ASSEMBLÉE NATIONALE : Metro Express 4 ans de chantier à partir du 12  mars

  •      C’est ce que confirme le ministre Bodha à la PNQ du leader 
de l’opposition, Paul Bérenger, sur la construction du Light Rail Rapid Transit entre Curepipe et Port-Louis avec 19 stations, 
dont cinq Urban Terminals
  •     Deux firmes indiennes, Afcons et Larsen & Toubro, identifiés 
pour le Detailed Design et le choix de New Delhi Metro
comme Preferred Bidder pour la gestion
  •     Metro Delhi opérera le Light Rail Metro avec une composante 
de formation et les Mauriciens prenant en charge le réseau 
de Mass Transit après cinq ans

La séance de l’Assemblée nationale de ce jour constitue une première dans la mesure où le Direct From Parliament, avec la retransmission en direct pour la première fois des débats à l’Assemblée nationale, est devenu une réalité. La Speaker, Maya Hanoomanjee, n’a pas manqué de marquer cet événement historique dans les annales parlementaires en retraçant les différentes étapes. « Live broadcasting of the proceedings of the House is a reality as from today. The 15th December 2016 marks a major stone in reinforcing parliamentary democracy in our democracy », a-t-elle déclaré en début de séance en ajoutant que « we are writing a new page in the History of Parliamentary Democracy ». Elle a ajouté que le Parlement de Maurice fait partie des 53 % de parlements dans le monde où les travaux sont retransmis en direct.
La Private Notice Question du jour du leader de l’opposition, Paul Bérenger, sur le projet de Metro Express, a également une portée historique vu les changements substantiels prévus dans le mode de transport en commun et les habitudes du public voyageur. En réponse au leader de l’opposition, le ministre des Infrastructures publiques, Nando Bodha, a confirmé que la cérémonie de la pose de la première pierre du projet de Metro Express par le Prime Minister-In-Office, sir Anerood Jugnauth, est prévue pour le 12 mars prochain. Cette cérémonie se déroulera à Port-Louis à la hauteur du bâtiment en pierres à Caudan le long de la Nationale à l’entrée sud de la capitale. Les travaux de construction devront durer environ quatre ans. La mise en opération des premiers trains entre la gare Ian Palach à Curepipe et la place de l’Immigration ne devrait intervenir qu’en mars 2021, soit après les prochaines élections générales. Le projet sera réalisé par des firmes indiennes, avec deux, Afcon et Larsen & Toubro, déjà en lice pour le Detailed Design et le Delhi Metro pour les opérations et la gestion du Metro Express.
Selon les informations fournies par le ministre Bodha, le Metro Express comprendra 19 arrêts et cinq Urban Terminals. Le concept de pilotis pour le tronçon entre St-Jean et Port-Louis pourrait être abandonné. Mais à ce stade, le ministre s’est gardé de s’aventurer à chiffrer la révision du coût de construction de ce projet. Aux interpellations supplémentaires du leader de l’opposition, il s’est contenté de faire état de « substantial reduction in costs ». Il a ajouté que différentes options sont envisagées sur le plan Engineering, l’aspect technique et le volet administratif de ce projet estimé initialement à 850 millions de dollars américains et qui aurait pu atteindre 1 milliard aujourd’hui. Il n’a pas raté d’aiguiser l’appétit de ses pairs de la majorité en évoquant qu’une des composantes du coût dans le précédent projet décidé sous le gouvernement de Navin Ramgoolam était constituée de « Preliminaries » de Rs 4 milliards, représente un pourcent du projet. Mais ces Preliminaries ont été réduites de Rs 1 milliard à ce jour.
Bérenger : Par rapport au Mauritius Light Rapid Transit Project/Metro Express Project, le ministre des Infrastructures publiques peut-il révéler si la Singapore Cooperation Enterprise a déjà soumis son rapport final, si le gouvernement envisage de rendre publiques les recommandations, si le tracé du Metro Express et le nombre de stations ont déjà été arrêtés, le coût révisé du projet et le mode de financement, si des firmes étrangères sont recrutées pour le design, la construction et la mise en opération du Metro Express et aussi si des consultations ont été initiées avec les employés et les syndicats du transport en commun, les compagnies d’autobus de même que les petits opérateurs à ce sujet ?
Bodha : Le Light Railway Project est un des plus ambitieux projets entrepris par un gouvernement à Maurice. L’idée remonte aussi loin que 1989 alors que SAJ était Premier ministre. Toutefois, ce n’est qu’en 2001 que le gouvernement d’alors, MSM/MMM, a donné une considération sérieuse au projet. Une étude nationale sur les transports a été commandée à Halcrow Fox Consultants, qui recommandait un système ferroviaire léger pour le corridor Curepipe–Port-Louis sur une distance de 25 km et qui abriterait 13 stations.
Le précédent gouvernement a pris des initiatives pour l’implémentation du projet à partir de 2012 après avoir réalisé ses avantages. Après avoir suivi toutes les procédures prescrites conformément à l’article 3 de la loi sur les marchés publics, le gouvernement a confié à Singapore Cooperation Enterprise (SCE), sous la forme d’un accord gouvernement à gouvernement, la responsabilité de la gestion de projet et de services en conseils pour l’élaboration du projet MLRT pour la première phase. La SCE a été retenue comme gestionnaire des transactions pour la deuxième étape, qui consistait à fournir des services consultatifs au gouvernement pour l’acquisition et la mise en œuvre éventuelle du projet.
La SCE a terminé avec succès la phase 1 en 2013 et a ensuite été engagée pour la phase 2 en 2014. À l’étape 1, les travaux ont consisté à conduire l’étude de faisabilité technique et à choisir un alignement privilégié, la sélection des options technologiques, la reconfiguration des services de transport public existants. Des stratégies visaient à encourager la réduction de l’usage des voitures particulières.
Sous l’étape 2, la SCE devait fournir des services consultatifs au gouvernement pour l’acquisition et la mise en œuvre éventuelle du projet LRT. Par la suite, le gouvernement a donné son accord à l’attribution du contrat du projet MLRT au consortium AFCONS-CAF-SPCL sur un modèle de conception et de construction. Toutefois, le gouvernement de l’époque n’a pas poursuivi la mise en œuvre de ce projet. Le projet a été gelé du fait que le gouvernement l’a jugé trop coûteux.
Le présent gouvernement a ensuite décidé de relancer le projet dans le cadre de l’Integrated National Transport avec la mise en œuvre du Programme de décongestion des routes et, à la lumière de nouveaux développements, à savoir : une révision à la baisse du coût du projet; la subvention obtenue du gouvernement indien pour le financement du projet; et les impacts socio-économiques attendus sur le pays, notamment la réduction du temps de déplacement, l’amélioration de la fluidité du trafic routier, la diminution de la congestion routière, la diminution du coût du carburant et la réduction de la pollution due aux émissions des véhicules.
Dans ce contexte, la SCE a été contactée par le gouvernement pour l’examen et la relance du projet et des discussions ont été engagées sur le redémarrage potentiel du projet. Le gouvernement a demandé à l’équipe de la SCE d’entreprendre une mission relative à la modification de la conception de référence, qui couvre les tâches suivantes : mise en place du projet; ingénierie de la valeur de la ligne principale existante; examen des interfaces entre le MLRT et le Programme de décontamination des routes et l’élaboration du rapport de changement de conception de référence.
La SCE a retravaillé son rapport de 2013 dans le but de rationaliser les coûts afin de l’aligner sur les exigences optimales et de rendre les coûts abordables pour le gouvernement. Ce rapport servira de base à la préparation de la demande de propositions, qui est actuellement entreprise par la SCE. Compte tenu de la nature confidentielle du rapport et du fait que le processus d’appel d’offres exige la plus grande confidentialité, il n’est pas proposé de rendre le rapport public à ce stade. Le tracé commencera à partir de Ian Palach et se terminera à la place de l’Immigration. Il comprendra 19 stations au total, y compris 5 échanges.
Le coût a été considérablement revu à la baisse. Le projet sera financé en partie par une subvention de USD 275 millions du gouvernement indien et le reste du financement proviendra des institutions de financement locales et/ou de la ligne de crédit de l’Inde et/ou des partenaires du développement sur la base des termes et des conditions les plus favorables au projet.
La SCE a déjà complété la conception de référence et la conception détaillée sera faite par le Selected Design and Built Contractor. L’une des conditions de la subvention du gouvernement indien est qu’il est obligatoire que la compagnie de conception et de construction soit choisie parmi les entreprises indiennes. Le sondage sur le marché et l’exercice d’engagement précoce avec les deux promoteurs désignés, y compris l’aperçu du projet/offre, la visite sur place ont été effectués.
Les deux côtés de la Chambre continuent de s’engager politiquement pour que tous les intervenants participent pleinement à la mise en œuvre de cet important projet. Dans ce processus, la NTA, en tant que régulateur de l’industrie des transports publics et mon ministère, sera appelée à mener des consultations en temps voulu avec les opérateurs de bus, les syndicats de taxi et les travailleurs de l’industrie afin de rassembler toutes les parties prenantes. Je tiens à rassurer la Chambre que, dans tout le processus de mise en œuvre du projet, mon ministère veillera à ce que l’intérêt de tous les travailleurs et opérateurs soit constamment sauvegardé.
Feasibility Study
Bérenger : Répondant à une précédente PNQ le 24 mai dernier, le ministre avait fait état d’un Update du projet par la Singapore Cooperation Enterprise et des détails rendus publics au sujet de la Feasibility Study ? Pourquoi, aujourd’hui, se cache-t-il derrière la confidentialité pour ne pas divulguer les derniers rapports ?
Bodha : We had to see the cost implication. Cela au niveau du Technical Engineering et du volet administratif. Le rapport propose des options et ces éléments seront tenus en ligne de compte pour le Bidding Exercise, qui est prévu en vue d’allouer le contrat pour les travaux. La divulgation de ces détails pourrait porter préjudice à cet exercice. Toutefois, à un certain point, ces détails seront rendus publics car nous sommes pour la transparence vu l’envergure de ce projet.
Bérenger : Le ministre a fait état d’une New Public Transport Study de la firme de PwC. Peut-il révéler si cette étude aura un impact sur le Metro Express ?
Bodha : Pour le contrat alloué à PwC (India), un exercice d’appel d’offres avait été organisé. Le financement de cette étude est assuré par l’Agence française de Développement. Mais l’aspect le plus crucial de cette étude demeure les Rs 1,2 milliard consacrées au financement du transport par autobus. Comme nous le savons, aujourd’hui, il n’y a aucune « accountability » à ce sujet. Cette étude portera également sur les routes desservies par la Corporation Nationale de Transport, et les autres opérateurs dans le domaine du transport en commun. Cette étude devra mettre en relief les lacunes et manquements au sujet de l’utilisation de ce budget de Rs 1,2 milliard pour le bus transit. En 2012, il y a eu une étude de la SCE pour l’intégration du Light Rail dans le système de transport en commun et les Feeder Routes. Le Metro Express entre Curepipe et Port-Louis devra intégrer le système de transport en commun. Avec les recommandations de l’étude de PwC, nous allons procéder à un Updating des décisions par rapport au Metro Express.
Bérenger : Au chapitre du tracé, le Metro Express ira de la place Ian Palach à Curepipe jusqu’à la gare de l’Immigration. Comment se fera la traversée de Port-Louis, notamment depuis la gare Victoria jusqu’à la gare du Nord ?
Bodha : Port-Louis comportera deux Urban Terminals, soit la gare Victoria avec le Bus Passenger Terminal, le Train Terminal, le parking et le Foodcourt et puis l’Immigration Terminal. The idea is to extend the Metro Express to Pamplemousses avec des Feeders vers Rivière-du-Rempart, Goodlands et Triolet. It will be part of the Motorway…
Bérenger : Et qu’en est-il du tracé dans les Plaines-Wilhems, notamment avec la desserte d’Ébène et de l’Université de Maurice ?
Bodha : Nous prévoyons des variations dans le contrat avec une extension de Rose-Hill à Ébène et à l’Université de Maurice. Cela se fera en deux étapes. Le contrat principal sera entre Curepipe et Port-Louis. Et ce sera au gouvernement de décider concernant les Feeder Lines vers l’Université de Maurice et Ébène à partir de l’Urban Terminal de Rose-Hill.
Special Purpose Vehicle
Bérenger : Le coût du précédent projet était de Rs 25 milliards. Puis-je avoir une idée du coût révisé du Metro Express ?
Bodha : Le projet sous le précédent gouvernement était estimé à USD 850 M. Si ce projet était mis à exécution aujourd’hui, le coût aurait atteint 1 milliard de dollars. Tout ce que je peux dire à ce stade est que nous avons réduit le coût de manière substantielle. What can I say is not a figure ; it will lead to a substantial reduction of cost. Aussitôt l’exercice initié par SCE avec les deux Bidders, nous devrons avoir une idée exacte du coût et connaître le Preferred Bidder. Whan In can say is that we shall have a substantial reduction of costs.
Bérenger : L’Inde a fait preuve d’une grande générosité envers Maurice avec un Grant pour la réalisation du projet de Metro Express et d’autres projets encore et j’en suis reconnaissant. En dépit de cette contribution généreuse de l’Inde, il y a aura un Financing Gap à combler ? Any PPP financing ?
Bodha : Dans le projet sous le précédent gouvernement, il n’y avait pas cet élément de Grant. C’était une ligne de crédits à faible taux d’intérêt. Il y aura la possibilité de financement sur le plan local sous forme de consortium. Aujourd’hui, nous avons un Grant de l’Inde et il y a un Special Purpose Vehicle, qui a été mis sur pied pour assurer le complément du financement. Ce complément pourrait se traduire sous la forme d’une ligne de crédits de l’Inde, de financement d’un consortium d’institutions financières locales ou étrangères. But it should be on terms and conditions that are most favourable.
Consultations
À l’interpellation du leader de l’opposition sur le choix de contracteurs indiens pour la mise à exécution du projet et la gestion du Metro Express, le ministre Bodha cite de larges extraits du Memorandum of Understanding entre l’Inde et Maurice à ce sujet et les discussions engagées par le Prime Minister-In-Waiting et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, lors de sa récente mission officielle en Inde.
Le leader de l’opposition s’est appesanti sur l’importance pour Maurice de bénéficier de l’expertise voulue pour assurer la supervisation des travaux même si les deux firmes indiennes, dont les noms sont cités, ont déjà fait leurs preuves.
Bodha : I totally agree with the leader of the opposition when it comes to supervision of the works and the Defect Liability Period, we can have international supervision. Nous allons le faire de concert avec les autorités indiennes.
Bérenger : Au chapitre des consultations avec les syndicats, les compagnies de transport et les petits opérateurs, le ministre partage-t-il mon opinion qu’à ce stade, ils ont droit à des explications sur les implications de ce projet ?
Bodha : Nous avons déjà eu des consultations en 2012 à ce sujet. Puis, il y aura le rapport de PwC en février prochain. Dans mes contacts avec la CNT, UBS, RH et TBS, qui desservent des lignes dans le corridor du Metro Express, je leur ai fait comprendre qu’il y a une intégration qui doit se faire. Mais le plus crucial est cette affaire d’Accountability de Rs 1,2 milliard du transport par bus gratuit. En plus, le transport public est une réflexion du degré de sophistication de la société. Mais tel n’est pas le cas à Maurice. Je peux donner l’assurance que la transition ne se fera pas au détriment des travailleurs et des syndicats du transport en commun, qui ont tant donné à ce secteur.
Osman Mahomed : Le tracé est resté le même. Le ministre peut-il nous expliquer comment se fera cette réduction du coût du projet de Metro Express ?
Bodha : Il y a trois volets, l’Engineering, le Technical Aspect et la partie administrative. Plusieurs options proposées sont à l’étude. Prenons un exemple : dans le projet du précédent gouvernement, il y avait un item Preliminaries avec un budget de Rs 4 milliards. Quand j’avais réclamé des explications, l’on m’a fait comprendre que cette somme représente un pourcentage du projet (des ricanements se font entendre des bancs du gouvernement). Maintenant, nous avons réduit à Rs 1 milliard…
A ce stade des échanges sur la PNQ interviennent les députés Veda Baloomoody et Sorefan avec le ministre confirmant à celui-ci que le projet de pilotis ne serait plus de mise pour le tronçon entre St-Jean et Port-Louis.
Bérenger : Maintenant nous avons appris que le train est en marche. Peut-il nous donner une idée quand le Light Rail System sera opérationnel ?
Bodha : It is a very interesting question. C’est bien que le Premier ministre ait arrêté une date, soit le 12 mars, pour la cérémonie de pose de la première pierre. Nous sommes tenus de travailler pour respecter ce deadline. La cérémonie de pose de la première pierre se fera dans l’enceinte de l’immeuble en pierre au Caudan le long de l’autoroute. Pour ce qui est des travaux, on peut les démarrer à Port-Louis jusqu’à Rose-Hill ou également à Port-Louis et à Curepipe pour progresser sur le corridor des deux points d’extrémité. Les travaux devront durer environ quatre ans…