernière session du Parlement. D’ailleurs, nous avons été les seuls, avec les petits planteurs, à protester contre cela en déposant des récipients de terre devant l’hôtel du gouvernement. On a introduit aujourd’hui un nouveau concept intitulé Land Conversion Rights. Désormais, les gros propriétaires terriens peuvent convertir les terres agricoles pour des IRS. Avec les Land Conversion Rights, ils ne doivent rien investir mais cela donne la possibilité aux riches étrangers de venir investir dans les Smart Cities. Le propriétaire de terrain devient un super-rentier. Malheureusement, nous avons une intelligentsia à Maurice qui n’a pas analysé toutes ces choses.
Nous sommes aujourd’hui dans une orientation économique vers le business foncier et avec des exemptions de taxe énormes aux promoteurs des Smart Cities. Le petit peuple, quand il construit sa maison, il paie une taxe sur tout alors que plusieurs dépenses encourues pour la construction de Smart Cities en sont exemptées. Il y a six types de taxes exemptées, dont la TVA. Alors, quand les gens modestes construisent leur maison, ils doivent payer toutes sortes de taxe alors que les hyper riches, la jet-set, ont toutes sortes de concessions. Et en parallèle à tout cela, on entend dire qu’il n’y a pas suffisamment d’argent dans le fonds de pension.

Justement, on travaille actuellement sur la réforme de la pension de vieillesse. Qu’en pensez-vous ?
Ce sera la plus grande trahison de l’Alliance Lepep. Pourquoi donner autant de concessions aux promoteurs alors qu’on a des problèmes à remplir les caisses ? Je préviens Pravind Jugnauth : s’il touche à la pension universelle, il ira à sa perte. L’Alliance Lepep a été élue sur la base d’un mandat pour consolider le droit à la pension de vieillesse. Elle a fait sa campagne sur l’augmentation de la pension de vieillesse, entre autres. C’est un des trois éléments ayant propulsé l’Alliance Lepep au pouvoir.
Aujourd’hui, on a mis sur pied un comité en vue d’éliminer la pension de vieillesse avant 65 ans. Alors que la pension universelle à 60 ans est un droit à tous les citoyens. On cherche toutes sortes de pseudo-formules pour enlever ce droit. La pension de vieillesse universelle est un des plus grands résultats de soulèvement des travailleurs en 1937 et 1943.
Pour l’heure, on a mis sur pied un comité, encouragé par le FMI et la Banque mondiale, pour revoir la pension universelle. Soit dit en passant, aujourd’hui, la politique du FMI et de la BM a mené le monde vers un désastre. On voit une montée de l’extrême droite fascisante dans plusieurs pays. Ce sont les conséquences politiques de ces décisions. On a fait du « free trade » et du capitalisme la nouvelle Bible.
Pour en revenir au comité, on y a nommé des personnes avec des « vested interests » dans le business de la pension privée. Ce sont eux qui décideront de ce qu’on va faire du droit à la pension universelle. Certaines compagnies d’assurances, les premiers intéressés, y sont représentées. Car plus on attaque la pension publique, plus on encourage la pension privée. Et on connaît cette soif qui existe à Maurice et à travers le monde pour mettre le grappin sur la pension de vieillesse. On veut encourager la pension privée, qui servira ensuite de source de capital pour d’autres projets. C’est cela le système mafieux, pour reprendre le terme de Bhadain. C’est ce concept qui est à la base du problème de la BAI. Nous avons aujourd’hui une problématique similaire avec NMH. Nous réclamons le démantèlement de ce comité car il y a des conflits d’intérêts. Il y a six représentants du secteur privé et deux représentants syndicaux. Nous sommes très inquiets de cela.

Selon vous, on privilégie le bien des étrangers au détriment des Mauriciens ?
La politique économique et sociale va dans la direction de la braderie. Outre la question de la terre, que j’ai déjà évoquée, il y a eu la braderie des plages et, maintenant, de l’océan. Bizarrement, la passation des pouvoirs a fait un partage. “Piti” s’occupe de la terre, et donc de Maurice, et “papa” gère les îles et la mer. La manière dont on dilapide la terre agricole avec le business immobilier menace sérieusement l’avenir du pays, puisque c’est irréversible. La manière dont on octroie des morceaux de plage aux investisseurs privés est inquiétante. Je parle notamment de Pomponette, où j’invite les autorités à enquêter. Il y a eu des choses très graves qui se sont déroulées là-bas concernant le transfert des EIA. Nous soupçonnons un business d'EIA Licence. Des agents politiques décrochent un EIA qu’ils revendent ensuite à d’autres.
Il y a aussi le site de La Cambuse, où il y a des éléments écologiques les plus précieux du pays, aujourd’hui menacés par deux projets de développement à la fois. Maintenant, on se tourne vers l’océan. C’est le nouvel eldorado. C’est la privatisation, notamment par l’aquaculture, sans compter le problème écologique que cela engendre. Maintenant, le BoI accordera des concessions à toutes sortes d’opérateurs pour contrôler l’océan. Voilà la direction où nous allons. L’Alliance Lepep, faute d’un projet, est en train d’adopter les projets de toutes sortes de « money mongers » qui ne pensent qu’à leurs intérêts. Ce sont eux qui dirigent aujourd’hui la politique économique et sociale.
Beaucoup de personnes se posent aujourd’hui des questions. Nous allons vers une nouvelle colonisation du pays. Avec les Smart Cities, nous aurons une nouvelle entité administrative. Elles ne seront ni sous l’administration des municipalités ni sous les Districts Councils. Qu’est-ce que cela engendrera en termes de système démocratique du pays demain ? Maurice est un petit pays. On vient d’avoir le rapport d’Oxfam, selon lequel huit hommes possèdent plus de 51% des biens de l’humanité. Et nous, nous visons justement cette catégorie de personnes pour acheter des propriétés à Maurice. Et lorsqu’ils arrivent ici, avec leur puissance financière et les politiciens qui vont faire la queue pour s’enrichir, on peut s’attendre à un degré de corruption qui mènera à une intensification du pourrissement de la démocratie. Ils contrôleront de plus en plus le pouvoir politique. Valeur du jour, cela se fait déjà avec la bourgeoisie locale et les parasites autour du pouvoir politique. Il y a une inégalité grandissante entre les riches et les pauvres. Ce n’est pas un slogan, c’est une réalité. Les Mauriciens sentent de plus en plus que leur pays est en train d’être envahi. Pas par les pauvres étrangers qui viennent travailler ici, mais par les riches, qui se croient tout permis, en affichant par exemple des panneaux d’interdiction sur les plages. Nous avons en face une jeunesse désemparée, faisant des efforts pour étudier, mais qui est au final bloquée. Nous avons aujourd’hui des jeunes avec leurs degrés contraints de travailler dans des écoles avec un salaire Rs 6 000. Il y a le désir de quitter le pays pour aller émigrer ailleurs. Tous ces facteurs font que nous nous trouvons sur un volcan.

Justement, une telle situation peut-elle conduire à une révolte sociale ?
Les ingrédients sont là. Au sein de Rezistans ek Alternativ et des mouvements avec lesquels nous travaillons, nous essayons de donner une expression à ces sentiments. Il faut que la frustration et l’indignation soient la base d’une émancipation citoyenne et d’un projet politique pour une transformation structurelle. Nous sommes également à un fin de cycle des partis traditionnels. Il y a un émiettement de ces partis. Il y a aussi une permutation entre eux. Nous, à Rezistans ek Alternativ, nous mobilisons les jeunes pour que l’indignation devienne la genèse d’un projet d’émancipation et de transformation. Contrairement à Bhadain, nous visons l’alternative et pas l’alternance. Nous sommes très inquiets et craignons que le volcan où nous nous trouvons ne finisse par exploser en l’absence d’un projet politique cohérent. Et malheureusement, nos inquiétudes sont grandissantes avec ce qu’on a vu récemment dans le monde. On n’a qu’à voir la montée de l’extrême droite dans le monde. Le contexte est semblable à celui ayant précédé la Seconde Guerre mondiale. Nous avons très peur que Maurice – avec sa jeunesse, son intelligentsia et sa classe moyenne –, pas équipée à comprendre les racines systémiques et pas dirigée vers un projet émancipateur que nous appelons éco-socialiste, ne vive une dérive sociale. Avec notre problème particulier de communalisme greffé dessus, cela risque d’être explosif.

Vous avez refusé une invitation à siéger sur le National Wage Consultative Council pour déterminer le salaire minimum. Pourquoi ?
Dans le courant de la semaine, j’ai reçu un appel téléphonique n’informant, à ma grande surprise, que je devais siéger sur le NWCC. Or, on sait que j’avais déjà dit en public que je n’allais pas siéger sur ce comité car je n’accepterai jamais d’être nommé par un ministre. Ensuite, je ne pourrais siéger dans un comité où les paramètres du salaire minimum national ont déjà été décidés. Cela ne permet aucune discussion libre car tout est déjà déterminé dans la loi. Troisièmement, je ne vois pas de quoi le NWCC va débattre alors que, dans le cadre des nouveaux RO émis récemment, on a refusé d’augmenter le salaire des travailleurs de la zone franche, soit les plus mal payés du pays. Le gouvernement, du moins le ministre du Travail, a refusé d’augmenter les salaires à Rs 6 500. Si on ne peut même pas faire de RO pour les travailleurs les plus mal payés, je ne vois pas comment le NWCC viendra de l’avant avec un salaire minimal national. D’ailleurs, la loi prévoit qu’il peut venir avec des salaires différenciés. Pour moi, le salaire minimum est une des trahisons les plus marquantes de l’Alliance Lepep après sa prise de pouvoir en 2014.